CORONAVIRUS

Le monde de la nuit en plein cauchemar: «Des fêtes s’organisent déjà en privé»

Le monde de la nuit en plein cauchemar: «Des fêtes s’organisent déjà en privé»

Aucune date pour savoir quand la DJ star belge Amelie Lens et ses confrères des platines reviendront mixer dans les nuits bruxelloises. (Illustration) Reporters / Photoshot

Le monde de la nuit bruxellois est au bord de l’asphyxie. Deux de ses figures de proue alertent dans une carte blanche. Alors que le CNS annonce que les boîtes ne rouvriront que fin août, le secteur prévient déjà: «il y aura des fêtes pirates».

«Nous ne pouvons plus tenir!»

Ce juin mai, le monde de la nuit a lancé un cri d’alarme. Celui-ci résonne d’autant plus fort que le CNS de ce 3 juin a confirmé ce que craignaient les acteurs de la nuit: un nouveau délai pour les boîtes et discothèques. Celles-ci ne rouvriront qu’à la fin août au plus tôt.

Alors que des dancefloors improvisés risquent de faire danser dans les parcs, les appartements, les campings ou les espaces urbains, deux figures bien connues des nuits bruxelloises alertent.

Carl De Moncharline, organisateur d’événements et patron de l’«Imperial» au centre de Bruxelles, et Lorenzo Serra, porte-parole de la toute nouvelle «Brussels by Night Federation» et entre autre cofondateur du festival électronique Listen!, rappellent que leur secteur a dû s’adapter à beaucoup de situations difficiles (attentats, normes sonores plus strictes, augmentation de la TVA, etc.) et fait aujourd’hui face à la crise du Covid-19. «La situation devient dramatique et il est temps de la prendre en compte», déclare Lorenzo Serra.

 

Nos créanciers perdent patience et les faillites sont à prévoir si nous n’avons pas une date ferme de réouverture

 

«L’idée, c’est d’être constructif et dire que c’est le moment de nous inviter à table pour voir comment on va rouvrir professionnellement, en respectant des normes qui risquent d’être obligatoires», ajoute-t-il.

Le secteur attire également l’attention sur ses difficultés financières. Beaucoup risquent leur société, mais également leurs biens privés. «Nos créanciers perdent patience et les faillites sont à prévoir si nous n’avons pas une date ferme de réouverture», déplorent les acteurs du monde de la nuit.

Par ailleurs, ils s’inquiètent d’une possible heure de fermeture des établissements à minuit, assurant que des fêtes s’organisent déjà en privé et sans contrôle. «Là où un contrôle s’opère spontanément au sein de nos établissements, qu’en sera-t-il dans la sphère privée?», s’interrogent-ils. «Penser que nos jeunes vont rentrer sagement chez eux à minuit est une utopie», écrivent-ils dans leur carte blanche.

La «Brussels by Night Federation», récemment constituée, regroupe divers clubs et organisations de soirées à Bruxelles, tels que le C12, les Jeux d’Hiver, le Fuse, le Mirano, le Spirito, Play Label Records, La Cabane, le Jalousy, le Vertigo ou encore les Halles Saint-Géry.