TOURNAI

VIDÉOS | 40 000 tonnes de déchets illicites chez Omicagroups en feu tous les jours

VIDÉOS | 40 000 tonnes de déchets illicites chez Omicagroups en feu tous les jours

Aujourd’hui, les pompiers sont pratiquement tous les jours sur le site… ÉdA – 50790419945

Fermée par le bourgmestre de Tournai depuis 5 mois, l’usine Omicagroups voit les pompiers débarquer tous les jours sur place. La société pourrait être déclarée en faillite fin septembre.

Mercredi, alors que le bourgmestre de Tournai, Paul-Olivier Delannois, et le commandant de la zone de secours de Wallonie Picarde, Olivier Lowagie, concluaient une conférence de presse sur la problématique posée par l’usine Omicagoups de la chaussée de Douai, les pompiers étaient une nouvelle fois appelés à éteindre un incendie de déchets sur le site. Les hommes du feu assurent d’ailleurs une surveillance quotidienne des lieux sachant que 40 000 tonnes de déchets illicites y sont encore illégalement stockées et que des phénomènes d’autocombustion sont susceptibles de se déclencher à tout moment.

Des problèmes de surstockage dans un premier temps

Pourtant, lorsqu’elle s’est installée dans les anciens locaux des Textiles d’Ere fin juin 2018, la société Omicagroups semblait plutôt prometteuse.

Selon le permis unique, délivré le 16 février 2017 par le Collège communal, celle-ci était autorisée à exploiter «une installation de regroupement, prétraitement, de valorisation et de recyclage de résidus non dangereux provenant du broyage hors site de ferrailles et de véhicules hors d’usage».

Mais les autorités communales devaient rapidement déchanter. Tout a commencé en août 2018, lorsqu’une riveraine a montré au premier magistrat tournaisien des vidéos de nuages de poussières s’échappant de l’usine ainsi que des échantillons de déchets ramassés sur sa pelouse.

Le 10 octobre, un premier procès-verbal pour infraction au permis unique était dressé pour dépassement de la quantité de déchets autorisés.

Une première ordonnance qui sera suivie de deux autres…

Après avoir rencontré les responsables de la société, alors venus en nombre à cette réunion, le bourgmestre leur intima l’ordre de remettre le site en état sous peine de devoir prendre une ordonnance de fermeture de l’usine. Une injonction qui n’a pas été suivie, si bien que le 14 novembre, tombait une première ordonnance fondée sur les deux infractions environnementales suivantes: le stockage de matière à l’extérieur alors que le permis unique de l’entreprise l’interdit et le surstockage à l’intérieur. À cette époque, 13 000 tonnes de déchets non traités étaient stockées alors que la quantité maximale autorisée, toutes catégories confondues, était de 2 400 tonnes.

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Les bâtiments qui ont fait l’objet d’une rénovation pourraient être saisis afin de payer l’évacuation des déchets… ÉdA

Interdiction a été donnée à l’exploitant d’accueillir tout nouveau déchet sur le site jusqu’à nouvel ordre. Le texte exige également que l’exploitant rentre à l’intérieur de l’établissement les deux dépôts de déchets extérieurs et cela, «sans délai et au plus tard dans la huitaine à dater de la notification de l’arrêté»,

Des signes de bonne volonté qui forgent la confiance

Les patrons de la société ont notamment fait valoir à l’époque le fait que certaines machines servant au traitement nécessitaient encore des mises au point avant de pouvoir fonctionner. Un argument qui semblait d’autant plus plausible que Le 14 janvier suivant, les contrôleurs ont dressé le constat d’un stockage de 3800 tonnes dans le hangar en lieu et place des 13000 tonnes. De plus, il n’y a plus de matière à l’extérieur. Des éléments positifs qui incitent l’autorité à lever temporairement l’arrêté de manière à ce que l’entreprise puisse reprendre ses activités progressivement. Son attention est toutefois attirée sur le fait qu’elle devra dorénavant impérativement se conformer en tout point à son permis et dès lors enregistrer plus de sorties que d’entrées dans les semaines à venir. La situation devait être évaluée un mois plus tard et le 11 mars, les agents DPC du SPW qui sont chargés des contrôles, constatent que les infractions précitées ne sont plus existantes…

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Les pompiers sont pratiquement tous les jours sur le site tant les reprises de feu sont fréquentes… ÉdA

L’histoire se corse toutefois par la suite, si bien que les scellés ont été posés sur l’usine le 11 février dernier suite à une troisième ordonnance du bourgmestre de Tournai. Diverses procédures sont en cours actuellement afin notamment de récupérer de quoi récupérer le montant qui sera nécessaire pour évacuer les 40 000 tonnes de déchets se trouvant toujours sur le site. on parle de plus de 6 millions d’€. En attendant, les pompiers sont quotidiennement sur place, les reprises de feu dues à l’autocombustion des matériaux n’étant pas rares.

La société possède également des installations à Frameries qui connaissent également des problèmes similaires.

Lisez tous les détails sur les procédures en cours dans l’édition de l’Avenir/Le Courrier de l’Escaut de ce jeudi 23 juillet 2020.