LIBAN

VIDÉOS | Manifestations violentes à Beyrouth contre les autorités libanaises

VIDÉOS | Manifestations violentes à Beyrouth contre les autorités libanaises

Illustration AFP

Des milliers de Libanais ont préparé ce samedi une manifestation contre la classe politique qu’ils rendent responsable de la terrible explosion ayant dévasté une partie de Beyrouth, faisant plus de 150 morts.

Des milliers de personnes se sont rassemblées samedi après-midi dans le centre de Beyrouth pour manifester leur colère contre les autorités, quatre jours après l’explosion meurtrière du port, qui a dévasté des quartiers entiers de la capitale libanaise et fait plus de 150 morts.

 

 

«Vengeance, vengeance, jusqu’à la chute du régime», scandaient les manifestants massés Place des Martyrs, dont certains brandissaient des potences ou les noms des personnes tuées dans l’explosion, qui a fait plus de 150 morts et 6.000 blessés.

La police a fait usage de gaz lacrymogènes contre des groupes de jeunes manifestants qui ont lancé des pierres et des bâtons à la périphérie du rassemblement pacifique, selon les correspondants de l’AFP.

 

 

La manifestation se tient sous le thème «Le Jour du Jugement», alors que le principal mot-dièse qui circule sur les réseaux sociaux est #Pendez-les, exprimant la colère des Libanais qui rendent les autorités responsables de l’explosion.

Un policier a par ailleurs été tué, a indiqué la police libanaise sur Twitter.

«Un membre des Forces de sécurité intérieure est décédé (...) en aidant des personnes coincées dans l’hôtel Le Gray», a précisé cette source, ajoutant sans autre détail qu’il avait «été agressé par un certain nombre d’émeutiers qui ont entraîné sa chute et sa mort».

 

Des bâtiments publics pris d’assaut

Le ministère des Affaires étrangères pris d’assaut

Des manifestants menés par des officiers à la retraite ont pris d’assaut samedi soir le siège du ministère des Affaires étrangères à Beyrouth, le proclamant «quartier général de la Révolution».

Cette irruption, diffusée en direct à la télévision, est intervenue alors que l’attention des forces de sécurité se concentrait sur le rassemblement de milliers de protestataires dans le centre-ville, demandant des comptes aux autorités pour la gigantesque explosion au port il y a quatre jours.

 

 

«Nous avons pris le ministère des Affaires étrangères comme quartier général de la Révolution», a annoncé dans un communiqué, depuis l’élégant perron du ministère, le général à la retraite Sami Rammah, devant quelque 200 personnes qui criaient «Révolution».

Les protestataires ont déroulé deux immenses banderoles rouges à l’entrée de la villa traditionnelle qui a subi des dégâts en raison de l’explosion, l’une proclamant «Beyrouth, capitale de la révolution», et l’autre «Beyrouth, ville sans armes».

Sami Rammah a appelé «les pays arabes frères, tous les pays amis, la Ligue arabe et l’ONU à considérer notre révolution comme le véritable représentant du peuple libanais».

Le QG de l’Association des banques aussi visé

Des manifestants ont aussi pris d’assaut le quartier général de l’Association des banques dans le centre de Beyrouth, y mettant le feu avant d’être délogés par l’armée.

«A bas le règne des banques!», criaient les manifestants. Dans le même temps, d’autres protestataires investissaient le ministère des Affaires étrangères et celui du Commerce, dans le sillage d’une importante manifestation contre les autorités, auxquelles la population impute la responsabilité de l’explosion meurtrière qui a dévasté mardi une partie de la capitale libanaise.

Le ministère de l’Energie

Selon des images en direct sur les chaînes de télévision libanaises, les protestataires ont aussi fait irruption dans le bâtiment sous le regard impuissant des forces de sécurité. Le secteur de l’Energie constitue le symbole de la gabegie des services publics et de la corruption dont est accusée la classe politique. Le rationnement du courant alimente la colère de la population.

 

 

 

 

 

 

Réactions du politique

Le Premier ministre libanais contesté Hassan Diab a annoncé samedi soir qu’il allait proposer des élections parlementaires anticipées dans le pays ébranlé par l’explosion meurtrière au port de Beyrouth, dont la population rend la classe politique responsable.

Le chef du gouvernement a estimé dans un discours télévisé que seules «des élections anticipées peuvent permettre de sortir de la crise structurelle».

«J’appelle toutes les parties politiques à s’entendre sur l’étape à venir», a ajouté M. Diab. Leurs responsables «n’ont pas beaucoup de temps, je suis prêt à continuer à assumer mes responsabilités pendant deux mois jusqu’à ce qu’ils se mettent d’accord», a-t-il ajouté.

Le chef du gouvernement, qui a formé son cabinet en janvier après la démission de Saad Hariri fin octobre sous la pression d’un mouvement de protestation populaire, a ajouté qu’il soumettrait sa proposition lundi au Conseil des ministres.

Charles Michel: «Le peuple libanais peut compter sur l’Union européenne»

Le président du Conseil européen, Charles Michel, s’est rendu samedi à Beyrouth, où une importante explosion a eu lieu mardi. Il a demandé une enquête indépendante sur la catastrophe et a exprimé sa solidarité avec le peuple libanais.

M. Michel a visité le port de Beyrouth, où l’explosion a tué au moins 158 personnes et en a blessé 6.000. Il a rencontré des représentants de la Croix-Rouge libanaise et a exprimé sa gratitude envers les travailleurs humanitaires qui sont très occupés par leur travail.

«Je suis frappé par le courage du peuple libanais qui a été touché par cette tragédie dans un contexte déjà difficile. L’UE est un vieil ami et partenaire. Nous sommes plus que jamais solidaires du Liban en ces temps difficiles», a déclaré M. Michel dans un communiqué de presse.

Il souligne également que l’UE continuera à fournir une aide d’urgence. L’Union a déjà activé des mécanismes d’urgence et mobilisé 33 millions d’euros pour l’aide d’urgence. Plus de 250 secouristes des pays de l’UE sont sur le terrain et des tonnes de matériel d’aide ont déjà été mises à disposition. L’UE continuera à fournir une aide à court et à long terme, a déclaré M. Michel. «Il est important que l’aide parvienne à ceux qui en ont besoin.»

Au cours de sa visite, M. Michel a également rencontré le président Michel Aoun, le président du Parlement Nabih Berri et le Premier ministre Hassan Diab. «L’unité et la stabilité au Liban sont aujourd’hui cruciales», selon Charles Michel, qui a également souligné l’importance des réformes structurelles, conformément au plan de réforme du gouvernement et aux engagements internationaux du Liban, ainsi que le fait que le peuple libanais exigeait également du changement.