GÉNÉRATIONS SOLIDAIRES

École des devoirs Les Zolos: des cercles de parole entre enfants et personnes âgées

École des devoirs Les Zolos: des cercles de parole entre enfants et personnes âgées

Un mercredi sur deux, les enfants traversent la rue pour retrouver les résidents du home Dejaifve. Thitroll

Les Zolos planchent sur un spectacle de théâtre entre les enfants de l’école des devoirs et les résidents du home voisin.

«Notre marque de fabrique, c’est donner la parole aux jeunes en leur proposant des cercles de parole avec les personnes âgées du home voisin», explique d’emblée Sylvianne Piefort, la coordinatrice de l’école des devoirs les Zolos. Les Zolos accueillent une trentaine d’enfants de 6 à 12 ans de Fosses-la-Ville. Un mercredi sur deux, les enfants traversent la rue pour retrouver les résidents du home Dejaifve, en compagnie de Sylvianne Piefort et d’Esteban Lebron-Ruiz. Celui-ci travaille à l’AMO Basse-Sambre (service d’aide aux jeunes) à Sambreville.

Sur base des ressentis exprimés lors des cercles de parole, les enfants inventent des scènes à partir d’improvisations. «Il n’y a pas de texte à mémoriser. À force de répétitions, les enfants se rappellent ce qui a été imaginé ensemble. Et ils aident les résidents à entrer et à sortir de scène au bon moment!» Dès septembre, les enfants des Zolos plancheront sur un nouveau spectacle autour du harcèlement baptisé Arrêtons de tirer les ficelles. «La question du harcèlement vient des enfants, précise Esteban. Ils souffrent de ne pas être, parfois, suffisamment écoutés et soutenus à l’école ou à la maison. Lors de nos visites, nous avons constaté à quel point les résidents ont, eux aussi, besoin de s’exprimer par rapport à ce qu’ils vivent au home. Le simple fait de s’exprimer diminue les conflits.»

«Je me rends compte que je sers à quelque chose» (Myriam)

Des marionnettes seront fabriquées par les enfants et les seniors pour faire dire aux marionnettes ce qui est difficile à exprimer directement. «Grâce aux cercles de paroles intergénérationnels, ce projet apportera aux enfants et aux résidents un espace cadré et sécurisant où ils pourront déposer leurs ressentis et leurs émotions et trouver ensemble des solutions par rapport au harcèlement et à la violence qu’ils vivent quotidiennement», poursuit Sylvianne Piefort. Il s’agit de renforcer l’entraide et l’estime de soi des enfants et des résidents. Et comme le confiait Myriam une résidente du home à Hugo, un enfant des Zolos: «Je me sens beaucoup mieux dans ma peau, je me rends compte que je sers à quelque chose, que je peux faire rire les gens, raconter des histoires. J’ai une meilleure image de moi-même. Et puis, Thierry (mon partenaire à la scène) et moi sommes devenus amis maintenant. On mange ensemble à la table des compagnons. On se sent épaulés.»

Au terme de l’année scolaire prochaine, les Zolos organiseront une représentation au home et quatre représentations ouvertes au grand public dans une salle communale. Mais d’ici là, les enfants de l’école des devoirs Les Zolos, en stage cet été dans le petit village de Sart-Eustache, se feront chanteurs, livreurs de fleurs ou chuchoteurs de mots doux pour délivrer les messages demandés par les villageois.

Nous sommes impatients de retourner au home

École des devoirs Les Zolos: des cercles de parole entre enfants et personnes âgées
D.R.

«Nous avons gardé le contact avec les enfants et les parents par vidéo et par téléphone. Nous avons écrit à nos amis du home. Et nous avons planché sur l’après-confinement, confie Sylvianne Piefort.

Nous sommes impatients de reprendre. Avant de commencer les stages, nous aimerions proposer des cercles de parole ouverts aux enfants pour exprimer leurs ressentis après le confinement.»

Pour Esteban Lebron-Ruiz, alors que le travail au sein de l’AMO Basse-Sambre a repris son rythme: «Nous tenons à ce que les enfants puissent s’exprimer sur cette période qui les inquiète énormément.

Et à retourner au home, dès que cela sera permis, même si nous devons discuter avec les personnes âgées par une fenêtre ouverte. Le home Dejaifve s’est équipé pour communiquer. Il devrait être possible de se rencontrer avec les personnes âgées dehors.»