BASTOGNE

Guy Lutgen, ancien ministre wallon et bourgmestre de Bastogne est décédé

Nous apprenons ce dimanche midi le décès de Guy Lutgen, âgé de 84 ans, ancien député et ministre wallon, bourgmestre de Bastogne durant 24 ans (de la fusion des communes en 1977 jusqu’en 2000). Cette figure du PSC (devenu cdH) a marqué la politique wallonne de son empreinte, et bien entendu celle de Bastogne.

«C’est tout le cdH de la province qui se retrouve aujourd’hui orphelin de cette grande figure humaniste, qui aura marqué plusieurs générations de son charisme et de son dynamisme», a commenté René Collin, président du cdH provincial.

Guy Lutgen a commencé sa carrière politique comme conseiller communal, en 1964. Il enseignait alors le latin et l’histoire au Séminaire à Bastogne.

Attaché de cabinet, notamment auprès du Gaumais Joseph Michel, ministre de l’Intérieur, en charge du dossier de la fusion des communes, il arrête d’enseigner pour se consacrer entièrement à la politique en 1977. Il enlève sa majorité à Louis Olivier et devient le premier bourgmestre du «grand» Bastogne. Une fonction qu’il va occuper durant 24 ans.

Ministre wallon durant 137 mois

Sénateur jusqu’en 1995, Guy Lutgen participe aux lois de régionalisation et différentes réformes constitutionnelles qui se sont succédé. Il a aussi siégé au conseil régional wallon.

Il Lutgen fait ses premiers pas ministériels dans le gouvernement Martens-Gol, comme secrétaire d’État en charge de la Modernisation et de l’Informatisation des services publics (1985-1987). Dès février 1988, il devient ensuite ministre wallon. Pendant 137 mois, Guy Lutgen est le ministre titulaire de l’Agriculture et de l’Environnement. Puis il est chargé de l’Énergie, du Logement et des Ressources naturelles.

«Il aura placé l’agriculture wallonne sur la carte de l’Europe en défendant ses spécificités, offert aux agriculteurs wallons les outils d’une politique régionale à leur mesure, en restant en permanence proche d’eux et de leurs familles», souligne René Collin.

Ministre entre 1995 et 1999, il ne se représente plus en 1999, préférant se consacrer à la gestion communale. Au regard des gouvernements wallons qui se sont succédé de 1974 à 2014, il reste le ministre wallon ayant exercé le plus longtemps (un peu plus de 137 mois).

On lui doit notamment la mise en œuvre du système de gestion des déchets à travers toute la Wallonie et la politique de développement rural, si chère aux Luxembourgeois.

Poussé dans l’opposition à Bastogne

Depuis la fusion des communes, le PSC de Bastogne détient la majorité absolue et la notoriété du ministre/bourgmestre empêché semble lui assurer un solide fauteuil maïoral. Les déchirements internes du PSC et l’émergence du MCC accentuent pourtant la rivalité entre Guy Lutgen et son Premier échevin, Philippe Collard, bourgmestre faisant fonction de 1995 à 1998.

Profitant des dissensions du PSC bastognard, PS et PRL poussent Guy Lutgen dans l’opposition en octobre 2000. Déçu par la tournure des événements, celui-ci renonce à siéger au conseil communal et met un terme à sa carrière politique.

 

La Ville de Bastogne: «Bourgmestre du cœur parce qu’il s’ouvrait aux difficultés des autres, aux causes sociales et défendait des soins de santé de qualité et de proximité pour tous les Bastognards, il était aussi un bourgmestre prévoyant, clairvoyant, qui anticipait les enjeux importants et prenait les décisions, parfois difficiles, quand cela s’imposait.

Bastogne perd aujourd’hui un homme de valeurs, courageux, à l’image des hommes et des femmes qu’il s’était engagé à défendre dans ses combats de toujours, infatigable et ardent défenseur de l’agriculture et de la ruralité.»

 

 

Guy Lutgen, ancien ministre wallon et bourgmestre de Bastogne est décédé
BELGA PHOTO BRUNO FAHY BELGA
René Collin: «Guy Lutgen fut pour moi un modèle politique. Comme à beaucoup de jeunes, il m’a donné sa confiance. À nous tous, il a offert le modèle de sa passion d’agir pour l’intérêt général avec la préoccupation constante de chaque personne. Nous perdons un homme d’État, un Ardennais au grand cœur, franc, jovial, chaleureux, opiniâtre. Son beau sourire va nous manquer.»