CINÉMA

Festival de Cannes: le Belge Lucas Belvaux dans la sélection officielle

Festival de Cannes: le Belge Lucas Belvaux dans la sélection officielle

«Des Hommes» du Belge Lucas Belvaux fait partie de la sélection officielle du Festival de Cannes. -

Les nouveaux films de Wes Anderson, François Ozon et Steve McQueen font partie de la «sélection officielle» du Festival de Cannes. Le Namurois Lucas Belvaux, pour «Des Hommes», est le seul représentant belge de la liste, quatorze ans après avoir été sélectionné pour «La Raison du plus Faible».

Au total, 56 films font partie de cette sélection officielle, label dont ils pourront bénéficier alors que l’événement, qui devait se dérouler en mai, a été annulé en raison de l’épidémie de coronavirus.

Parmi les films retenus, figurent également ceux de la cinéaste japonaise Naomi Kawase, de la Française Maïwenn ou du Danois Thomas Vinterberg.

«Des hommes», de Lucas Belvaux, est une adaptation du roman éponyme de Laurent Mauvignier qui évoque la guerre d’Algérie, avec Gérard Depardieu, Catherine Frot, Jean-Pierre Daroussin et le jeune espoir belge Yoann Zimmer.

Aucune palme cette année

 

Trois coproductions belges francophones soutenues par le Centre du cinéma et de l’audiovisuel ont également été retenues, se réjouit Wallonie Bruxelles Images. «En route pour le milliard» de Dieudo Hamadi, «Rouge» de Farid Bentoumi et «Si le vent tombe» de Nora Martirosyan.

Le très attendu «The French Dispatch» de Wes Anderson, «Été 85» de François Ozon ou deux films du réalisateur oscarisé Steve McQueen: Cannes a présenté mercredi sa «sélection officielle», label dont pourront profiter les films, en l’absence de festival cette année.

Alors que la 73e édition du festival a dû être annulée en raison de la crise sanitaire mondiale, une première en 70 ans, son président Pierre Lescure (réélu pour un 3e mandat) et son délégué général Thierry Frémaux ont présenté mercredi la «sélection officielle 2020» depuis le cinéma UGC Normandie à Paris, où ils annoncent chaque année la liste des films retenus.

Mais contrairement à la tradition, le plus grand festival au monde avec Venise et Berlin n’aura ni compétition ni Palme d’or cette année.

Au total, 56 films composent cette «sélection officielle» exceptionnelle, dans laquelle les films ne sont pas répartis comme d’habitude en sections telles que la compétition, le «hors compétition» ou les «séances spéciales».

«Cette sélection démontre que le cinéma est toujours vivant, il l’a été pendant le confinement aussi, a déclaré Thierry Frémaux, en charge de la sélection. Les cinéastes n’ont pas baissé les bras, puisqu’ils nous ont envoyé 2 067 films, ce qui est un record. Il fallait trouver d’autres formes. » Il a également indiqué que le festival allait «accompagner les films» retenus «en salles, dans les festivals et numériquement».

Des «ténors» dans la sélection

 

Certains films, attendus en sélection, sont «absents car leurs auteurs et producteurs ont choisi de repousser leur sortie à l’hiver ou au printemps 2021», a-t-il expliqué. Mais d’autres sont au rendez-vous.

Parmi ceux qu’il a définis comme «les fidèles de Cannes, les ténors», l’Américain Wes Anderson a notamment été retenu sans surprise pour «The French Dispatch», tourné à Angoulême, dans le sud-ouest de la France, avec une pléiade de stars, dont Bill Murray, Tilda Swinton et Timothée Chalamet.

Le réalisateur de «Twelve Years a slave», le Britannique Steve McQueen, figure de son côté dans la liste avec deux films, «Lovers Rock» et «Mangrove». «Deux films historiques» dont l’un, «Mangrove», est «un film de procès de policiers qui harcèlent la communauté black», thème qui «résonne très dramatiquement avec ce qui est arrivé à George Floyd et Adama Traoré», a expliqué Thierry Frémaux.

La cinéaste japonaise Naomi Kawase est sélectionnée avec «True Mothers», un film sur l’adoption, et le Danois Thomas Vinterberg avec «Druk», sur la crise de la cinquantaine.

Du côté des films français, particulièrement bien représentés avec 21 longs-métrages (huit de plus que l’an dernier), François Ozon a notamment été retenu avec «Été 85», qui sortira le 15 juillet.

Maïwenn, qui avait présenté à Cannes en compétition «Polisse» en 2011 et «Mon roi» en 2015, est également sélectionnée avec «ADN», un film «extraordinairement touchant» qui évoque «son retour à ses racines».

Le festival s’ouvre aux comédies

 

Cette sélection est aussi marquée par un nombre élevé de premiers longs-métrages: 15 (soit 26,7% du total), contre 10 en 2019.

Parmi ceux-ci, plusieurs sont réalisés par des acteurs qui passent derrière la caméra, comme «Falling» de Viggo Mortensen, «Ibrahim» de Samir Guesmi ou «Garçon chiffon» de Nicolas Maury, célèbre pour son rôle dans la série «Dix pour cent».

Le Festival a retenu aussi cinq comédies, dans une volonté de «prendre des risques ou tenter des choses», selon Thierry Frémaux.

Parmi elles, «Les Deux Alfred» de Bruno Podalydès, «L’origine du monde» de Laurent Lafitte, ou encore «Un Triomphe» d’Emmanuel Courcol, «un feel good movie avec Kad Merad».

Quatre films d’animation ont également été choisis, dont «Soul» de Pete Docter, le dernier né des studios Pixar.

Avec ce label Cannes 2020, le festival espère notamment permettre à ces films de bénéficier d’une exposition maximale, alors que le secteur du cinéma est durement frappé par la crise.

Thierry Frémaux avait aussi indiqué travailler à des collaborations avec d’autres festivals internationaux.

«On s’est parlé beaucoup», a-t-il redit, rappelant que l’idée avait été évoquée «de faire quelque chose» avec la Mostra de Venise, qui doit se tenir début septembre.

«Le Festival de Cannes dévoilera prochainement la façon dont il déploiera son activité à l’automne prochain», a-t-il promis.