L’ambassadeur wallon!

ÉdA

Crise sanitaire oblige, les experts en matière de santé publique nous conseillent donc de renoncer momentanément aux escapades lointaines. À quelque chose malheur est bon: voilà une occasion de (re)découvrir les charmes de notre belle Wallonie. Avec un autre expert: Jean-Philippe Watteyne.

Depuis cinq ans, le restaurateur montois est un des complices d’Armelle dans «Les Ambassadeurs», un rendez-vous ertébéen riche de découvertes diverses et variées. Même si ce sont surtout les mets des terroirs et le savoir-faire des producteurs locaux qui l’intéressent, Jean-Philippe Watteyne apprécie aussi les autres composantes de ces conviviales rencontres. Il nous confie: «On n’apprécie pas toujours à leur juste valeur les richesses de nos régions. Parallèlement aux destinations plus connues et plus courues, chaque village offre son lot de bonnes surprises. Par exemple, pour moi, Feluy était surtout le nom d’une sortie d’autoroute et une cheminée de raffinerie crachant du feu! Sur place, j’ai découvert un village charmant où l’on a le sens de l’accueil. Idem pour certaines villes. On continue d’associer Charleroi au Pays Noir. Alors que la ville est en plein renouveau avec de nombreux coins où il fait bon vivre. Il faut donc balayer les préjugés et le meilleur moyen, c’est de se rendre sur place pour rencontrer les habitants. Moi qui associais prioritairement le Carnaval à la ville de Binche et les fêtes folkloriques à la Ducasse de Mons, j’ai désormais compris que l’on sait s’amuser aux quatre coins de la Wallonie»

Désormais au four et au moulin d’un resto baptisé «Rebelge», l’ancien finaliste de Top Chef a donc les pieds bien enracinés dans son pays. «Pour le tourisme comme pour la gastronomie, nous n’avons pas à rougir de la concurrence étrangère, ajoute Jean-Phi. Y compris dans des domaines inattendus! Par exemple si notre réputation n’est plus à faire dans le domaine des bières artisanales, on commence à se faire un nom aussi dans le monde viticole. Dans des dégustations à l’aveugle, certains connaisseurs sont surpris de la qualité de certains vins wallons, notamment issus du pays de Liège. Nous sommes également au top en matière de producteurs locaux. Un grand nombre de personnes les ont découverts et apprécié lors du confinement. Ce serait dommage que les citoyens les oublient par la suite car ceux qui préparent ces produits de qualité assurent aussi une parfaite traçabilité». Et pas la peine de demander au chef ce qu’est l’ambiance musicale de sa nouvelle enseigne. Immédiatement il sourit: «Mais nous avons une playlist 100 % belge évidemment. Et là aussi, on constate combien est grande notre diversité, que ce soit l’ambiance Tomorrowland, une chanson de Brel ou de Barzotti! Chaque fois que passe «J’aime la vie» de Sandra Kim en salle, il y a des convives qui reprennent en chœur le refrain!» Prêt à relever un défi humanitaire dans le cadre de l’opération Cap 48 ou jamais dernier quand il est question de faire la fête, notre interlocuteur a visiblement trouvé l’équilibre entre la sagesse et le grain de folie. «Pour tout le monde il y aura un avant et un après Covid. La principale leçon à retenir? Revoir nos priorités et se recentrer sur l’essentiel, dans notre profession ou dans notre relation aux autres et au sein de notre famille. Mais il ne faut pas que la peur nous empêche d’avancer. Il faut dire aux jeunes qui veulent se lancer: réfléchissez posément à ce que vous voulez faire sans oublier surtout d’être passionné! Et ensuite lancez-vous en préférant l’esprit d’équipe à l’individualisme. Et remettez-vous régulièrement en question avec la volonté de vous dépasser! C’est particulièrement vrai dans l’Horeca: un chef doit innover mais il n’est rien sans son équipe».