TOURNAI

Le Tournai d’avant: l’évêque pinaille, voici l’athénée

Le 17 février 1814, les troupes alliées entrent à Tournai et, dix jours plus tard, à 8 heures du soir, on tire le canon,

la ville est illuminée à l’annonce de la désignation par les Congrès de Vienne du prince d’orange comme roi des Pays-Bas. L’euphorie est courte.

Seul maître, l’État

Si, en 1815, le premier arrêté de Guillaume semble promettre une vraie liberté en matière d’enseignement, le suivant décret de septembre crée une Commission chargée de mettre l’instruction en harmonie avec ce qui se passe dans les provinces septentrionales où le calvinisme s’est bien accommodé de la suprématie de l’État.

Au 25 novembre 1816 paraît le règlement organisant l’enseignement dans les universités, les athénées et les collèges communaux. Dont, Saint-Paul dénommé d’ailleurs «Collège royal».

Dix-neuf articles régissent tous les aspects, scolaires et administratifs, entraînant bien des remous notamment dans la désignation des professeurs et responsables, prêtres ou laïcs, Mais l’on compte quand même 300 étudiants, dont cinquante pensionnaires en 1821 lesquels paient une pension de 235 florins/an (Tournai est le plus cher). C’est le temps des François et Henri Desclée, François Bergé, Louis Gallait.

Le mot «athénée» intervient en 1817, Tournai est l’un des sept repris et se pare du titre d’athénée royal qu’il conserve.

1818; des cours de langue «batave», devenue nationale, sont donnés. Il faut noter que nombre de jeunes du Nord viennent alors étudier à Tiournai et ce, jusqu’au milieu du XIXe.

1928: cet esprit de rébellion ou ouverture nouvelle? lLanglais est au programme.

Les édiles s’imposent

Tout souvenir en est effacé et pourtant, le 18 août 1831, Tournai prend l’initiative de créer une «Faculté de philosophie et Lettres» qui dure 14 ans avant de disparaître assez mystérieusement.

Les tensions entre clergé et administrations communale et nationales renaissent bientôt. En effet, depuis 1796, les fonctions de «principal».-une sorte de préfet nanti de grands pouvoirs – étaient toujours assurées par un prêtre. En 1838, la démission de l’abbé Jean Mathieu oblige à des négociations avec l’évêque dans un contexte favorable à l’athénée qui rafle les plus belles distinctions lors des concours généraux.

En mai 1945, après de bons et loyaux services, l’abbé Kleyr démissionne de ses fonctions de principal. Cette fois, le conflit est ouvert entre les parties qui mènent une «guerre sourde et active».

La convention du 30 mai 1845 établit que «la nomination du principal se fera en accord entre évêque et commune». L’abbé Destrebecq entre en fonction. Làs, le ministre Van de Weyer affirme «ne pas pouvoir y donner sa sanction»; Charles Rogier ajoute que «le collège de Ty a méconnu la loi communale de 1836 et aliéné ses pouvoirs».

Les débats sont ardents au sein du conseil communal lors des séances 27 et 29 juin 1846 dont témoigne un rapport de 87 pages.

La prospérité de l’établissement ne fut que momentanément compromise. L’athénée compte une classe préparatoire et six années d’études partagées entre les humanités anciennes et les Humanités modernes, celles-ci se divisant en deux sections, la Scientifique et l’Industrielle et Commerciale (1860).

Sur le plan religieux, l’athénée ne cesse jamais de proposer des cours de catéchisme ou de doctrine chrétienne, au contraire de nombre de ses semblables. La religion demeurait présente mais minimisée, l’évolution de la société et certaines intransigeances personnelles ayant changé le cours de l’histoire..