« Pauvres flics »

EdA

Nos policiers sont aujourd’hui plus à plaindre qu’à craindre. Mettez vous deux minutes à leur place.

On leur demande de faire leur métier avec une vigilance toute particulière en cette période de crise.

À savoir, faire respecter les règles établies dans le cadre de la lutte contre le coronavirus et veiller à ce que personne ne les transgresse.

La phase de prévention n’aura en définitive duré que quelques heures avant que les autorités – qu’elles soient fédérales, provinciales ou communales, on a que l’embarras du choix – incitent nos agents à faire appliquer avec fermeté ces règles que certains policiers ne comprennent plus eux-mêmes.

Tout simplement parce que certaines des mesures adoptées (tout particulièrement les dernières) ne brillent pas par leur intelligibilité, et c’est un euphémisme que de l’écrire. À tel point que notre Première en personne a diffusé une vidéo explicative sur ce qui est permis ou pas en cette période. Pas sûr toutefois que cette dernière ait réussi à éclaircir les choses si l’on en croit les discours contradictoires tenus par les quidams que l’on peut croiser en rue, à distance et masqués bien entendu (enfin, pas tous…)

Bref, avec toutes ces règles qui se disent, se contredisent pour se redire quelques heures plus tard sous une autre forme, nos policiers eux-mêmes ne savent plus très bien sur quel PV danser.

J’en ai même vu un, désemparé, qui, sur un ton magistral m’a lancé à travers la vitre de mon véhicule qu’il m’avait obligé à garer sur le côté de la route: masque, s’il vous plaît!

Alors, plutôt que de maudire nos pandores, voire de les insulter lorsqu’ils sortiront leur carnet de notes, au contraire: applaudissez-les. Non pas parce qu’ils sont des combattants de première ligne en effectuant le métier pour lequel ils sont payés, mais bien parce qu’ils auront, à ce moment précis, compris le sens des règles qu’on leur demande de faire appliquer…