AVANT/APRES | D'Hacquegnies à Montroeul-au-Bois

EdA/Com.

Localités voisines, Hacquegnies et Montroeul-au-Bois sont des villages présentant de nombreux points communs. Leur vocation agricole en premier lieu. Même si le nombre de fermes a considérablement diminué, la campagne y a gardé tout son charme. Et si certaines sont parties ou ont stoppé leurs activités, les entreprises liées à la terre sont toujours bien présentes.

Si le territoire d’Hacquegnies est plus étendu, Montrœul a toujours compté un peu plus d’habitants. Depuis trente ans, la population est en augmentation dans les deux villages. Ceux-ci sont reliés entre eux par la grand-route, celle qu’empruntait autrefois le tram vicinal, mais des voiries secondaires, des sentiers et des carrières permettent aussi de se rendre de l’un à l’autre. Montrœul et Hacquegnies comptent chacun un pèlerinage, Notre-Dame des Joyaux et Notre-Dame de Wi(l)bourg, un magasin et un gîte rural. Mais le dernier café a fermé ses portes à la fin du XXe siècle..

Un siècle sépare les deux clichés figurant ci-dessus. À gauche, on aperçoit le tram vicinal à l’arrêt, devant le café baptisé « À la descente des pèlerins » (une maison qui accueillit plus tard « Marie Sarma »). En 1894, vu les avantages pour les agriculteurs devant aller livrer leurs betteraves à la sucrerie de Frasnes, la Commune de Montrœul avait décidé d’intervenir dans la construction du chemin de fer vicinal Tournai-Ath. La ligne Tournai-Frasnes fut ouverte en 1901. On distingue aussi sur la carte postale les voies de garage. En août 1954, l’autobus se substitua au tram. Les maisons sur la droite n’ont pas bougé. De l’autre côté de la route se trouve l’épicerie « Au Bienvenu ».

Le Trou Robin, avec son passage à 17 %, est bien connu des cyclotouristes. Mais cette route étroite située aux limites de Montrœul-au-Bois, Hacquegnies et Herquegies n’a pas toujours été carrossable. L’ancien (mauvais) chemin de terre propice aux promenades – il est aujourd’hui agrémenté de photos « nature » de l’entité – ne permettait même pas de relier les villages entre eux… à cause de la grosse pierre de sable située au sommet de la bosse, avant que les conseils communaux ne décident de procéder à des travaux dans les années 60. Du sommet, on bénéficie d’une vue panoramique sur la région.

Du Trou Robin, une carrière mène à un étang privé et à la chapelle de Wi(l)bourg, près de laquelle jaillissait autrefois la source de la Vierge. Selon l’historien Willy Delhaye, ce lieu de pèlerinage mentionné en 1550 serait la survivance d’un culte à la divinité celtique Hella. La chapelle a été restaurée en 1978 à l’initiative des paroissiens d’Hacquegnies et d’Herquegies. La statue en bois installée au début du XXe siècle par la comtesse De Chasteleer fut volée en 1979. La copie qui la remplaça sera elle-même dérobée peu après. Une réplique à l’identique a été trouvée.

À part l’église, la Place de Montroeul-au-Bois – sur une autre carte postale, on parle carrément de Grand-Place ! – a pas mal changé en une centaine d’années. Un monument aux victimes des deux guerres a été érigé à côté du saule pleureur. La petite maison sur la gauche, qui fut un café (« Bihou »), a été remplacée par une nouvelle construction. En face, le cabaret « Chez Clara » (où avaient lieu les répétitions de la fanfare) a été détruit, tout comme le « Salon » (qui devint par la suite le Foyer Notre-Dame, lieu d’accueil des pèlerins) : des logements ont été érigés à son emplacement. Côté droit toujours se trouvait l’ancienne brasserie Saint-Martin. Il y a quelques décennies, il y avait quatre débits de boissons sur la place… en ne comptant que les « officiels »…

C’était un temps où chaque village avait sa ferme-brasserie. À Hacquegnies, celle-ci était située le long de la chaussée de Frasnes (aujourd’hui avenue de la Libération). Georges Mariage l’avait fait construire en 1909 sur les plans de la « ferme modèle » présentés à l’Expo de Bruxelles de 1905. Elle ne rouvrira plus après la Première Guerre et les bâtiments seront vendus vers 1940 à la famille d’agriculteurs Vanderzielen. Mais aujourd’hui, on peut à nouveau y trouver de bonnes bières puisque le magasin « À la ferme », situé dans les anciennes étables à l’arrière, s’est spécialisé dans la vente des produits locaux.