TOURNAI

Le Tournai d’avant: le pionnier, Walter de Marvis

S’il est incontestable que l’expansion générale de l’enseignement pour tous doit attendre le XIXe siècle, il existe bien des initiatives, semées au fil des rues et des siècles, adoucissant ce dur constat. Exemple parmi d’autres, l’œuvre fondée par le seul évêque tournaisien qui y occupera la cathèdre.

Walter de Marvis (Tournai vers 1275 - 1252) un prélat humaniste, fils d’un boulanger de Saint-Brice, élève de l’école capitulaire dont il devient professeur, évêque de 1219 à 1252,, remarqué par son intelligence, crée près des Frères Mineurs «dans la discipline et la crainte de Dieu» un lieu «où les jeunes vivant d’aumônes, sont logés dès 1245 à qui divers livres sont donnés»..

Avec Saint-Paul

Le site est malsain et en mars 1250, Walter – ou Gautier – lui offre des maisons qu’il a fait bâtir dans la rue du Four Chapitre. L’administration est confiée au Chapitre, seuls les enfants pauvres y sont admis et suivent un règlement de 1255 qui précise de dures conditions d’existence. On n’y parle que latin.

Son testament du 26 août 1533 est clair,: le chanoine Jean de Trouille fonde sept bourses dont jouiraient «sous un bon maître, de pauvres écoliers de Tournai désignés principalement parmi les choraux de la cathédrale».

La renommée du Collège Saint-Paul grandit rapidement» l’enseignement y est brillant et nombre d’élèves – viennent y étudier»..

L’essor est plus grand encore dès 21 avril 1595, le Chapitre unit Bons-enfans et Saint-Paul. Mais des événements politiques modifient le contexte.

Remue-ménage

L’ambition du Chapitre est de profiter de la suppression des Jésuites pour s’installer au noviciat de la rue Du Quesnoy. La ville est aussi intéressée mais l’impératrice Marie-Thérèse tranche en faveur de Saint-Paul qui déménage..

Les discussions entre les pouvoirs sont épiques -et surtout financières. Le 6 octobre 1777, sont ouverts les cours dans un site ample, moderne et bien doté. L’établissement suivra trois textes impériaux visant: 1. À perfectionner et faciliter, via le Plan provisionnel «ces temps heureux où on abondoit en maîtres excellents » – 2. À suivre le Règlement de discipline et de police qui «s’oppose à toute punition corporelle et/ou punition ridicule» 3. Une Ordonnance imposée de percevoir des minervals

Population scolaire: de 216 en 1792 à 180 en 1793. La mise en valeur de l’enseignement est suivie dans les exercices scolaires, sortes d’interrogatoires publics autour d’intermèdes poétiques et/ou saynètes tirées d’auteurs célèbres étudiés en classe.

La première intrusion française (1792) se distingue par un inventaire des biens;.

La seconde venue des révolutionnaires est plus mouvementée alors. que l’administration française se fait tatillonne, les décrets de la République se succèdent dont, en 1797, «la création de l’école centrale en chaque département»; Mons l’obtient.

Plus sérieux est l’ordre de suppression des établissements religieux (1796). Les Municipaux déclarent le collège comme bien national en tant que «Collège national». Ajoutons-y, pour les prêtres, le serment «de haine éternelle à la Monarchie» pour corser l’imbroglio.

Sous l’Empire, le titre «d’école secondaire communale» envoie Saint-Paul aux oubliettes. Dès 1804, il est prévu d’incorporer huit professeurs laïques parmi les enseignants – ils seront quatre –. Résultat: en juin 1810 un rapport décrit l’état de l’établissement comme «déplorable».. Il n’y a que 70 élèves en 1809-1810 mais ce nombre va croissant au fil de l’apaisement général...