GÉNÉRATIONS SOLIDAIRES

VIDEO | Collège Saint André: quand les jeunes s’adressent aux jeunes pour parler du harcèlement

Des élèves du collège Saint-André d’Auvelais ont improvisé des scènes sur le harcèlement et travaillé avec l’équipe artistique du Brocoli Théâtre afin d’écrire le spectacle «Brut(es) de décoffrage».

«Ce qui est innovant, c’est de faire jouer des jeunes pour d’autres jeunes. Des spectacles de prévention, il en existe beaucoup, mais joués par des comédiens professionnels adultes, ce qui crée tout de même une distance entre acteurs et spectateurs. Ici, ce n’est pas le cas. L’identification est facile, les échanges sans barrière. La réalité présentée sur scène est commune à mes jeunes comédiens et aux spectateurs.»

Professeur au collège Saint-André d’Auvelais dans le Namurois, depuis 25 ans, Michel Nolevaux garde intacte cette capacité de porter ses élèves de la section Arts d’expression en leur donnant la parole. Les élèves ont, tout d’abord, rencontré à Bruxelles des associations travaillant sur la problématique du harcèlement. «Plusieurs élèves m’ont raconté avoir vécu personnellement des situations de harcèlement. Toute cette souffrance et la nécessité de la surmonter m’ont beaucoup touché.» Les élèves ont alors imaginé différents tableaux liés au harcèlement en rue, dans la famille, à l’école, au travail et sur les réseaux sociaux. Ensuite, le metteur en scène du Brocoli Théâtre, Gennaro Pitisci est venu en classe travailler la mise en scène.

Des séquences vidéo pour des animations en classe

En deux ans, 25 élèves de 5e et 6e années secondaires de l’option Arts d’expression ont conçu puis joué le spectacle Brut(es) de décoffrage. Le principe? Chaque représentation de 45 minutes est suivie d’un débat entre les jeunes acteurs, le public et des associations partenaires. «Les jeunes ont gagné en maturité en se confrontant au public et en échangeant avec des adultes et des jeunes lors des débats», se réjouit Michel Nolevaux. Le spectacle a déjà été applaudi par plusieurs centaines de jeunes à Bruxelles et à Sambreville (à l’école mais aussi au Centre culturel). Et est proposé à d’autres écoles. «Il s’agit de remonter une nouvelle équipe l’année prochaine.»

Le collège Saint-André d’Auvelais et le Brocoli Théâtre travaillent en partenariat avec l’AMO (service d’aide aux jeunes) de la Basse-Sambre, le planning familial de Sambreville et des associations de lutte contre le harcèlement à Bruxelles.

L’AMO Basse-Sambre leur a proposé un prolongement du spectacle: adapter des scènes pour les jouer et les filmer pour de courtes vidéos qui serviraient de support aux animations de l’AMO et du planning familial contre le harcèlement. Un des élèves a déjà filmé et monté une séquence.

Et Michel Nolevaux de conclure: «Le théâtre peut-il faire des miracles? Vaste question. En tout cas, les retours du public et des professionnels sont très positifs. Nous souhaitons toucher le plus grand nombre de jeunes et faire réfléchir et changer les comportements sur une problématique vraiment inquiétante. Les jeunes ont plein de ressources qui ne demandent qu’à être exploitées.»

 

Une nouvelle équipe dès septembre

«Nous avions prévu de jouer “Brut(es) de décoffrage” en mai au collège Saint-André à Auvelais. Le Centre culturel de Woluwe (Bruxelles) nous a aussi invités à jouer en novembre prochain. L’école étant fermée avec la crise sanitaire, le projet reprendra dès septembre 2020.»

Michel Nolevaux souhaite aussi poursuivre ce qui avait été demandé par ses élèves: aller jouer dans une école de Jumet très secouée par le suicide d’une élève. «Ce sont mes élèves qui l’ont proposé. J’ai déjà rencontré le directeur de l’école de Jumet et nous cherchions une salle adéquate à Jumet. Les élèves et moi sommes impatients de reprendre ensemble!»