TOURNAI

Le Tournai d’avant: l’enseignement haut de gamme

Tournai au XVIe siècle, c’est la «Genève du Nord», un bastion du protestantisme contre lequel l’église catholique appelle à son secours le «Compagnie de Jésus»

Ignace de Loyola et ses compagnons la crée en 1539. Ces Jésuites se mettent au service de l’Église catholique pour des missions spécifiques auxquelles se joint, dès 1547 l’enseignement, déterminant dans la formation tant du clergé que de ceux qui, dans les collèges, suivent la voie de ces hommes d’action et d’initiative.

En trois actes

Dans le contexte tournaisien, il est nécessaire d’agir, de contrer les arguments du protestantisme. Arrivés vers 1554 en paroisse de Saint-Piat, près des Récollets, ils y tiennent école dès le 13 juin 1562 avant de s’installer rue Madame après les exils dus aux troubles religieux.

Devant leur succès, les pionniers déménagèrent vers la rue des Allemands (des jésuites à ce jour) dès 1584, occupant le site entre les rues de Bève et des Filles-Dieu. Au 9 octobre 1595, leur nouveau collège des humanités à l’usage des laïcs, internes et externes, est prêt, il cohabite un temps avec le noviciat, religieux..

En synthétisant ce vaste sujet, l’on peut considérer que l’action des Pères Jésuites suivra trois actes essentiels.

Le premier est, pour eux, de s’intégrer et de se faire admettre à Tournai. On rencontre la quarantaine de Pères s’active envers les prisonniers de la halle des Consaux; à promouvoir l’instruction avec une école dominicale, à restaurer les fortifications de la ville en 1635. Une implication dans le quotidien des habitants.

Le deuxième vecteur est le souci de l’avenir. Un noviciat est donc ouvert et malgré la très longue probation, les novices ne manquent pas.

Proche des préoccupations de la population, l’instruction. Les Consaux envoient leurs délégués le 11 avril 1595 auprès du Père Provincial de la Compagnie «pour entendre d’iceluy les moyens et conditions pour dresser un collège en ceste ville».

Car l’unanimité est totale entre Consaux, évêque et Chapitre, il faut une telle école. Mais pour les moyens, Inutile de suivre ces discussions, la convention du 22 avril 1595 est claire:: un collège est créé les Pères Jésuites en sont les professeurs, il leur est alloué 1 200 florins, portés à 1 500 ensuite; cinq classes s’installent dans un immeuble de la ville rue des Allemands (maisons gothiques), les 400 élèves, seront issus de tous les milieux, des aides sont accessibles aux enfants pauvres, la grande discrimination étant intellectuelle.

Le 9 octobre 1595, le collège prend son envol; au programme, grec, latin jusqu’à la rhétorique auxquels s’ajoutent poésie, syntaxe et dialectique. entre-temps, on y construit de 1601 à 1604 une chapelle sobre due au jésuite tournaisien H. Houimaker.

Le noviciat à Saint-Brice

Les bâtiments conventuels, à leur tour s’avèrent trop exigus. En 1607, les pères acquièrent le refuge de l’abbaye du Saulchoir, rue Du Quesnoy et y installent leur noviciat après de grands travaux dont, la construction d’une chapelle, sobre, élégante inaugurée le 8 ou le 10 avril 1609.…

L'ensemble est assez prestigieux pour recevoir les éloges de Sanderus «c’est un modèle d’élégance sans faste, de grandeur sans trop de majesté », Avec un succès de fréquentation jamais démenti, ce noviciat, comme le collège, ne devait fermer qu’en 1773 lorsque le pape Clément XIV supprima la «Compagnie de Jésus».

Les Pères Jésuites reviendront à Tournai et rouvrentt un collège à la rue des Augustins le 15 octobre 1839.. C’est là une autre histoire. (À suivre)