TRAIL

1001km autour de la Wallonie: Fred Hardenne ira jusqu'au bout

Parti de Javingue vendredi 10 juillet à 10h du matin, le Beaurinois Frédérick Hardenne s'est lancé dans un pari fou, celui d'effectuer un tour de Wallonie en courant, en 1001 kilomètres. Et si l'espoir de boucler la boucle en 10 journées s’amenuise de jour en jour, l'ultra-traileur n'entend pas s'arrêter pour autant.

Chaque jour, nous vous proposons un petit débrief de la journée écoulée. Histoire de voir où en est Frédérick...

Mardi 21 juillet - La fête nationale pour faire le point

Toujours motivé à l'idée de boucler son parcours, Fred Hardenne n'abandonnera pas. Il espère n'avoir "plus que" 50km à avaler le mercredi 22 juillet, et ainsi retrouver sa maison à Javingue...

Lundi 20 juillet - À reculon dans les descentes

La nuit porte conseil... Frédérick Hardenne a décidé de se limiter à 60 kilomètres par jour et d'arriver à son domicile, à Javingue, mercredi soir. Il va donc faire son tracé dans son entièreté, et ce malgré la douleur toujours bien présente à la cheville.

"La douleur ne s'aggrave pas. Elle aurait tendance à remonter dans le mollet. Le matin, je peux compter sur ma fille pour me faire un massage et un tape, sans quoi il me serait impossible d'avancer", confie-t-il. Contraint d'évoluer en marche arrière dans les descentes pour supporter la douleur, il sera content de retrouver son domicile.

Depuis dimanche, il peut compter sur le soutien des supporters qui ne le laissent plus jamais seul et l'aident psychologiquement à avancer.

Dimanche 19 juillet - 3 solutions possibles

Demain matin à 10h, cela fera pile 10 jours que Fred a pris le départ de son périple. Il n'a pas été épargné. D'abord avec un estomac récalcitrant, ensuite avec un manque de sommeil flagrant, et maintenant avec une cheville ultra douloureuse. Les professionnels de la santé sont unanimes : c'est une sacrée périostite (inflammation de la gaine entourant les muscles de la jambe) et une grosse inflammation des muscles "releveurs des orteils", qui comme leur nom l'indique, permettent aux orteils de se relever lors de la course.

Ce dimanche à 22h, Frédérick était en pleine réflexion. "J'ai 3 solutions qui s'offrent à moi. Soit je vais dormir comme je le fais depuis plusieurs jours et je me réveille demain matin avec une douleur un peu plus importante chaque jour. Soit j'avance le plus possible, en faisant des micro-siestes ou des siestes plus longues, mais sans laisser ma cheville et ma jambe se refroidir. Soit je raccourcis un peu mon périple, d'une cinquante de kilomètres pour éviter l'abandon et arriver au bout de ce tour de Wallonie", expliquait-il.

La douleur est de plus en plus importante et remonte le long de la jambe mais il continue à avancer. Il est aux 4/5 de son défi et approche des 815 kilomètres

Samedi 18 juillet - Place à la marche

Le cap des 750 kilomètres est passé. Frédérick Hardenne en est au 3/4 de son défi. Si, moralement et physiquement, il se sent au top et a retrouvé son pep's des premiers jours, sa cheville reste toujours très douloureuse. "C'est de plus en plus pénible de la mettre en action. Je pense que c'est un problème qui vient des muscles "fléchisseurs des orteils". Ils n'encaissent pas les kilomètres aussi bien que moi", rigolait-t-il sur le coup de 8h du matin, après avoir déjà repris la route depuis 3 heures.

Il lui reste donc 250 kilomètres à parcourir, en marchant, car la course est beaucoup trop douloureuse. "Ce qu'on retiendra, ce sont les milles kilomètres parcourus, pas la durée ou la manière. Mais je sais que moi, je m'en voudrai un peu de ne pas pouvoir courir comme je le voudrais et comme je le pourrais à ce moment de l'aventure."

