WODECQ

Des noms d’oiseaux, pour le plaisir

Troglodytes mignons, hirondelles rustiques et autres peuplent les granges de la ferme. Ce sont désormais aussi les noms des gîtes de Quatre-Chemins à Wodecq.

Voici une vingtaine d’années, Olivier Père et Laurence Schamp ont acheté une ferme à restaurer. Du corps de logis, ils ont fait leur habitation, et, par la suite, dans ce qui servait d’étables, ils ont conçu deux gîtes de haute qualité. Le premier, le troglodyte mignon (3 pers), a ouvert en 2015, le second, l’hirondelle rustique (6 pers max.), en fin 2018. On peut parler de gîtes de charme en milieu rural.

Récup à l’extérieur, contemporain à l’intérieur

Pour la maison comme pour les gîtes, Laurence et Olivier ont restitué l’apparence d’origine. Par contre, à l’intérieur des gîtes, ils ont opté pour des lignes contemporaines, un hyperéquipement, un confort maximum. «Autant on a fait de la récupération de matériaux pour l’extérieur, autant on l’a évitée à l’intérieur. On ne voulait rien qui puisse faire vieillot ou bon marché.»

Particularité de leurs chantiers, ils les ont menés par eux-mêmes. Olivier, 50 ans cette année, a la bonne humeur autant que l’énergie inépuisables. Ce commercial pour différentes concessions de matériel industriel et agricole a été initié aux techniques de la construction dès son enfance par un oncle très bricoleur. Et comme Olivier a un réseau d’amis et de connaissances dans tous les corps de métier à la mesure de sa bonhomie, les choses ont été rondement menées.

Il n’a pas dû aller loin pour recruter puisque son fils aîné, Thomas, aujourd’hui menuisier-charpentier, a effectué ses stages sur les gîtes. «On a démonté les murs, assemblé une ossature bois (préfabriquée), remonté les murs extérieurs, replacé un maximum d’anciennes tuiles…» Avec isolation à l’avenant, ventilation double flux, etc.

Quant à Laurence, qui avait travaillé dans la déco avant de passer au secteur bancaire, elle a évidemment pris les choses en mains pour les intérieurs.

Des bâtisseurs et des oiseaux

Les trois autres enfants (Camille, Perrine, Louis) ont aussi été mis à contribution en fonction de leurs goûts et de leurs aptitudes. Les joies du travail en famille, avec de temps à autre, un coup de main (grand-)paternel en sus. Et des leçons de choses: «Ce qui est intéressant ici, c’est qu’on n’a pas transformé des étables en gîtes, raconte Olivier avec gourmandise. En fait, on a redonné une fonction de logement à un bâtiment qui était au départ une maison séparée de la ferme et qui a par la suite été englobé et reconditionné en étable. […] Lors des travaux, on a été très sensibles à l’isolation énergétique et phonique, avec les matériaux d’aujourd’hui. Mais dans le fond, on n’a rien inventé…» Il se lance tel un archéologue du bâti dans la description, pièce par pièce, de la demeure d’avant 1850… La grange d’un côté, l’étable de l’autre, le fenil par-dessus, les deux pièces de vie encadrant une cheminée unique… Intarissable.

Et ces fameux noms d’oiseaux alors? «Ce sont les oiseaux d’ici. On s’est même arrêtés plusieurs mois, en tout cas, on a fait autre chose, parce que des troglodytes mignons nichaient dans le mur. C’est pas des blagues, on a attendu l’automne pour continuer. Depuis, ils se sont réinstallés dans notre grange, et un autre couple a colonisé un nid d’hirondelles à l’abandon. On a bien dix espèces différentes qui nichent chez nous.»