POLITIQUE

Formation fédérale: Joachim Coens parle d’une «ouverture intéressante» de Paul Magnette

Formation fédérale: Joachim Coens parle d’une «ouverture intéressante» de Paul Magnette

Le président du CD&V: «Nous regardons ce qui est possible, sur base de la note de Paul Magnette et Conner Rousseau.» BELGA

Le président du CD&V, Joachim Coens, a qualifié ce mercredi d’«ouverture intéressante» la sortie de la veille de son homologue socialiste francophone, Paul Magnette, qui estime que le PS «peut envisager de gouverner avec la N-VA».

C’est «positif», a jugé Joachim Coens au micro de Radio 1 (VRT) dans l’émission «De Ochtend». Il indique souhaiter davantage de clarté d’ici à la Fête nationale.

Les présidents des trois partis du gouvernement minoritaire actuel (CD&V, Open Vld et MR) ont dernièrement pris de leur propre initiative le rôle d’explorateurs d’une potentielle future nouvelle coalition gouvernementale. La piste «Arizona» est leur première exploration, qui ajouterait au trio le sp.a, le cdH et la N-VA, premier parti de Flandre.

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«Nous regardons ce qui est possible, sur base de la note de Paul Magnette et Conner Rousseau», les deux présidents socialistes qui avaient précédemment plaidé pour une «tripartite classique» minoritaire (socialistes, libéraux, chrétiens-démocrates), affirme Joachim Coens ce mercredi. Il en ressortait qu’une coalition incluant PS et N-VA ne semble pas possible, «mais si le PS revient là-dessus, c’est une ouverture intéressante», interprète-t-il.

Le président du CD&V répète par ailleurs un slogan connu du côté des chrétiens démocrates flamands: les plus grands partis des deux groupes linguistiques, soit le PS et la N-VA, sont importants et portent une certaine responsabilité. Le CD&V avait entre autres longtemps été accusé de bloquer les négociations en restant «scotché» à la N-VA, que certains se voyaient bien laisser de côté parmi les francophones.

«Plus question d’une gestion suédoise»

Joachim Coens attend donc de savoir précisément quelle est l’«ouverture» du PS. «On pourrait peut-être avoir d’ici au 21 juillet une vision de comment on doit avancer».

Si Paul Magnette s’est dit prêt à discuter, le discours des socialistes n’a pas fondamentalement changé. Le Carolo a ainsi clairement indiqué qu’il n’était pas question pour son parti de poursuivre une politique «suédoise». Une position que comprend Joachim Coens. «Il n’est plus question aujourd’hui d’une gestion suédoise. La situation est différente», commente-t-il. Les chrétiens démocrates flamands, qui y prenaient pourtant part, souhaitent aussi «corriger» le tir, après la crise du coronavirus, affirme-t-il.

Quant à la loi sur l’avortement, à laquelle le CD&V est farouchement opposé, Joachim Coens confirme que des amendements sont encore à attendre, de manière à retarder le vote en séance plénière. «Nous voulons sortir de la polarisation et l’emmener tranquillement au-delà de l’été. Il n’y a pas d’urgence.»

De Roover content que Magnette évoque une possible réforme de l’Etat

Le chef de groupe N-VA à la Chambre Peter De Roover (N-VA) a réagi avec prudence aux propos de la veille du président du PS, qui indiquait que son parti «peut envisager de gouverner avec la N-VA», sous réserve d’accord sur «le contenu». Le nationaliste flamand indique cependant d’emblée être content que le Wallon ait abordé deux points cruciaux selon lui: la nécessité de discuter et celle d’envisager une réforme de l’Etat.

Pour le reste, Peter De Roover ne veut pas trop s’exprimer: «on a davantage gâché que créé des opportunités, avec des déclarations à la presse».

Faire discuter les plus grands partis des deux groupes linguistiques est un pas nécessaire, estime-t-il. Mais «être prêt à parler, ce n’est qu’un début», tempère Peter De Roover.

Il note aussi que Paul Magnette a évoqué la possibilité d’une réforme de l’Etat. Le président du PS a en effet estimé sur le plateau de la chaîne de télévision LN24 qu’on «voit bien que l’Etat ne fonctionne plus aujourd’hui, le découpage des compétences est d’une complexité hallucinante», plaidant pour un «découpage clair».

«Je pense que tout le monde a vu ces derniers temps que notre structure de l’Etat est mal faite. La crise du coronavirus l’a douloureusement illustré. Peut-être qu’entre-temps certaines portes se sont ouvertes», indique Peter De Roover ce mercredi.