L'objectif du jour, 214 heures après avoir pris le départ, c'est d'atteindre les 75 kilomètres.

Vendredi 17 juillet - Les doutes

Pour la première fois depuis le début de son périple, Frédérick Hardenne se montre moins serein. Tracassé suite à une douleur vraisemblablement musculaire au niveau de la cheville, il a été soigné par sa fille kinésithérapeute, qui lui a posé un tape pour le soulager. Il a pu poursuivre son défi et atteindre en soirée les 670 bornes parcourues.

"En dormant un peu plus ces dernières nuits, je pense pouvoir dire que je me suis refait une santé et je me sens reposé. Par contre, la cheville est douloureuse et le tibia tout rouge. J'essaie de trouver une solution à chaque petit problème. Ma tête et moi, nous sommes décidés à aller jusqu'au bout et rejoindre Javingue mais si je ne trouve plus de solution pour soulager cette douleur, il faudra prendre une décision", expliquait l'ultra-traileur.

215 heures après son départ, vendredi 10 juillet, le coach de la Belgique Trail Académie a parcouru 683 kilomètres. Il a plus que jamais besoin d'encouragement, de soutien, et de partenaires d'aventure et c'est via ce lien que vous pouvez suivre Frédérick en temps réel, pour savoir où le trouver: http://tourdewallonie.legendstracking.com/

Jeudi 16 juillet - On oublie l'arrivée le dimanche

Après la journée diffcile du mercredi, le traileur javinguois a dû se rendre à l'évidence : il lui manquait d'heures de sommeil. Frédérick Hardenne est reparti sur un bon rythme le jeudi matin, après une bonne nuit de repos. En fin de journée, il franchissait le cap des 607 kilomètres sur les 1001 à parcourir.

"J'ai renoncé à atteindre les 100 kilomètres quotidiens. Je pense être dans les journées les plus compliquées, entre l'euphorie du départ et l'euphorie du retour à la maison. Je décide donc d'écouter mon corps, de me reposer quand il me le demande, de manger quand il me le réclame. Arriver dimanche, c'est fichu, mais je me dis que tout est encore possible pour une arrivée lundi ou mardi", explique-t-il, juste avant de s'endormir en quelques secondes, top chrono.

Mercredi 15 juillet - Moitié de parcours et nuits perturbées

Cette cinquième journée est un peu plus compliquée pour Frédérick. Après 130 heures d'effort, la fatigue se fait logiquement ressentir. Aujourd'hui, les 100km quotidiens ne seront pas bouclés mais il est important de rester à l'écoute de son corps. La nuit s'annonce plus longue que les précédentes et le sommeil plus réparateur.

Un peu plus tôt dans la journée, le cap des 500 kilomètres a été franchi, le traileur en étant alors à la moitié de son défi. La veille, il avait décidé de s'endormir un peu plus tôt que prévu mais la nuit avait finalement été perturbée. Endormi vers 22h30, il s'est réveillé peu avant 1h du matin, persuadé qu'il était déjà 4h. Il a donc repris la route pendant 3 heures avant de s'autoriser une petite sieste d'une heure et de repartir vers 5h du matin.

Mardi 14 juillet - Une assistance en or

Profitant d'une pause dans les environs d'Eupen, après 460 kilomètres parcourus depuis la petite localité de Javingue, dans l'entité de Beauraing, Frédérick Hardenne s'est confié sur l'importance cruciale de toute l'aide dont il bénéficie durant son challenge, à commencer par celle apportée par sa famille, et son épouse Laurence en première ligne. Les venues de ses filles, mais également la présence d'amis ou d'anonymes, pour l'encourager le long de la route sont aussi des moments qui font du bien au moral de l'ultra-traileur, en témoigne l'émotion que génère le seul fait d'y repenser...

