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Mons: la statue de Léopold II vandalisée

Mons: la statue de Léopold II vandalisée

La statue de Léopold II a été la cible d’actes de vandalisme la nuit dernière. Ugo PETROPOULOS

L’effigie du deuxième roi des Belges a été la cible d’activistes la nuit dernière.

Les actes de vandalisme visant les bustes et statues à l’effigie de Léopold II se sont multipliés ces dernières semaines. Dans la foulée du mouvement Black Lives Matter, qui a émergé mondialement après la mort de George Floyd aux États-Unis, a ressurgi la question de la décolonisation de l’espace public. Certains réclament depuis des années qu’une réflexion soit menée sur la présence de monument glorifiant la colonisation, tandis que d’autres demandent carrément leur enlèvement.

Mais le mouvement s’est durci durant ce mois de juin, les actes de vandalisme ou de déboulonnage de statues se multipliant dans les grandes villes telles que Bruxelles, Anvers, Gand…

À Mons, aucun acte de vandalisme n’était encore à signaler. Le débat sur Léopold II s’était invité suite au retrait d’un buste par l’UMons. La statue du roi Léopold Il, située derrière l’église Sainte-Élisabeth, n’avait pas encore pris pour cible. Jusqu’à la nuit dernière.

Ce jeudi matin, les passants ont découvert un Léopold II aux mains maculées de rouge, en référence au scandale des mains coupées devenu le symbole des exactions commises durant son règne sur l’État Indépendant du Congo. Sur le socle, le mot «Assassin» a également été tagué en lettres rouges, ainsi qu’un délicat «Fils de p***», un peu plus discret.

Mons: la statue de Léopold II vandalisée
Ugo PETROPOULOS

Sur les marches menant au monument, l’inscription «RDC 30 juin» fait référence à la date d’indépendance du Congo. Enfin une photo de Congolais amputés des mains sous-titré du mot-dièse «#Jem’excuse» entourait également le cou de Léopold II.

Ce n’est pas la première fois que la statue de Léopold II est la cible d’activistes. En 2017, des militants décoloniaux la recouvraient d’affiches (sans la dégrader) pour souligner les ravages causés par l’action de Léopold II au Congo et réclamer des autorités un débat sur la place de la mémoire coloniale dans l’espace public. Par la suite, une plaque avait été apposée sous un mémorial colonial à l’Hôtel de ville contextualisant sa présence.

Et c’est à peu près tout. Trois ans plus tard, entamer le débat de la mémoire coloniale semble encore plus ardu…

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Ugo PETROPOULOS