LIÈGE

Liège: de nouvelles installations de fascines végétales sur les berges de la Dérivation

Unique en Belgique, voire en Europe. Cet été, 155 mètres de fascines végétalisées ont été installés le long des berges de la Dérivation à Liège, ce qui porte le total de fascines à plus de 300 mètres.

En 2016, l’actualisation du Plan Communal de Développement de la Nature (PCDN) a mis en évidence diverses pistes dans le but de développer et recréer de la biodiversité sur le territoire très urbanisé et densément peuplé de la Ville de Liège.

L’eau étant très présente au cœur de la ville mais complètement canalisée et fortement impactée par les activités humaines, la Ville de Liège, en partenariat avec l’ASBL «La Maison wallonne de la Pêche», a décidé de mettre sur pied un projet-pilote destiné à (re)créer sur la Dérivation des sites d’accueil pour les poissons (supports de pontes, zones de caches, zones d’alimentation,…).

En effet, l’artificialisation des berges et la pollution ont entraîné de nombreuses conséquences négatives sur la faune et profondément ébranlé les écosystèmes aquatiques.

Le recouvrement des berges par des matériaux inertes (béton, pierres…) empêche toute colonisation des berges par de la végétation rivulaire. De nombreuses espèces de poissons dépendent de ces zones pour se reproduire, se nourrir et se développer.

Avec cette artificialisation, les habitats de nos poissons phytophiles (déposant leurs œufs sur des plantes) sont aujourd’hui fortement réduits.

L’installation de «paniers végétalisés» montre qu’il est possible de recréer un milieu propice à la vie dans des cours d’eau fortement modifiés.

Ainsi, en 2017, un linéaire de 15 mètres de fascines végétalisées a été installé le long du quai de la Boverie, à quelques mètres en aval du pont Orban, aussi appelé pont de Huy.

L’expérience s’avérant positive, favorable à la faune et compatible avec les exigences des voies hydrauliques, le projet a été étendu à de plus grandes portions de berges.

En effet, fin juillet 2019, ce sont près de 160 mètres de paniers végétalisés qui ont été installés par la Maison wallonne de la Pêche sur la Dérivation. Ces installations complètent les 15 mètres de fascines du projet pilote initial.

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En 2020, 155 mètres sont venus compléter le dispositif existant. Soit, plus de 300 mètres installés depuis le lancement du projet en 2017.

La Ville de Liège souhaite continuer le processus de végétalisation des berges de la Dérivation dans les années à venir.

«En tant qu’échevin de la Transition écologique, je me réjouis de l’évolution rapide de ce projet favorisant la biodiversité sur le territoire liégeois et surtout des résultats encourageants observés par notre partenaire «La Maison wallonne de la Pêche», a indiqué Gilles Foret. L’eau est très présente au cœur de notre ville mais complètement canalisée et fortement impactée par les activités humaines, ce qui laisse peu de place à la nature. Ce beau projet montre notre ambition forte de ramener de la nature en Ville. Et nous n’en resterons pas là. En effet, la Ville de Liège souhaite continuer le processus de végétalisation des berges de la Dérivation dans les années à venir.»

Des observations réalisées au cours des dernières années sous des structures similaires installées en Basse-Meuse liégeoise ont permis de mettre en évidence l’intérêt d’un tel dispositif en termes d’habitats, de caches, de zone de développement et d’alimentations pour les alevins.

De nombreuses pontes de poissons (brochet, gardon, brème, carpe…) ont également été observées sur le chevelu racinaire des plantes.

La comparaison de prélèvements de zooplanctons et de macro-invertébrés effectués en eau libre et à proximité des structures a permis de se rendre compte de la formation de véritables écosystèmes autour des structures. Celles-ci sont bénéfiques en termes de diversité et de quantités pour la faune en général et notamment pour les jeunes poissons qui fréquentent ces zones pour assurer leur alimentation.

Ces aménagements ont clairement montré qu’il est possible de recréer des habitats à destination piscicoles dans des milieux anthropisés comme c’est le cas dans la Dérivation à Liège.