JUDICIAIRE

La justice bloque les radars tronçons wallons, Valérie De Bue «étonnée»

La justice bloque les radars tronçons wallons, Valérie De Bue «étonnée»

Le radar tronçon de Laneffe. ÉdA

Le collège des procureurs généraux a écrit à la ministre wallonne en charge de la Sécurité routière pour demander un report de la mise en service des sites déjà équipés de radars tronçons par la police fédérale sur les autoroutes de Wallonie

Ils redoutent que les parquets locaux n’aient pas la capacité d’absorption des poursuites à traiter, rapportent les titres Sudpresse.

Sept installations viennent d’être certifiées, confirmant que le radar mesure correctement les vitesses et donc permet de sanctionner. La police locale et la justice doivent ratifier un protocole d’accord quant à l’utilisation de l’appareil.

Mais Vincent Macq, le procureur du Roi de Namur, signale ne pas être en mesure de signer ce document en l’état. Il déplore que la Région n’ait pas une politique concertée quant aux implantations: «Le Service public de Wallonie place ses radars sans tenir compte des capacités d’absorption des parquets locaux. À Namur, nous avons une taille moyenne pour un nombre élevé d’excès de vitesse. Nous n’avons pas les capacités de Liège».

Je préfère que l’on flashe un peu moins mais que nous ayons les moyens de poursuivre tous les contrevenants

Le procureur redoute que ses services ne puissent faire face à cet accroissement de la charge de travail: «Je préfère que l’on flashe un peu moins mais que nous ayons les moyens de poursuivre tous les contrevenants. Sinon, ce sera un mauvais message envoyé. Les radars doivent fonctionner de manière intelligente».

Vincent Macq a sensibilisé ses collègues à la problématique. Le dossier a été repris par le procureur général de Mons pour l’élargir à l’ensemble de la Wallonie. Un courrier a été envoyé à la ministre De Bue. L’objectif est de retarder la mise en service jusqu’en septembre-octobre.

Valérie De Bue «étonnée»

La ministre wallonne de la Sécurité routière, Valérie De Bue, a affirmé avoir pris connaissance «avec étonnement» des déclarations du procureur du Roi de Namur, Vincent Macq, au sujet du report de la mise en service de certains radars tronçons.

«Les déclarations de ce jour du procureur du Roi de Namur représentent un mauvais signal en matière de sécurité routière d’autant que les radars tronçons ont des effets bénéfiques sur les comportements des usagers de la route», a-t-elle affirmé dans un communiqué.

«Le plan de déploiement des nouveaux radars en Wallonie est connu de la justice depuis plusieurs années. Plusieurs réunions de concertation ont eu lieu», lui répond Mme De Bue (MR).

Les déclarations de ce jour du procureur du Roi de Namur représentent un mauvais signal en matière de sécurité routière d’autant que les radars tronçons ont des effets bénéfiques sur les comportements des usagers de la route

La ministre ajoute avoir conscience des difficultés de la justice à faire face au flux que le déploiement de nouveaux radars ainsi que des radars tronçons vont engendrer et «le regretter».

C’est pourquoi, afin de soulager les parquets, la Région et les procureurs généraux ont souhaité la mise en place d’un système automatisé d’amendes administratives pour les infractions les moins graves. Un décret en ce sens a été adopté au parlement le 4 avril 2019, explique Mme De Bue.

Elle ajoute travailler en concertation notamment avec le collège des procureurs généraux, à la mise en œuvre de ce système d’amendes administratives.

Selon la ministre, une nouvelle réunion avec le collège des procureurs généraux est prévue lundi prochain à son cabinet pour faire le point sur l’état d’avancement tant de l’arrêté d’exécution du décret que du déploiement global du premier train de radars ainsi que d’aborder les modalités de placement d’un second train de radars que la ministre souhaite planifier à partir de 2021.