MONS

Meurtre de Jean-François Willems: pour la défense, c’est une bagarre qui a mal tourné

Meurtre de Jean-François Willems: pour la défense, c’est une bagarre qui a mal tourné

Ahmed Smaili est est accusé du meurtre de Jean-François Willems. BELGA

Me Nathalie Gallant a plaidé, jeudi matin, les coups et blessures ayant entrainé la mort sans intention de la donner, devant la cour d’assises du Hainaut.

Son client, Ahmed Smaili, est accusé du meurtre de Jean-François Willems, faits perpétrés le 25 juin 2018 sur la place Léopold à Mons.

L’avocate bruxelloise est revenue sur la personnalité de son client, qualifié de «narcissique» par les experts en santé mentale. «On est tous un peu narcissique, surtout nous, les avocats pénalistes. Le narcissisme sert aussi à effacer le côté dépressif d’un individu». Il a été raconté par les témoins que l’accusé a connu des périodes dépressives dans son existence.

Le narcissisme sert aussi à effacer le côté dépressif d’un individu.

Pour sa défense, Ahmed Smaili a noyé sa tristesse dans l’alcool, le 25 juin 2018, en buvant neuf bières à La Table Ronde puis au café Léopold car il n’a pas l’esprit belliqueux. Il s’est mis à draguer lourdement la serveuse de la Table Ronde, obligeant des clients du café Léopold à intervenir pour éloigner l’accusé. Jean-François Willems l’a chassé du café et une rixe a eu lieu à proximité d’un abri de bus.

Une fouille de 67 secondes dans le sac de l’accusé

L’accusé a fouillé dans son sac durant soixante-sept secondes. Pour la défense, il y avait plusieurs objets dans ce sac, un vrai foutoir, et il n’est pas impossible qu’il cherchât son briquet et pas un couteau.

Selon Me Galant, Ahmed Smaili a dit la vérité dans son premier interrogatoire, déclarant qu’il avait un couteau en main pour tenter de faire fuir Jean-François qui le poussait, «les images enregistrées par la caméra de surveillance du café Léopold le démontrent». Elle détaille ces images, déclarant que son client a perdu ses lunettes en reculant, en étant oppressé par la victime. L’accusé aurait donc agi de manière instinctive.

D’arpès elle, il n’est pas impossible que Jean-François, garçon réputé calme, soit sorti de ses gonds. «Ahmed a reçu des coups au niveau du nez, de la tempe, après la perte de ses lunettes, et il a été blessé à la main gauche, pas celle avec laquelle il tenait le couteau».

Jean-François, quant à lui, était grièvement blessé. La défense note que le médecin légiste n’a relevé aucune trace de coups sur le côté droit du cou de la victime.

Pas d’intention morale de tuer?

Pour la défense, ce n’est pas un meurtre mais une bagarre qui a mal tourné. Après les faits, la défense note que l’accusé était paniqué et désorienté quand il a demandé à un automobiliste d’appeler la police.

Enfin, la défense considère que l’intention morale de tuer n’existe pas dans ce dossier. «Ahmed Smaili reçoit les premiers coups alors qu’il n’a plus les lunettes, il est stressé, sa main gauche est bloquée, il sort son couteau et n’utilise pas tout de suite, il frappe vite, à l’aveugle. Il a fermé les yeux sous l’effet de la panique mais aussi parce qu’il a peur de perdre son œil comme en 2015, lors d’une agression subie au Doudou. Jean-François s’enfuit, il ne le poursuit pas pour l’achever, il fuit, il ne jette pas le couteau et arrête un automobiliste».

Après les répliques, le jury ira débattre sur la culpabilité.