HERSTAL

Un nouveau refuge d’urgence pour accueillir les femmes battues à Herstal

Un nouveau refuge d’urgence pour accueillir les femmes battues à Herstal

Ce plan a d’autant plus son importance en cette période d’après confinement, où les autorités constatent une recrudescence des violences intrafamiliales partout dans le pays. Photo News

À Herstal, un nouveau plan d’action sera mis en place pour lutter contre les violences intrafamiliales.

Réuni ce lundi soir, le conseil communal de Herstal a adopté un nouveau plan d’action multidisciplinaire pour lutter contre les violences intrafamiliales. Un plan qui se traduit notamment par la mise en place d’un lieu d’accueil neutre et sécurisé, mais aussi la création d’un nouveau refuge d’urgence (et, bien évidemment, sécurisé) pour y accueillir les femmes battues.

Ce plan a d’autant plus son importance en cette période d’après confinement, où les autorités constatent une recrudescence des violences intrafamiliales partout dans le pays. À Herstal, la lutte contre celles-ci ne date néanmoins pas d’hier puisque les initiatives des autorités se succèdent depuis 2018.

«Le plan voté au conseil est l’aboutissement de plusieurs années de travail», explique Frédéric Daerden, bourgmestre en titre de Herstal et ministre en charge de l’Egalité des Chances. «Avant que je devienne ministre, le PS herstalien avait fait adopter deux motions importantes en 2018 et 2019 pour faire de Herstal une ville ‘contre les violences intrafamiliales’. J’ai aussi veillé à ce que cette lutte soit inscrite au chapitre 1 de notre PST. Il faut savoir que les violences intrafamiliales représentent 8% de la criminalité globale de la ville, ce qui en fait un objectif stratégique de notre plan zonal de sécurité.»

«Un groupe de travail pluridisciplinaire composé de représentants de la police, du CPAS et du service de Prévention a énormément travaillé avec les autorités, ce qui nous a permis d’aboutir à un Plan unique en Wallonie», détaille Jean-Louis Lefèbvre, bourgmestre f.f.

Lors de l’élaboration de ce plan, l’expérience de la Cellule Inter’Agir du CPAS a été précieuse. Elle est opérationnelle depuis novembre 2019 et permet à toutes personnes victimes de violence de bénéficier d’un encadrement complet par une assistante sociale spécialement formée. «Au sein de la cellule, nous aidons aussi les victimes dans les démarches à effectuer au niveau de la police, des tribunaux, des hôpitaux mais aussi d’autres institutions. Lorsque nous nous sommes réunis avec la police et le service de Prévention pour travailler sur un Plan de lutte, on s’est vite rendu compte que la clé était la collaboration entre nous trois. Tout en respectant chacun notre secret professionnel, il est essentiel de collaborer ensemble et de se coordonner pour apporter un soutien optimal aux victimes», déclare Charlotte Tilkin, assistante sociale en charge de la Cellule Inter’Agir au CPAS de Herstal.

La spécificité du Plan est d’abord sa dimension multidisciplinaire où trois services se coordonnent pour prévenir les violences, accompagner les victimes au moment de la plainte, pendant la procédure, mais aussi après celle-ci. «Au-delà des programmes de prévention, nous allons aussi continuer à former le personnel de police à la problématique», souligne Marc Paquay, chef de corps de la zone de police de Herstal. «Nous aurons des professionnels à tous les étages, traducteurs inclus, capables de rassurer les victimes et de les accueillir dans un lieu discret et non institutionnel. Le plan prévoit également un point très important: disposer d’un lieu de refuge d’urgence et d’extrême urgence qui sera équipé, sécurisé et secret. Le plan prévoit d’accompagner les victimes tout au long du processus avec communication des décisions du parquet vers elles.»

Le Plan intégré de lutte contre les violences intrafamiliales va maintenant être progressivement mis en place. Il sera régulièrement évalué et les autorités ont l’ambition qu’il devienne une référence en la matière.