ÉTATS-UNIS

Mort de George Floyd: la police de New York intervient lors d’une manifestation à Brooklyn

La police de New York est intervenue mercredi dans le district de Brooklyn lors d’une manifestation contre la violence policière et le racisme, rapporte la chaîne de télévision CNN et selon des images qui circulent sur les réseaux sociaux. La marche pacifique a été arrêtée par des officiers de police.

Le commissaire de police de la ville a expliqué que plusieurs personnes avaient été arrêtées pour avoir manifesté malgré le couvre-feu. «Ils sont moins nombreux que ces derniers jours, mais la soirée est encore longue.»

Mercredi midi (heure locale), le commissaire Dermot Shea a évoqué la mort de George Floyd à Minneapolis. «Je pense que tout homme ayant une conscience serait en colère à ce sujet. Nous soutenons la famille Floyd et compatissons avec elle. Ce n’était pas la première fois que cela se produisait, mais espérons que c’était la dernière».

Dans d’autres villes aussi, les manifestations étaient nombreuses mercredi. Des rassemblements et marches de protestation ont ainsi eu notamment lieu à Washington, Seattle, St. Charles, Philadelphie et San Francisco, où il y a de nouveau eu des manifestants à cheval.

À Washington, de nombreux policiers et membres de la garde nationale sont présents. La manifestation est pacifique, mais de nombreux militants ne sont pas encore prêts à partir, même si le couvre-feu est sur le point d’y commencer.

Trois militants d’extrême droite inculpés pour «incitation à la violence»

Trois militants d’extrême droite ont été inculpés mercredi à Las Vegas pour incitation à la violence lors de manifestations pacifiques déclenchées par la mort de George Floyd, qu’ils voulaient mettre à profit pour semer le désordre, ont annoncé les autorités locales.

Selon les services du procureur fédéral du Nevada, Nicholas Trutanich, les trois hommes appartenaient au mouvement «Boogaloo», «un terme employé par les extrémistes qui promeuvent la guerre civile et la chute de la société», et étaient notamment en possession d’un cocktail molotov.

«Des acteurs violents ont détourné des manifestations pacifiques dans tout le pays, y compris le Nevada, exploitant la colère réelle et légitime suscitée par la mort de M. Floyd au service de leurs visées extrémistes», a dénoncé dans un communiqué le procureur Trutanich.

Stephen T. Parshall, 35 ans, Andrew Lynam, 23 ans, et William L. Loomis, 40 ans, résident tous trois à Las Vegas où ils ont été interpellés le 30 mai par une unité antiterroriste chapeautée par le FBI, la police fédérale américaine.

Selon les médias américains, des militants d’extrême droite, parfois lourdement armés, se sont infiltrés dans de nombreuses manifestations organisées depuis une semaine pour protester contre la mort de George Floyd et plus largement les violences policières et les discriminations raciales.

Beaucoup de ces militants se réclament du mouvement «Boogaloo» et ont adopté entre autres des chemises hawaïennes comme signe de reconnaissance.

Les spécialistes de ces groupes, cités notamment par le Washington Post, s’interrogent sur le rôle qu’auraient pu jouer certains de ces militants dans le déclenchement des violences qui ont embrasé des dizaines de villes américaines ces jours derniers.

Jimmy Carter: «Les «injustices raciales sapent la démocratie»

L’ancien président américain Jimmy Carter a dénoncé mercredi «les injustices raciales tragiques» et les actes de «cruauté pure et simple» qui «sapent» la démocratie américaine.

L’ex-président démocrate (1977-1981) s’est dit, dans un communiqué, être avec son épouse, «consternés par les injustices raciales tragiques».

«Nous sommes de tout cœur avec les familles des victimes et tous ceux qui se sentent désespérés face à la discrimination raciale omniprésente et la cruauté pure et simple», a écrit Jimmy Carter, 95 ans.

«Les gens en position de pouvoir, de privilège et de conscience morale doivent résister et dire ‘ça suffit’ à une police et un système judiciaire qui discriminent, aux inégalités économiques immorales entre les Blancs et les Noirs, ainsi qu’aux actions publiques qui sapent notre démocratie unie».

«Nous avons besoin d’un gouvernement aussi bon que son peuple, et nous valons mieux que cela», a-t-il ajouté.

Barack Obama: «Il y a un changement de mentalité qui est en cours»

Barack Obama a appelé mercredi tous les maires des États-Unis à revoir et à réformer, en collaboration avec les communautés locales, les politiques relatives à l’usage de la force par leurs forces de police. L’ancien président américain s’est exprimé lors d’un événement en direct depuis son domicile à Chicago. C’est la première fois qu’il prenait la parole à la télévision au sujet des troubles qui ont éclaté aux États-Unis après la mort de George Floyd, un homme noir asphyxié le 25 mai dernier par un policier blanc lors de son arrestation.

«Il est très important pour nous de nous saisir de ce moment qui vient d’être créé en tant que société, que pays, et d’utiliser cela pour avoir enfin un impact», a affirmé Barack Obama lors d’une visioconférence avec des militants, évoquant les milliers de personnes sorties dans les rues pour dénoncer les brutalités policières, le racisme et les inégalités sociales.

«Il y a un changement de mentalité qui est en cours, une plus grande conscience du fait que nous pouvons faire mieux», a-t-il ajouté.

Barack Obama, 58 ans, qui reste très populaire chez les démocrates, a souligné que les manifestations actuelles peignaient «un tableau de l’Amérique beaucoup plus représentatif» que les mouvements pour les droits civiques des années 1960.

Les jeunes ont particulièrement répondu présent, et leur motivation pourrait inspirer un changement plus profond, a souligné M. Obama.

«Je veux que vous sachiez que vous comptez. Je veux que vous sachiez que vos vies comptent, vos rêves comptent», a-t-il poursuivi, à l’attention des jeunes noirs du pays qui ont selon lui, été trop de fois témoins ou victimes de violences.

L’ancien président s’est aussi adressé aux élus locaux. «J’exhorte chaque maire dans ce pays à revoir ses politiques en matière d’usage de la force avec des membres de leur communauté et à s’engager à rendre des comptes sur les réformes promises», a-t-il déclaré.

«Nous avons besoin de maires, de responsables et d’autres personnes en position de pouvoir pour dire: c’est une priorité», a déclaré M. Obama. L’ancien président démocrate a qualifié le tollé général actuel aux États-Unis concernant la brutalité policière et le racisme de l’une des choses les plus «profondes» qu’il ait connues jusqu’à présent.

Il n’a par contre pas dit un mot sur le président Donald Trump et a également adopté un ton optimiste sur les manifestations, malgré la colère et le désespoir qui, selon lui, sont souvent derrière elles. «J’espère que vous vous sentez également plein d’espoir, même si vous êtes en colère, parce que vous avez le pouvoir d’améliorer les choses et que vous avez contribué à faire sentir à tout le pays que c’est quelque chose qui doit changer», a encore dit Barack Obama.

Le premier président noir des États-Unis a appelé à la coopération entre les individus pour «changer l’Amérique» et l’aider à se conformer à ses valeurs.