LIBAN

Explosions à Beyrouth: à l’étranger, choc face à la «tragédie» et propositions d’aide

Explosions à Beyrouth: à l’étranger, choc face à la «tragédie» et propositions d’aide

Images de désolation dans la zone portuaire de Beyrouth ce mercredi matin. AFP

De nombreux pays ont présenté mardi leurs condoléances et proposé de l’aide au Liban, où deux énormes explosions ont secoué Beyrouth faisant des dizaines de morts et des centaines de blessés.

Selon le Premier ministre libanais, ce sont quelque 2.750 tonnes de nitrate d’ammonium qui sont à l’origine des déflagrations, dont le souffle a été ressenti sur l’île de Chypre, à plus de 200 km de là.

 

 

La Sûreté générale libanaise avait auparavant évoqué des «matières explosives», toute en ajoutant que l’enquête devrait déterminer «la nature exacte de l’incident».

Ces explosions ont fait au moins 70 morts et des milliers de blessés, et les dégâts sont considérables: le Premier ministre libanais Hassan Diab a lancé un «appel urgent à tous les pays amis et les pays frères».

La France, l’ancienne puissance mandataire, a été parmi les premières à réagir, déclarant être aux «côtés du Liban». Son président Emmanuel Macron a annoncé que l’acheminement de «secours et moyens français» à Beyrouth était déjà en cours.

Les États-Unis ont également proposé leur aide après cette «horrible tragédie».

«Notre équipe à Beyrouth m’a informé des dommages importants infligés à une ville et à un peuple que je chéris», a déclaré le secrétaire d’État Mike Pompeo.

La chancelière allemande Angela Merkel s’est dite «choquée» et a promis d’offrir «un soutien au Liban». Des membres du personnel de l’ambassade d’Allemagne ont été blessés dans les explosions.

«La Russie partage le chagrin du peuple libanais», a également réagi le président russe, Vladimir Poutine, dans un télégramme de condoléances à son homologue libanais, Michel Aoun.

Le président Aoun a aussi reçu un appel du président irakien, Barham Saleh, qui a assuré le Liban de la solidarité et offert de l’aider.

Des pays du Golfe, dont certains ont des relations étroites avec le Liban en lui fournissant de l’aide financière, ont rendu hommage aux victimes.

L’émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, a appelé M. Aoun pour lui présenter ses condoléances, selon l’agence de presse officielle QNA, qui a ajouté que des hôpitaux de campagne seraient envoyés au Liban.

«Nos cœurs sont avec Beyrouth et son peuple», a tweeté de son côté le ministre des Affaires étrangères des Emirats arabes unis, Anwar Gargash, postant une photo de la célèbre Burj Khalifa de Dubaï, illuminée avec les couleurs du drapeau libanais.

«Que Dieu […] protège le Liban frère et les Libanais pour réduire leurs souffrances et soigner leurs blessures», a-t-il dit.

Le Koweït a annoncé qu’il enverrait de l’aide médicale d’urgence au Liban, selon l’agence officielle Kuna.

Le ministre jordanien des Affaires étrangères a appelé son homologue Charbel Wehbe pour lui faire part de sa solidarité, se disant prêt à offrir toute assistance au Liban.

Même expression de solidarité en provenance de Tunisie, où le président Kais Saied a adressé une lettre à son holomogue libanais en exprimant son «soutien» à un «peuple frère».

L’ONU a exprimé ses «plus sincères condoléances», et proposé son «soutien actif», souhaitant un «prompt rétablissement aux blessés, parmi lesquels du personnel des Nations unies» --des marins de la mission au Liban (Finul) dont le navire était amarré dans le port de Beyrouth.

Pour le chef de la Ligue arabe Ahmed Aboul Gheit, les explosions «vont malheureusement exacerber les difficultés du Liban et augmenter la gravité de la crise […] traversée par le pays».

Ces explosions surviennent en effet alors que le Liban connaît sa pire crise économique depuis des décennies, marquée par une dépréciation monétaire inédite, une hyperinflation, des licenciements massifs et des restrictions bancaires drastiques, qui alimentent depuis plusieurs mois la grogne sociale.