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Violences policières: manifestation inédite d’un parti populiste au Portugal

Près d’un millier de personnes ont manifesté samedi à Lisbonne à l’appel d’un parti populiste pour dénoncer les accusations de racisme au Portugal, portées dans le cadre du mouvement anti-raciste déclenché par la mort de George Floyd aux États-Unis.

«Portugal, Portugal, Portugal…», ont scandé ces manifestants sur la principale artère de la capitale derrière une banderole clamant «Le Portugal n’est pas raciste», mot d’ordre de ce rassemblement.

Entourée de strictes mesures de sécurité, cette manifestation avait été convoquée par le parti anti-système Chega («Assez») et se voulait une réponse aux militants de gauche ayant dénoncé le racisme et les violences policières au Portugal dans la foulée du mouvement déclenché par la mort de George Floyd, un homme noir asphyxié par un policier blanc à Minneapolis.

«Nous voulons combattre l’idée selon laquelle les Portugais sont racistes et les forces de police sont des criminels», a expliqué André Ventura, chef de ce parti entré au parlement l’an dernier, qui appelait à descendre dans la rue pour la première fois.

«Personne ne peut nous donner des leçons d’histoire. Nous avons 500 ans d’histoire, de liens avec d’autres peuples», a rappelé M. Ventura, un juriste de 37 ans et seul député de Chega qui fait régulièrement parler de lui pour ses attaques contre les communautés noires ou roms.

«Le Portugal a toujours accueilli tous les peuples», a affirmé Jorge Rodrigues, l’un des manifestants venu de Faro (sud) qui portait un masque vert et rouge aux couleurs du Portugal.

«C’est la gauche radicale qui fait passer cette image erronée de pays raciste», a confié pour sa part à l’AFP, Leonel Neves, un commerçant de 63 ans qui manifestait pour la première fois.

Après avoir fait parler de lui dans les médias, le leader de Chega a lancé le pari de «faire descendre dans la rue ses électeurs de droite» qui n’en «ont pas l’habitude», a expliqué à l’AFP Riccardo Marchi, chercheur à l’Institut universitaire de Lisbonne (ISCTE), spécialiste des droites radicales.

«Nous avons laissé cela à la gauche mais il fallait que ça change», a lancé M. Ventura, en assurant qu’il y aurait d’autres manifestations similaires.

Vendredi, un collectif d’associations antiracistes avait appelé à manifester contre Chega avant d’annuler à la dernière minute, en raison de l’évolution de l’épidémie dans la région de Lisbonne qui connaît une hausse des cas de Covid-19.