MONDE

Viols, abus sexuels et «revenge porn»: le web s’attaque à Pornhub

Parce qu’ils estiment que Pornhub n’en fait pas assez pour lutter contre les abus sexuels de toutes sortes, plus d’un million et demi d’internautes ont déjà signé la pétition «Traffickinghub» afin d’obliger la célèbre plateforme de vidéos pornographiques à fermer boutique.

S’il a bien profité du confinement pour toucher un public plus large, Pornhub doit désormais faire face aux critiques. En effet, depuis le mois de juin, une pétition rassemblant actuellement plus d’un million et demi d’internautes accuse le site de ne pas en faire assez pour lutter contre les abus sexuels dont de nombreuses femmes sont victimes sur les vidéos qu’il héberge.

Selon Laila Mickelwait, la spécialiste de la lutte contre la traite des êtres humains qui est à la base de cette pétition, Pornhub participe notamment au trafic sexuel et à l’exploitation des femmes, y compris les mineures.

«Pour télécharger du contenu sur Pornhub, il suffit d’une adresse électronique. Aucune pièce d’identité n’est nécessaire. Pornhub ne prend pas la peine de vérifier de façon fiable l’âge ou le consentement des millions de personnes figurant dans les vidéos qu’il héberge et dont il tire profit: il monétise ces vidéos sans poser de questions, déplore Laila Mickelwait sur le site de la pétition. Le site est conçu pour être exploité et il est infesté de vidéos de viols réels, de traite des êtres humains, de mauvais traitements et d’exploitation de femmes et d’enfants.»

Pornhub rejette les accusations

Évoquant notamment le cas d’une adolescente de 15 ans dont le viol a été hébergé dans 58 vidéos différentes sur Pornhub, Laila Mickelwait et l’ensemble du mouvement «Traffickinghub» luttent également pour rendre justice à toutes ces femmes victime de «revenge porn», et dont les ébats sexuels sont (ou ont été) partagés sur la plateforme sans leur consentement.

Également accusée de ne pas supprimer assez vite les vidéos qui posent problème, Pornhub rejette toutes les critiques dont elle fait actuellement l’objet.

Interrogé par «De Standaard», Niels Van Paemel, responsable des politiques de sécurité pour Child Focus, estime toutefois que d’autres plateformes pornographiques comme Youporn ou XVideos rencontrent les mêmes problèmes que Pornhub: «Interdire la pornographie est impossible. Mais le monde du porno en ligne a besoin d’une révolution. Le consentement devrait y tenir une place beaucoup plus importante.»