CORONAVIRUS

Communes wallonnes et bruxelloises ont les reins assez solides pour traverser la crise

Communes wallonnes et bruxelloises ont les reins assez solides pour traverser la crise

Illustration gearstd – stock.adobe.com

La véritable épée de Damoclès qui pèse sur les pouvoirs locaux, c’est... la charge des pensions des fonctionnaires.

Les villes et communes de Wallonie et Bruxelles disposent de suffisamment de réserves pour passer à travers la crise économique provoquée par celle du nouveau coronavirus, ressort-il jeudi de l’étude sur les finances locales 2020 de Belfius. La véritable épée de Damoclès qui pèse sur elles, bien qu’éclipsée ces derniers mois, reste toujours la charge des pensions des fonctionnaires.

La crise n’aura pas épargné les finances des pouvoirs locaux: hôpitaux publics, maisons de repos, zone de secours, ... leurs services étaient en première ligne. Nombre de communes ont également mis en place des services d’aide à la personne, des exonérations de taxes locales, des bons d’achats pour soutenir les commerces locaux, des subventions pour les associations, etc.

Ces mesures prises auront particulièrement un impact sur les recette fiscales. D’après les estimations de Belfius, les ajustements budgétaires entraîneront une détérioration du solde budgétaire des communes wallonnes de l’ordre de 45 à 166 millions d’euros, sur un budget initial de 73,1 millions, soit un budget en boni de 20 millions d’euros dans le meilleur scénario et en déficit de 92,6 millions dans le pire (celui d’une deuxième vague aussi violente). Les communes du sud du pays disposant de réserves de l’ordre de 300 millions d’euros, elles pourront encaisser le choc.

À Bruxelles, les communes partaient déjà avec un budget initial négatif de 2,5 millions d’euros. Les ajustements le feraient plonger, dans le meilleur scénario, à -49,1 millions d’euros, et dans le pire, à -100,5 millions d’euros. Les 19 communes disposaient elles aussi de réserve, d’environ 200 millions d’euros.

Il s’agit ici des effets à court terme influençant directement le budget 2020. Des effets collatéraux sur l’activité économique tels que le chômage temporaire, les faillites et pertes d’emplois auront eux un impact principalement en 2021 et 2022 qui se traduira par un «affaiblissement des bases imposables et par l’accroissement des charges d’aide sociale», relève Belfius.

Mais, la véritable épée de Damoclès qui pèse sur les pouvoirs locaux, c’est la charge des pensions des fonctionnaires, rappelle la banque. «Selon les projections de l’Office des Pensions réalisées en 2019, la cotisation de responsabilisation (qui s’ajoute aux cotisations de base, elles-mêmes déjà majorées) à charge de l’ensemble des communes, provinces et CPAS wallons devrait passer à 115 millions d’euros en 2018 à près de 290 millions en 2024.» La problématique est en cours d’analyse dans le cadre de la Task force Finances locales du gouvernement wallon, mais «le choc budgétaire» pour les autres niveaux de pouvoir (bien plus sensibles à la conjoncture que les villes et communes) «ne facilitera pas la recherche d’une solution», prévient la banque.