Le charme désuet des toitures en chaume

Toit_chaume

Jadis, dans nos campagnes, les toits en chaume étaient monnaie courante. Le terme chaumière est d’ailleurs passé dans le langage courant. Ces toitures à base de matériaux naturels ont progressivement laissé la place aux tuiles, ardoises et autres revêtements.

Elles ont quasi disparu à la fin du XIXème siècle en raison notamment des risques d’incendie. Après un retour des toits en chaume durant les années 60, ils ont aujourd’hui quasi disparu de la circulation, si ce n’est dans les maisons haut de gamme. Peu de sociétés sont encore capables de nos jours de poser un toit en chaume, on les retrouve principalement dans le nord du pays. La technique de pose est ancestrale et s’appuie sur un savoir-faire très particulier. Les qualités esthétiques, écologiques, acoustiques et isolantes contribuent à un retour en grâce des toits en chaume. Plusieurs matériaux de base sont utilisés, traditionnellement de la paille, mais souvent aussi des roseaux. Le coût d’une telle toiture est relativement élevé, de l’ordre de 120 à 150 euros le m². Cela s’explique essentiellement par la durée du temps de pose t le coût élevé de la main-d’œuvre. Le temps de vie d’une toiture en chaume est estimé à une quarantaine d’années, à condition qu’il soit régulièrement entretenu. Si une ouverture doit être faite pour une fenêtre de toit par exemple, l’intervention d’un artisan spécialisé est indispensable. De nos jours, les toits en chaume sont extrêmement compacts. L’épaisseur en haut de la toiture est d’environ 35 cm pour 30 cm dans le bas. Les risques d’incendie sont aussi minimisés grâce à un traitement anti-flamme. Pour que l’eau de pluie s’évacue facilement, la pente doit être au minimum de 40%. Si elle est moindre, l’eau n’est pas évacuée assez rapidement et risque de faire pourrir le matériau. Tous les trois ans environ, les mousses doivent être éliminées avec un taille-haie thermique.

Espace de vie en toiture

Quand l’espace manque ou que les règles urbanistiques ne permettent pas l’extension d’une maison, transformer une toiture plate en espace de vie est une option encore peu usitée dans nos contrées. Dans les pays méditerranéens, les toits plats des maisons sont souvent utilisés comme espace supplémentaire. Le réchauffement inéluctable du climat va peut-être donner de nouvelles aux architectes de chez nous. Plusieurs règles doivent cependant être observées avant de transformer une toiture plate en terrasse à vivre. La première, et c’est de loin la plus importante, est qu’elle doit être capable de supporter du poids : les personnes, le mobilier, le revêtement, le carrelage, … La plupart de nos toitures plates ne sont pas conçues pour supporter un tel poids. Avant de procéder à des travaux de transformation, il est indiqué de faire appel à un architecte pour un bilan avisé. Des renforcements de la structure seront probablement à prévoir. Dans le cas d’une nouvelle construction, rien n’empêche de prévoir dès le départ un structure suffisamment solide, quitte à faire les travaux d’aménagement plus tard. En cas de pose d’un carrelage, il faudra qu’il ne soit pas totalement étanche pour permettre à l’eau de s’évacuer via le circuit prévu. Enfin, l’isolation requiert une attention particulière. Pour l’aménagement, vous pourrez ensuite laisser libre-cours à votre imagination.

Les tuiles solaires

Les panneaux solaires dont l’utilité n’est pas contestée ont cependant l’énorme désavantage de défigurer une toiture. Des fabricants belges ont développé depuis près de deux décennies une alternative sous la forme de tuiles solaires. Celles-ci s’intègrent parfaitement à tous les types de toiture, mais ont malheureusement un coût plus élevé que des panneaux solaires ou photovoltaïques classiques. Pour 40 m² de tuiles solaires, il faut compter entre 20.000 et 25.000 euros, main d’œuvre comprise. Une tuile solaire remplit exactement les mêmes fonctions qu’une tuile classique avec l’avantage supplémentaire de produire de l’électricité. Elle s’avère être intéressante dans des zones où l’habitat est protégé et où les panneaux solaires sont interdits. Il est aussi à noter qu’elles se rentabilisent moins rapidement que des panneaux classiques. Il faut de 15 à 20 ans pour les rentabiliser contre 7 à 10 ans pour les panneaux solaires.

 

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