GÉNÉRATIONS SOLIDAIRES

Or’Normes: créer des emplois gratifiants pour des jeunes porteurs de handicap

Or’Normes: créer des emplois gratifiants pour des jeunes porteurs de handicap

Ces jeunes sortent notamment d’écoles spécialisées dans la région (à Bastogne, Barvaux, Rencheux, Stoumont) ou sont demandeurs d’emploi. D.R.

L’ASBL Or’Normes veut créer des emplois gratifiants pour des personnes atteintes de handicap mental et physique. En proposant notamment de cultiver un potager solidaire à Manhay, à destination des habitants.

Il y a 4 ans, Jean-François Servais apprend que sa fille, Sara (12 ans), est diagnostiquée autiste asperger. «J’ai donc décidé de suivre des formations afin d’en apprendre plus sur les personnes atteintes de handicap. J’ai travaillé en collaboration avec une entreprise de travail adapté.»

Entrepreneur en aménagement de jardins, il mobilise des amis horticulteurs, maraîchers et travailleurs sociaux dans le secteur du handicap pour concrétiser son objectif: créer des emplois gratifiants pour des jeunes porteurs d’un handicap physique, mental ou d’une maladie chronique. Ces jeunes sortent notamment d’écoles spécialisées dans la région (à Bastogne, Barvaux, Rencheux, Stoumont) ou sont demandeurs d’emploi.

En mars dernier, les volontaires créent l’ASBL Or’Normes. Ils se lancent alors dans la création d’un potager solidaire sur un terrain situé à Harre, dans la commune de Manhay, à la croisée de plusieurs villages de la province de Luxembourg. «Nous voulons faire profiter les personnes âgées des villages de nos récoltes. La population est vieillissante et il reste peu de commerces de proximité dans la région. Il s’agit de travailler la terre ensemble et de former les jeunes porteurs de handicap à l’horticulture, à la sylviculture et au maraîchage.» Dans un second temps, les produits frais récoltés seront vendus en circuit court aux habitants des villages le samedi matin au potager.

Des engagements de jeunes dès septembre

Si l’ASBL vient d’être lancée, l’équipe s’est donné des objectifs ambitieux: former 10 jeunes au minimum et tenter d’engager déjà deux ou trois jeunes dès septembre. «Nous voulons adapter le travail à leur handicap et non le contraire.» Jean-François Servais est donc en contact avec l’AVIQ pour négocier des contrats d’adaptation professionnelle (CAP) avec un salaire à la clé pour les jeunes.

« Ce projet, j’y ai mis tout mon cœur, confie, ému, Jean-François Servais. Je veux que le regard sur le handicap change, que chacun puisse dépasser ses peurs. Et que ces jeunes puissent avoir la chance d’avoir un emploi valorisant comme tout le monde.»

Après avoir investi sur fonds propres dans l’achat d’une serre, la jeune ASBL cherche à s’équiper: outils de jardin mais aussi des vélos à assistance électrique pour effectuer les livraisons chez les personnes âgées qui seront plus qu’utiles. «C’est un peu vallonné par chez nous, donc le vélo électrique c’est mieux mais cela vaut la peine de venir nous rendre visite!»

 

Près de 600 légumes semés en trois jours

Or’Normes: créer des emplois gratifiants pour des jeunes porteurs de handicap
D.R.
«Avec la crise sanitaire, nous ne pouvions plus proposer aux jeunes porteurs de handicap de venir travailler la terre, explique Jean-François Servais. Quand nous avons pu sortir peu à peu du confinement, nous avons réuni une bonne dizaine de bénévoles, en nous équipant de masques et de gel hydroalcoolique, et nous avons semé 550 légumes en trois jours!»

Si le premier souper pour récolter des dons a été supprimé en mai, la petite équipe de Or’Normes n’a pas cessé d’avancer sur le projet en poursuivant les démarches auprès de l’Afsca notamment.

Le petit groupe de bénévoles fourmille d’idées: développer des services de petits entretiens chez des personnes précarisées. Impliquer les écoles des villages en proposant des ateliers au potager.

Mais aussi, à terme, aménager des promenades en caillebotis dans les bois pour les personnes à mobilité réduite, les personnes aveugles…

asbl.or.normes@gmail.com