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PHOTOS | «La santé en lutte»: des centaines de manifestants tournent le dos aux autorités

Quelque 200 manifestants, la plupart actifs dans les soins de santé, ont protesté dimanche au cabinet de Maggie De Block, à Bruxelles, pour exprimer leur colère contre le sous-financement du secteur. Des rassemblements similaires ont eu lieu à Charleroi, Liège et Namur.

Quelque 200 manifestants, la plupart actifs dans les soins de santé, ont protesté dimanche le dos tourné au cabinet de la ministre de tutelle Maggie De Block, à Bruxelles, pour exprimer leur colère contre le sous-financement du secteur.

Rassemblés en début d’après-midi au pied de la tour des Finances à l’appel du collectif «La santé en lutte», les travailleurs du secteur des soins étaient reconnaissables à leur tenue de travail. Soutenus par des sympathisants, ils agitaient des pancartes, clamant «le gouvernement compte ses sous, nous comptons les morts» ou encore «Maggie tue les soins».

«Le secteur des soins de santé pâtit depuis des années d’un sous-financement qui s’est révélé plus flagrant encore pendant la crise sanitaire liée au Covid-19. A certains moments, nous devions choisir qui allait porter un masque et qui pas. Le personnel des soins de santé et les personnes vulnérables ont été complètement oubliés», estime Stephen, jeune soignant, parmi les manifestants.

Le gouvernement a mis les soignants et la population en danger

«Le gouvernement a mis les soignants et la population en danger. Nous appelons tous ceux qui le souhaitent à nous rejoindre pour une plus grande manifestation le 13 septembre en soutien au secteur. Nous espérons y voir des milliers de personnes», ajoute-t-il.

Une centaine de personnes protestent à Charleroi

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Une centaine de personnes, rassemblées à l’initiative du collectif «La santé en lutte», ont protesté dimanche devant le ministère des Finances à Charleroi, pour dénoncer le sous-financement du secteur des soins de santé. Les participants, travailleurs des soins pour la plupart, ont formé une haie de déshonneur, tournant le dos de manière symbolique à la politique du gouvernement.

Une centaine de participants se sont réunis dimanche en début d’après-midi devant le ministère des Finances, rue Jean Monnet à Charleroi.

L’appel à manifester, lancé simultanément à Namur, Bruxelles, Liège et Charleroi par le collectif «La santé en lutte», visait à exprimer la colère des soignants contre la gestion de la crise sanitaire due au Covid-19 par le gouvernement fédéral.

L’Etat a laissé mourir nos ainés dans des conditions inhumaines.

«La Première ministre Sophie Wilmès ose dire qu’elle écoute et comprend la souffrance du personnel soignant après avoir amputé le budget de la santé de 900 millions d’euros. L’Etat a laissé mourir nos ainés dans des conditions inhumaines. Nous sommes en colère contre la gestion de cette crise et la mise en danger des travailleurs de première ligne», avance le collectif, qui n’exclut pas d’autres actions dans le futur.

Une centaine de personnes pour la «haie de déshonneur» à Liège

Une centaine de personnes, principalement des soignants, se sont rassemblées dimanche après-midi sur la place Saint-Lambert à Liège. Les manifestants ont symboliquement «tourné le dos» aux autorités pour exprimer leur mécontentement face au sous-financement de la santé.

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100 personnes étaient présentes à Liège. BELGA

Les protestataires se sont rassemblés vers 14h00 munis de masques, bannières et blouses blanches, place Saint-Lambert à Liège, à l’appel du collectif «la santé en lutte». Dénonçant la «marchandisation» du secteur des soins, ils ont réclamé des soins de santé accessibles à tous, mais également une revalorisation des métiers et des salaires du personnel soignant.

«Cette situation était bien antérieure à la crise sanitaire, cela fait un an que nous revendiquons ces mesures mais la crise due au Covid-19 a servi de révélateur et d’amplificateur. Notre colère s’est décuplée avec cette crise et notre détermination aussi. Nous considérons notre lutte juste et elle concerne l’ensemble de la population», explique Faiza Hirash, ergothérapeute et membre du collectif «La santé en lutte.»

Nous allons déposer une plainte collective contre X

D’autres actions sont prévues dans un avenir proche: «cette semaine, nous allons déposer une plainte collective contre X pour tenter de déterminer les responsabilités de chacun par rapport à ce qu’il s’est passé pendant cette crise. Le 13 septembre, une grande manifestation est prévue», conclut la membre du collectif.

Une trentaine de manifestants à Namur

Une trentaine de membres du mouvement «La santé en lutte» ont manifesté dimanche après-midi à Namur, malgré l’interdiction, a constaté l’agence Belga. Initialement prévue devant le cabinet de la ministre wallonne de la Santé, Christie Morreale, la manifestation s’est finalement déroulée en bord de Meuse, à Jambes.

En raison du Covid-19, toutes les manifestations restent interdites jusqu’à nouvel ordre dans la capitale wallonne, sur décision du bourgmestre.

Le groupement, auquel l’interdiction avait été rappelée, ne s’est pas présenté devant le siège de la ministre. En lieu et place, c’est à proximité de «La Capitainerie» que le rassemblement s’est discrètement déroulé. Les manifestants sont restés une trentaine de minutes et tout s’est passé dans le calme.