GAUME

VIDÉO | Bernard slame en patois à 80 ans: «Une façon d'amener les gens au patois»

VIDÉO | Bernard slame en patois à 80 ans: «Une façon d'amener les gens au patois»

Bernard Daussin vient de sortir un clip vidéo en patois gaumais. Une pépite! -

Bernard Daussin est un inconditionnel du patois gaumais. À l’âge de 80 ans, il vient de sortir un clip avec Goldaze, où il slame en patois. Une belle rencontre entre deux univers.

À bientôt 80 ans, Bernard Daussin de Marbehan (Habay), vient de sortir un clip vidéo dans lequel il slame en patois gaumais! Sur une musique de Goldaze (lire ci-contre).

Déclamer en patois, slamer en patois, c’est sa passion. Il y a cinq ans, il a slamé un poème en patois à ses amis de l’Académie des patois gaumais, dans le but de le retrouver sur un CD de l’académie. Mais ce slam ne convenait pas.

I mourant tous les p’tits mètis sera alors mis en musique, mais ne sera toujours pas retenu. «C’était monotone, comme une litanie», concède Bernard Daussin.

Il continue ses investigations et rencontre le Centre culturel de Rossignol-Tintigny, représenté par Bernard Mottet, directeur et Brice Plainchamp (Goldaze), régisseur. Il leur slame deux quatrains de I mourant tous les p’tits mètis, texte écrit par Hélène Hance-Burquel, vers les années 80, dont voici le premier quatrain:

«Èl ramoulou gn-è bèle lurèteN' va pus a poussant sa tcharèteA bâyant, bin haut, pas t' t-avau; À ramoûre coûris èt ciseaus.»

Ils apprécient tous les deux et Brice Plainchamp propose de composer une musique. Après l’enregistrement, la coopération débouchera sur la réalisation d’un clip vidéo.

Rencontre de deux univers

Mise en scène, choix des sites (Rossignol, château de Faing, Mesnil…), tenues vestimentaires, rien ne sera pris à la légère par Brice Plainchamp.

Une belle rencontre entre deux univers, un heureux mariage dans son ensemble.

«C’est une façon d’amener les gens au patois, de leur faire découvrir», souligne Bernard Daussin.

Dès sa sortie sur la page Facebook du CCRT, le clip a été vu 1 000 fois le premier soir, puis 3000, puis 5 000. Le but était atteint, les vieux métiers retrouvaient leur place dans notre vie.

«Je vis pour le patois»

Bernard Daussin a joué la première fois en patois en 1962. Il a aussi joué dans El D’jean d’Mâdy Il a participé à de nombreux cabarets, spectacles, déclamations de poèmes…

Dans sa jeunesse, il se rappelle que l’on parlait et chantait le patois en famille. Il récite journellement des textes en patois tellement sa vie est conditionnée par ce dialecte. Mais étrangement, confie-t-il: «Je n’ai jamais tenu une conversation en patois, on ne m’a jamais adressé une conversation en patois».