GÉNÉRATIONS SOLIDAIRE

VIDÉO | AMO Mic-Ados: accéder à un logement en étant accompagné

VIDÉO | AMO Mic-Ados: accéder à un logement en étant accompagné

L’objectif de Mic-Ados est de permettre aux jeunes plus vulnérables d’accéder à un logement supervisé tout en étant accompagnés. D.R.

Hargi’Jeunes permet à des jeunes de 16 à 22 ans de devenir autonomes. Ils sont soutenus par l’équipe du service d’aide aux jeunes, l’AMO Mic-ados, en collaboration avec l’Agence immobilière sociale.

«Je me sens écoutée et aidée par les éducateurs de l’AMO. Ils m’ont redonné confiance en moi.» Nina a 21 ans et est épaulée par l’AMO Mic-Ados (service d’aide aux jeunes) depuis 3 ans. Cette jeune fille a la voix douce se bat pour s’en sortir. «Marie et Charlotte de l’AMO m’ont aidée au début pour de l’orientation scolaire et pour les relations qui étaient difficiles avec mes parents mais aussi pour mes troubles de l’alimentation. Quand j’ai été hospitalisée pendant trois mois à cause de l’anorexie, elles sont venues me voir et elles m’aident pour le suivi médical, psychologique et à me trouver un nouveau projet.» Nina vit désormais dans un logement communautaire à Hargimont, près de Marche-en-Famenne dans le Luxembourg depuis près d’un an.

«Notre objectif est de permettre aux jeunes plus vulnérables d’accéder à un logement supervisé tout en étant accompagnés. Les douze jeunes accompagnés dans la mise en autonomie – dont sept à Hargimont – sont des jeunes abîmés par la vie qui ont besoin de se poser (tensions familiales importantes, décrochage scolaire, enfants ayant grandi en institutions). Quatre d’entre eux vivaient dans la rue», explique Valérie-Anne Adam, la directrice de Mic-Ados.

Le jeune doit se mobiliser et payer un petit loyer. Le bail est signé entre le jeune, l’AMO et l’Agence immobilière sociale.

«Le logement, c’est la base pour construire un projet qui a du sens, étape par étape (raccrochage scolaire, recherche d’une formation ou d’un emploi), précise Charlotte Descamps, responsable du projet Hargi’Jeunes. Une fois par semaine, nous accompagnons les jeunes faire les courses. Chacun vit en kot mais les espaces communs sont partagés. Nous organisons des activités collectives pour favoriser la cohésion du groupe, des ateliers sportifs et de cuisine.»

Reconstruire un réseau soutenant et stable

Hargi’Jeunes permet donc de soutenir le jeune dans son apprentissage de l’autonomie (affective, administrative) et de la gestion d’un logement. «Ce projet encourage la création de lien entre eux mais aussi vers l’extérieur avec la (re)construction d’un réseau. La distance mise permet aussi de renouer plus positivement avec la famille. Une vraie dynamique positive est en route. Les jeunes partagent beaucoup de moments ensemble, veillent les uns sur les autres. Ce projet vient donc combler un vide dans l’accueil des jeunes presque majeurs. Les AMO viennent d’avoir la possibilité d’étendre leur intervention jusqu’à 22 ans pour travailler ce passage de la majorité et tenter d’enrayer les cercles vicieux.»

Le projet commence à se faire connaître au-delà de Marche, notamment pour ce partenariat innovant avec l’AIS et le CPAS. Un projet plus qu’exemplaire pour lutter contre la précarité sociale!

Les liens se sont renforcés entre les jeunes

«Pendant le confinement, le travail de suivi avec les jeunes a continué, précise Charlotte Descamps. Nous allions à Hargimont, un jour sur deux. Au sein du logement communautaire, une énergie au sein du projet s’est créée, une impulsion positive.» Les jeunes se sont serré les coudes.

«Nous avons également créé un groupe privé sur Facebook avec tous les jeunes en autonomie où nous lancions des petits défis. Nous avons également donné des séances de sport à distance. C’était un moyen de garder le contact avec eux mais aussi entre eux», ajoute la directrice, Valérie-Anne Adam. Quant aux autres jeunes qu’accompagne l’AMO Mic-Ados, «nous avons repris les permanences au sein de l’AMO dès que possible et nous lancions aux jeunes un défi par jour sur la page Facebook. Nous prenions des nouvelles surtout des familles plus précarisées».