Lundi 13 juillet - RAVeL et chaleur

Ce lundi à 10h, Frédérick Hardenne a passé le cap des 72 heures de course. Au moment d’écrire ces quelques lignes, il en est à un peu plus de 80 heures de son périple à travers la Wallonie et il a parcouru 360 kilomètres. À cheval sur la frontière entre l’Allemagne et la Belgique, depuis plusieurs dizaines de kilomètres, il est à proximité de Saint-Vith. Et on peut dire qu’après des débuts difficiles, le Javinguois a trouvé son rythme. « Je suis à 80 kilomètres sur ma journée. Il m’en reste donc encore une vingtaine avant d’aller dormir pour garder le rythme de 100 bornes par jour, précise-t-il. Je vais au lit à minuit au plus tard, je me lève vers 4h du matin pour démarrer vers 4h15. Je cours jusque 10h00 où je fais déjà un premier point sur mon avancement de la journée. Après ça, j’alterne un peu la course et la marche surtout durant les fortes chaleurs. » Aujourd’hui, justement, le professeur d’éducation physique a un peu souffert de la chaleur. « Il a fait très chaud et je n’ai pas traversé de forêt. J’étais sur le RAVeL, protégé des arbres mais aussi protégé du vent et avec la réverbération du béton, j’ai eu chaud, surtout au niveau des pieds, qui ont fort gonflé. Je n’ai donc pas hésité à m’asperger d’eau dès que je le pouvais. » La moyenne de 6 kilomètres par heure est respectée jusqu’à présent. Si elle paraît faible pour les connaisseurs, l’exploit, sur le long terme, reste assez exceptionnel.

Dimanche 12 juillet - Le hamburger

Les jours se suivent et ne se ressemblent pas pour Frédérick Hardenne. Après 24 heures compliquées, il a repris du poil de la bête ce dimanche. « Samedi soir, je me suis autorisé un petit hamburger. J’en avais envie et l’estomac l’a plutôt bien accepté alors que j’avais vraiment du mal à l’alimenter. Ce dimanche matin, j’ai déjeuné avec du chocolat chaud et une galette et à midi, j’ai mangé des omelettes avec du lard. À partir du moment où l’estomac est OK, je commence à retrouver des forces, du tonus et du jus, et je sens que c’est de bon augure pour la suite », précise-t-il depuis Arlon, où il se trouve ce dimanche à 16h. L’objectif, c’est toujours d’atteindre les 100 kilomètres par jour pour rentrer « à la maison », à Beauraing, dimanche prochain, au terme du périple de 1001 kilomètres. Sur le coup de 16h, la montre de Fred affichait 66 kilomètres. Il en resterait donc encore 34 à parcourir, à une moyenne de 6 kilomètres par heure. Le professeur d’éducation physique devrait terminer sa journée de course à pied vers 22h ou 23h. Accompagné par des amis toute la journée, le temps lui parait moins long et les kilomètres défilent.

Samedi 11 juillet - Le coup de mou

« Je ne sais pas expliquer ce qu’il s’est passé. Après 40 kilomètres seulement, une distance que j’ai pourtant l’habitude de courir à l’entraînement, j’ai eu un énorme coup de mou. Pourtant, je courais relax, sans me mettre la pression. Il faisait assez humide car il pleuvait un peu et pourtant, je crevais de chaud. Je me dis que c’est peut-être un coup de chaleur », explique Frédérick, qui, 24h après son départ, a passé le cap des 110 kilomètres. Il a donc décidé de ralentir le rythme et surtout, de s’autoriser quelques heures de sommeil. « J’ai dormi une trentaine de minutes en fin de journée, vendredi, mais cela ne m’a pas suffisamment requinqué. J’ai tenté de repartir mais j’ai capitulé et je me suis autorisé à dormir de 22h à 4h du matin. Depuis, j’ai repris la route et je profite du tracé et des paysages exceptionnels que je vois », continue Frédérick Hardenne. L'ultra-traileur beaurinois commence à accepter de ne plus être dans un esprit de compétition avec des objectifs de temps, mais plutôt de profiter de chaque instant de ce périple incroyable. Avec une tranche de pain, deux verres de chocolat froid et une demi galette, il n’a pas grand-chose dans l’estomac mais reste à l’écoute de son corps et de ce que celui-ci réclame.