POLITIQUE

Écolos et libéraux communiquent ensemble: «Pas la peine de nous opposer»

Écolos et libéraux communiquent ensemble: «Pas la peine de nous opposer»

Georges-Louis Bouchez (MR), Egbert Lachaert (Open Vld), Jean-Marc Nollet (coprésident d’Écolo avec Rajae Maouane) et Meyrem Almaci (Groen). Capture MR.be

Les lignes bougent quelque peu. Les familles libérale et écologiste ont envoyé un communiqué commun, ce jeudi. Pour refuser la «surenchère négative» et s’inquiéter du volet institutionnel envisagé par le duo Magnette-De Wever.

C’est un communiqué de presse auquel les observateurs de la politique belge ne s’attendaient pas forcément. Les familles écologiste (Écolo et Groen) et libérale (MR et Open Vld) ont communiqué de concert ce jeudi matin. Une manière de proposer autre chose que le schéma qui s’impose depuis quelque temps: une «bulle des cinq» (N-VA, PS, sp.a, cd&V et cdH), à laquelle il faudrait adjoindre des partenaires soit libéraux, soit écologistes pour obtenir une majorité parlementaire.

Les deux familles politiques rappellent l’urgence qui s’impose, selon elles, pour former un gouvernement majoritaire. Elles réclament de la clarté «au sujet de la coalition qui a leur préférence» à Paul Magnette (PS) et Bart De Wever (N-VA), missionnaires royaux attendus pour un nouveau rapport le 17 août au palais royal.

Inquiétudes

Surtout, ces familles politiques expriment ensemble leurs inquiétudes face à la dimension institutionnelle du projet qui leur a été présenté par les «préformateurs». «Leur schéma conduit à rendre les institutions plus complexes et moins lisibles», dénoncent-ils, mettant de facto un petit coup de pression sur le duo.

Notre volonté est de sortir de cette surenchère négative qu’on nous impose...

«Notre volonté est de sortir de cette surenchère négative qu’on nous impose ces derniers temps», nous explique-t-on au MR. Libéraux et écologistes pourraient-ils former ensemble une nouvelle base pour des discussions en vue de former une majorité? Au MR, on refuse d’exprimer une quelconque exclusive, à l’égard du PS ou de la N-VA par exemple. «Nous n’avons jamais caché notre volonté d’être ouverts et constructifs. Libéraux et écologistes forment de grandes familles politiques et ce n’est pas la peine de nous opposer», insiste-t-on.

Paul Magnette et Bart De Wever gardent donc la main, mais cette sortie de deux familles politiques qui comptent (26 sièges libéraux et 21 sièges écologistes à la Chambre) vise à démontrer que d’autres configurations de coalition restent envisagées.

Le communiqué de presse

«Les familles libérales et écologistes s’engagent pleinement à la recherche d’un gouvernement de plein exercice avec une majorité parlementaire. Les deux familles ont mené ces derniers jours à ce sujet des discussions avec les missionnaires royaux Bart De Wever et Paul Magnette. Notre pays a en effet besoin d’un gouvernement fort, qui se concentre sur la question sociale, la santé, le redéploiement économique et le climat.

Nous souhaitons cependant exprimer notre inquiétude en ce qui concerne les projets des missionnaires. Notamment pour ce qui est du volet institutionnel, leur schéma conduit à rendre les institutions plus complexes et moins lisibles: un modèle qui n’est pas le nôtre. Ecolo et Groen, MR et Open Vld veulent évidemment participer à une Belgique qui fonctionne plus efficacement, au service de nos concitoyens et de leurs préoccupations de tous les jours. De telles réformes nécessitent cependant une préparation approfondie et une concertation suffisante. Certaines compétences peuvent être régionalisées, mais d’autres tout autant refédéralisées afin d’augmenter l’efficacité. Les réformes institutionnelles ont toujours été pour nous un moyen, jamais un objectif en soi.

Les familles libérales et écologistes insistent sur le fait que le temps presse. Nous voulons éviter que davantage de temps soit perdu et demandent aux missionnaires royaux de la clarté au sujet de la coalition qui a leur préférence et de faire le choix de solutions stables et solides.

Les familles libérales et écologistes refusent de prendre part à une surenchère qui les dresse l’une contre l’autre afin de déterminer qui peut rejoindre le prochain gouvernement.»