CHARLEROI

Coups, javel sur le visage, séquestration: des enfants victimes de traitements inhumains

Coups, javel sur le visage, séquestration: des enfants victimes de traitements inhumains

Le père punissait ses enfants avec de l’eau de javel. Photo News

Coups, jet d’eau de javel au visage, séquestration, réveil en pleine nuit… Le père surveillait même ses enfants à l’école.

Le ministère public a requis jeudi devant le tribunal correctionnel de Charleroi des peines de 5 et 7 ans de prison ferme contre deux parents. Les deux prévenus sont poursuivis pour coups et blessures et traitement inhumains sur leurs quatre enfants. Les victimes, âgées de 12 à 17 ans, ont subi de nombreux sévices à la maison familiale.

Entre juillet 2018 et novembre 2019, les parents des quatre adolescents sont suspectés d’avoir frappé et humilié les victimes. D’après le témoignage des enfants, ces derniers vivaient un calvaire quand ils désobéissaient. Le père de famille s’énervait et les forçait à passer la nuit entière enfermés dans la cave, sur une chaise, dans le froid, sans dormir et sans nourriture. Lorsque le plus jeune des enfants urinait dans son lit, le prévenu le punissait en le plongeant sous une douche froide. Si les tâches ménagères n’étaient pas bien réalisées, les adolescents étaient réveillés en plein milieu de la nuit pour recommencer le ménage.

Les quatre frères et sœurs étaient également surveillés à l’école. Lors des récréations, leur père n’était jamais bien loin pour surveiller ses enfants, planqué dans les buissons. À la fin des cours, ces derniers devaient absolument rentrer à l’heure à la maison, sous peine de punitions. Les enfants avaient également subi des coups à l’aide d’un câble électrique et un jet de seau d’eau de javel au visage.

Le père jure avoir agi de la sorte pour le bien de ses enfants. «Je veux qu’ils excellent. C’est d’ailleurs pour ça que je les obligeais également à copier le coran pour apprendre à écrire la langue arabe.»

La mère de famille admet avoir giflé à quelques reprises ses enfants et s’être trop rarement opposée aux actes de son mari. «Dans notre culture, le mari est le chef de famille et on ne doit pas s’opposer à lui.»

Le ministère public, particulièrement choqué par les sévices subis par les enfants, a requis une peine de 7 ans de prison ferme contre le père de famille et cinq ans de prison ferme contre la mère. Selon le parquet, il s’agit plus d’une secte que d’une famille.

Me Thomas Puccini, conseil du paternel, plaide en faveur d’un sursis probatoire. Ce dernier, qui se trouve sous bracelet électronique, regrette avoir agi ainsi et jure avoir retenu la leçon après six mois de détention en prison. Me Régis Brocca, avocat de la mère de famille, plaide une suspension probatoire, insistant sur le rôle secondaire tenu par la mère.

Jugement le 25 juin prochain.