GÉNÉRATIONS SOLIDAIRES

Live in Color: parrainer des jeunes réfugiés et créer des échanges réciproques

Live in Color: parrainer des jeunes réfugiés et créer des échanges réciproques

«Grâce aux parrainages, nous souhaitons offrir aux jeunes réfugiés un soutien tant moral qu’affectif dans leurs démarches et dans leur installation en région liégeoise.» Somwaya - stock.adobe.com

Live in Color à Liège organise un programme de parrainage pour faciliter l’intégration de jeunes réfugiés dans la société belge mais aussi des enfants en famille.

«Nous accueillons notre filleul afghan deux fois par semaine. Les échanges avec lui sont juste magiques, témoigne un parrain liégeois ravi. Nous aussi, on apprend beaucoup dans cette histoire. C’est humain!»

Lorsqu’elle crée Live in Color il y a cinq ans, Nadine Lino part d’un double constat qui se rejoint: «De plus en plus de mineurs étrangers non accompagnés (MENA) ou de jeunes adultes arrivent sur le territoire belge, seuls avec un vrai manque de lien personnel affectif, ce qui entraîne détresse et solitude. Et j’ai été interpellée par notre sentiment d’impuissance face à la situation et par l’essor des initiatives citoyennes, de personnes qui ont envie de s’investir concrètement.» Elle a donc mis en place, il y a trois ans, un programme de parrainage. «Grâce aux parrainages, nous souhaitons offrir aux jeunes réfugiés un soutien tant moral qu’affectif dans leurs démarches et dans leur installation en région liégeoise. Nous voulons aussi lutter activement contre les préjugés qui circulent autour de la migration et des migrants.»

134 marraines et parrains liégeois

La première séance d’information a sensibilisé près de 100 personnes. En 2019, Live in Color comptait 134 marraines et parrains de la province de Liège (jusqu’à Eupen) et, en tout, 121 filleuls dont 27 MENA, 56 jeunes de moins de 23 ans et 38 enfants en famille. Concrètement, les familles accueillent les jeunes au minimum trois fois par mois et leur présentent leur réseau social. «C’est souvent la première relation personnelle en Belgique en dehors des contacts avec les travailleurs sociaux. Nous voulons leur faire découvrir la vie en Belgique de l’intérieur.»

Live in Color leur propose des cours de français, un suivi scolaire, des formations, des activités. Les jeunes parrainés sont âgés de 6 à 23 ans. «Nous parrainons des jeunes de moins de 23 ans et des enfants en famille et nous accompagnons toute la famille dans le processus d’intégration et ses étapes (apprentissage du français, insertion socioprofessionnelle, accompagnement scolaire…)», explique Nadine Lino. Les jeunes qui ont fui la guerre en Afghanistan, en Irak, en Syrie, en Iran, en Palestine sont logés en centres d’accueil ou en appartement supervisé. Tous ont été scolarisés en Belgique. Plusieurs d’entre eux ont trouvé du travail.

«Je n’ai pas eu le choix. J’ai dû quitter mon pays à l’âge de 14 ans à cause de la guerre, raconte l’un d’entre eux. Ma ville était détruite. Quand je suis arrivé en Belgique, je ne connaissais personne. Je ne parlais pas français. Je suis allé à l’école. J’ai appris le métier d’électricien et mon patron me fait confiance.»

Et Nadine Lino de conclure: «Ils ne sont pas ici pour profiter d’un système. Ils veulent faire partie d’un élan économique en travaillant en Belgique. Nous leur offrons un réseau autour d’eux.»

d’un système. Ils veulent faire partie d’un élan économique en travaillant en Belgique. Nous leur offrons un réseau autour d’eux.»

 

À situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles

Live in Color: parrainer des jeunes réfugiés et créer des échanges réciproques
D.R.
«Pendant le confinement, nous avons continué d’accompagner et de soutenir nos filleul(e)s et leurs familles en vidéoconférence pour le suivi administratif et social mais aussi le suivi juridique, explique Nadine Lino.

Nous avons dû intervenir dans de nombreuses situations d’urgences Covid par des chèques alimentaires et de l’aide urgente pour les revenus insuffisants ou en suspens mais aussi des suivis psychologiques. Deux de nos jeunes, couturiers au pays, ont confectionné des masques dans le respect des normes. Ceux-ci ont été distribués gratuitement aux filleul(e)s qui en ont fait la demande.

Grâce à la solidarité et à l’aide d’Oxfam, nous avons pu équiper nos jeunes d’ordinateurs et smartphones, leur permettant de garder le contact virtuel avec leurs parrains/marraines, de travailler pour l’école. La plupart de nos jeunes étaient confinés seuls dans un studio de 15 m2.»