KAIN

PHOTOS | Le sentier du Bédeau doit rester ouvert à Kain

Pour les vieux du village, c’est le chemin du Bédeau… entre les rues Van Spitael et de la Résistance. Un riverain l’a fermé d’autorité. Il doit le rouvrir sans délai.

Gros émoi à Kain-centre et dans le monde des marcheurs en général. Le week-end dernier, un riverain a fermé un sentier exclusivement pédestre à hauteur de la rue de la Résistance, le mettant ainsi en impasse depuis la rue Van Spitael. C’est d’autant plus inconcevable que ce sentier est l’unique accès à quelques maisons numérotées rue Van Spitael, mais ne donnant pas sur la voirie carrossable portant ce nom.

Ce sentier que les anciens appelaient «le sentier du Bédeau» passe derrière l’école… et le bureau de police. Il offre une vue magnifique sur le mont Saint-Aubert. Il est régulièrement emprunté par nombre de marcheurs. Et comme si ça ne suffisait pas, ce sentier GR (P) figure sur le topo-guide de Wallonie picarde qui doit bientôt être publié.

Propriétaire? Mais encore…

Selon les gens du coin, l’homme qui a placé des grilles habite là depuis des années et se dirait «propriétaire» de la section du sentier qu’il vient d’interdire au passage. C’est probable qu’il le soit (Pascal D, le riverain, a refusé de nous parler), mais à l’évidence, ça ne lui donne pas le droit de fermer un sentier centenaire. Sur l’atlas de référence (1841), même s’il est «innommé», c’était d’ailleurs plus qu’un sentier, il avait la largeur d’un véritable chemin.

Sous les 48 heures

Michel Richard, d’Itinéraires Wallonie, est le M. Sentiers de notre région. Il s’est rendu sur place mardi dernier: «Des problèmes de sentiers, on m’en signale deux par semaine. Ici c’est quand même un cas exemplaire. Il n’y a pas à discuter.»

La police, voisine, a noté les faits. Le service juridique de la Ville a pris le dossier en urgence. L’échevine du développement rural Caroline Mitri (justement, de Kain) était disposée à tenter de raisonner le riverain à l’amiable ce vendredi.

Mais non content d’avoir fermé le sentier, l’homme a aussi recouvert des panneaux de signalisation posés par la Ville (ou plutôt la Commune de Kain avant 1976). Manifestement, le bourgmestre Paul-Olivier Delannois a décidé d’accélérer le tempo.

Nous avions entendu dire que le riverain aurait sans doute 40 jours pour retirer ses «aménagements»… Le bourgmestre lui donne 48 h (à compter de la réception de sa missive).

Il explique que l’infraction est passible d’une amende de 50 à 10 000€ et note en gras «Nous vous mettons en demeure d’ôter sans délai toutes les entraves que vous avez posées à l’entrée dudit sentier. À défaut pour vous de rétablir l’accès audit sentier dans les 48 h de la réception de la présente, nous procéderons au retrait des dispositifs litigieux à vos entiers frais, risques et périls.»