TENDANCE

PHOTOS | À califourchon sur du bambou

Léger et résistant, le bambou a su convaincre des cyclistes soucieux de leur empreinte écologique.

Chaque jour, Lionel Van Eldom parcourt plusieurs kilomètres à vélo. Pour faire des courses, conduire ses enfants à l’école, se rendre au travail, dès qu’il le peut, il sort sa bécane. Comme de plus en plus de monde, nous direz-vous. À la différence près que Lionel roule depuis un an sur un vélo en bambou. Un modèle au cadre écoresponsable qui commence à se répandre parmi les cyclistes soucieux de l’environnement.

«C’est d’abord une question de valeur qui m’a poussé à passer au bambou, témoigne Lionel. Quand on entre dans une démarche de respect de l’environnement en adoptant la mobilité douce ou en consommant local, c’est encore plus cohérent de choisir un moyen de transport dont la fabrication suit la même logique. »

Un cadre qui absorbe les vibrations

Le vélo en bambou est fabriqué par des artisans qui utilisent essentiellement des composants naturels comme la fibre de chanvre ou le lin pour fixer les tubes de bambou. Cette matière première a en plus l’avantage de pousser vite et d’être légère. Comme c’est un bois – une tige en fait – très résistant, il peut supporter une traction supérieure à l’acier et est capable d’atténuer les vibrations. Il constitue donc une alternative alléchante à l’aluminium au titane ou au carbone.

Ces avantages ont poussé de petites structures à se lancer sur ce marché de niche. Elles proposent aujourd’hui, essentiellement sur internet, des modèles à monter soi-même ou livrés prêts à l’emploi. Toujours dans une logique éthique, ces start-up sont en général transparentes sur le mode de production et la provenance de leurs matériaux.

Montés à la main

Lionel a, lui, choisi MyBoo, une marque fabriquée au Ghana qui vient en aide aux populations locales. Il ajoute donc une dimension sociale à sa démarche écologique et durable. «Ils sont montés à la main au Ghana puis envoyés en Allemagne pour être contrôlés », ajoute-t-il, visiblement satisfait.

Seul bémol, ces vélos sont encore rares et relativement chers par rapport aux modèles traditionnels. Comptez environ 1 000€ pour un cadre simple et entre 1 500 et 6 000€ pour un vélo complet. Mais pour Lionel et d’autres cyclistes, les matières durables sont l’avenir du vélo et n’attendent plus que la reconnaissance d’un public plus large.

6 accessoires écoresponsables

Un sac à déchets

PHOTOS | À califourchon sur du bambou
Lionel Van Eldom a créé le concept «Can-Guru», un sac multifonctions pour collecter les déchets. EDA

Très impliqué dans le sport écoresponsable, Lionel Van Eldom a développé un sac ventral Can Guru, fabriqué à partir de matériaux up-cyclés de l’industrie automobile et publicitaire. Ce sac permet non seulement de transporter son matériel (smartphone, clé, gourde), mais il est, en prime, équipé d’une poche destinée à recueillir les déchets. Il s’adresse donc aux sportifs qui désirent contribuer au nettoyage des lieux qu’ils arpentent.

L’entretien bio

Les huiles pour chaîne, dégrippants et lubrifiants se retrouvent souvent dans la nature, lorsqu’il pleut par exemple. Plusieurs marques proposent aujourd’hui des solutions de produits nettoyants et dégraissants respectueux de l’environnement. Des alternatives un rien plus chères, mais tout aussi efficaces que les produits issus de la chimie du pétrole.

PHOTOS | À califourchon sur du bambou
-

Un guidon en Liège

Cette matière naturelle est utilisée pour fabriquer des poignées de vélo qui absorbent les chocs et les vibrations. Elles offrent aussi l’avantage de ne pas devenir glissantes. Confortables et ergonomiques, elles sont par contre sensibles et peuvent se détériorer en cas de chute. Pour les assortir, il existe des embouts de guidon, en liège eux aussi, qu’on peut facilement adapter en les coupant.

Les pédales en riz

PHOTOS | À califourchon sur du bambou
Ryza M-Wave

La marque Ryza M-Wave fabrique des pédales de vélo écologiques en balles de riz. Ces fibres organiques proviennent des déchets issus de la culture et de la récolte du riz. De couleur beige, ces pédales sont robustes, adhérentes et fournies avec catadioptres. Ne reste qu’à trouver les chaussures écoresponsables qui vous aideront à poser le pied dessus car elles existent, elles aussi.

PHOTOS | À califourchon sur du bambou
-

Un casque en lin

Le lin n’est plus seulement utilisé pour tisser des vêtements. Il peut également servir à fabriquer divers objets dont des casques de vélo. Des Français ont développé des modèles légers et résistants qui offrent, en prime, une excellente ventilation. La résine qui recouvre les fibres de lin a également des propriétés anti-UV et anti-rayures. Ils ne sont par contre pas donnés, comptez environ 300€.

Cadre en bois

PHOTOS | À califourchon sur du bambou
-

Ces montures sont fabriquées en bois creux, en frêne ou en hêtre issus de forêts, durables, bien entendu.

Plus lourds que les vélos en bambou, ils amortissent les chocs de la même manière et constituent des alternatives écologiques à nos vélos classiques.

Le plus: les concepteurs de ces vélos font parfois de véritables prouesses en matière de design.

De quoi être stylé en pédalant.