GÉNÉRATIONS SOLIDAIRES

VIDÉO | Institut technique Cardinal Mercier: de l’aide concrète pour raccrocher les élèves à l’école

VIDÉO | Institut technique Cardinal Mercier: de l’aide concrète pour raccrocher les élèves à l’école

À la différence d’autres écoles, tout est préparé pendant le temps libre des élèves et des enseignants et pas dans le cadre de travaux pratiques. D.R.

Durant leur temps libre, les élèves de l’institut Cardinal Mercier aident des associations, le dimanche matin, avec l’aide de quatre enseignants «facilitateurs».

«Nous avions déjà mené des projets solidaires au sein de l’école qui avaient connu beaucoup de succès. Mais nous savions que les élèves étaient demandeurs de pouvoir s’investir et agir dans la société. Comme beaucoup d’enseignants sont actifs dans l’associatif en dehors de l’école, c’était l’occasion que jeunes et adultes se rencontrent autour d’un projet commun», explique Marie-Ange Veyckemans, enseignante en classe DASPA (dispositif d’accueil des primo-arrivants) à l’institut Cardinal Mercier.

Tout a commencé en octobre dernier. Une séance d’information a débouché sur la mise en place d’un point Croix-Rouge dans l’école. Une trentaine d’élèves ont réfléchi en sous-groupes. Ainsi est né le projet «Les petits ruisseaux font les grandes rivières», porté par des élèves de 4e et 6e années secondaires et quatre enseignants qui se définissent comme des facilitateurs.

À la différence d’autres écoles, tout est préparé pendant le temps libre des élèves et des enseignants et pas dans le cadre de travaux pratiques.

Chaque dimanche matin, de l’aide aux sans-abri

Une dizaine d’élèves se sont retrouvés chaque dimanche matin pour aider DoucheFlux à Bruxelles: faire les lessives, gérer les sacs de linge et distribuer des vêtements et chaussures à un public sans-abri. «Nous avons trouvé que les élèves étaient efficaces, respectueux, agréables et jamais dégoûtés, confie Marie-Ange Veyckemans. C’est une fierté pour nous d’emmener nos élèves travailler à l’extérieur. C’est impressionnant de voir ces adolescents se lever tôt le dimanche matin et prendre leur tâche très au sérieux. C’est tout le contraire de l’image des ados mous, qui n’ont envie de rien.»

Certains élèves ont aussi cousu des trousses de toilette pour des associations comme Bruzelles (distribution de protections hygiéniques).

Enfin, d’autres élèves ont organisé des récoltes dans des supermarchés. Cette récolte sera bientôt redistribuée aux migrants et aux SDF.

«Beaucoup d’élèves sont arrivés en Belgique récemment. Ce projet leur permet de passer d’un sentiment de dépendance aux autres à la contribution au bien-être commun. Le projet leur offre un espace de responsabilisation et d’autonomie.» Et les raccroche à l’école au travers de liens plus forts avec leurs enseignants.

«Le projet se poursuivra donc dès septembre puisque nous touchons plusieurs générations d’élèves. Nous ne doutons pas que les élèves de quatrième seront dans les années ultérieures de formidables tuteurs pour ceux qui voudront rejoindre le projet.»

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D.R.
L’école a organisé des colis alimentaires pour les familles

Pendant le confinement, les élèves tenaient absolument à continuer d’aider.

Les enseignants se sont inquiétés du risque de précarité accrue des familles fragilisées parce qu’elles se retrouvaient sans travail, donc sans revenu. Les enseignants ont appelé les élèves pour connaître leurs besoins. Les enseignants ont récolté des dons alimentaires pour préparer des colis alimentaires pour une semaine par famille. «Pendant neuf semaines, nous avons géré une énorme logistique au départ de l’école.»

Les élèves majeurs ont recommencé le bénévolat. Ils ont aidé à préparer des repas et à les distribuer aux personnes dans la rue, au Quai des Péniches à Bruxelles. Les autres élèves devraient pouvoir revenir à DoucheFlux en tenant compte des mesures sanitaires.