L’école communale va fermer

La fermeture de l’école communale de Hamoir crée un petit séisme sur les rives de l’Ourthe. Heymans

Trop peu d’élèves en maternelle, pas assez d’encadrement en primaire. On va fermer l’implantation communale à Hamoir.

«Personne ne fait évidemment des bonds de joie. Mais, c’est une décision qui a été réfléchie, hors conseil communal, avec l’ensemble des élus, opposition comprise.» Patrick Lecerf, le bourgmestre de Hamoir, confirme l’information qui crée un petit séisme sur sa commune: il n’y aura pas de rentrée 2020-2021 à l’implantation communale de Hamoir. Le prochain conseil communal prendra acte de cette décision prise en commission paritaire locale (COPALOC) rassemblant élus, enseignants et syndicats. En cause? La fermeture annoncée de la classe maternelle couplée à un encadrement insuffisant en primaire au regard du nombre d’élèves.

Les chiffres de prévision sont trop faibles en maternelle par rapport à la barre minimale des 12 élèves voire des 10 pour obtenir un sursis de deux années. «Or, on n’est déjà pas certain de conserver nos 8 élèves actuels dont des enfants de famille de réfugiés. On pourrait même tomber à 6 élèves et c’est alors la fermeture obligatoire», constate Amélie Sauvage, l’échevine de l’Enseignement.

L’option de maintenir les classes de primaire a bien été abordée. Mais, elle a cédé la place à une orientation jugée plus profitable à la qualité de l’encadrement pédagogique sur l’ensemble du réseau communal dans ses implantations de Filot, Fairon et Comblain-la-Tour. «À Hamoir, on compte 25 élèves en primaire au 15 janvier qui sert de base de référence pour la répartition des désignations à la rentrée 2020-2021. Les prévisions annoncent 1,5 temps plein seulement avec une enseignante qui encadrerait les six années de primaire à mi-temps. Ce qui n’est pas tenable. Pour éviter ce scénario, il faudrait compter avec 9 nouvelles inscriptions en primaire sur l’ensemble du réseau pour pouvoir recompter et espérer passer à 2 temps pleins à Hamoir. C’est beaucoup… On n’a pas voulu attendre et prendre les parents en otage jusque-là.»

La direction de l’école communale et les autorités ont reçu les parents individuellement pour leur exposer la situation et leur proposer de réorienter leurs enfants vers une des trois autres implantations. «Légalement, en fonction d’un rayon d’un certain nombre de kilomètres, les enfants qui iront à Fairon ou à Filot pourront bénéficier du ramassage scolaire», précise Livio Baggio, le directeur de l’école communale.

Les trois institutrices de l’implantation de Hamoir seront équitablement réorientées vers les écoles de Fairon, Filot et Comblain-la-Tour. «C’est un pari sur l’avenir, insiste le bourgmestre Patrick Lecerf. On vise un confort pédagogique plus grand dans les trois autres écoles du réseau communal. C’est évidemment triste de devoir fermer à Hamoir par rapport à l’objectif de maintenir une implantation par village. Mais, la présence de l’école libre Saint-Joseph permet de garder ce cap.»

Une communication sera diffusée en toute boîte sur l’entité de Hamoir pour expliquer les enjeux de cette fermeture au lendemain du prochain conseil communal.

InterviewPatrick LECERF

«Il n’y a pas assez de naissances sur notre commune pour réalimenter 5 écoles au total»

L’école communale va fermer
EdA

Patrick Lecerf, l’école de Filot a plus d’une fois été en sursis dans le passé et c’est finalement celle de Hamoir qui «tombe».

Oui. On a eu régulièrement des problèmes de nombre d’élèves à Filot, parfois aussi à Fairon et, donc, maintenant à Hamoir. Le constat est simple: il n’y a pas assez de naissances sur notre commune pour réalimenter 5 écoles au total si on inclut l’école libre Saint-Joseph. On a aussi discuté avec cette dernière pour faire quelque chose ensemble. Mais cela s’est avéré impossible. Le contexte législatif est compliqué. Et l’école Saint-Joseph a suffisamment d’enfants pour vivre aujourd’hui même si on est tous dans le même bain lié à la baisse de la natalité sur la commune.

Comment l’expliquez-vous?

On ne construit pas assez. L’aménagement du territoire est paralysé par les zones inondables du plan de secteur qui a été à l’époque fait en dépit du bon sens. C’est un frein. Il est compliqué de le changer. On a essayé de trouver une parade avec une zone d’aménagement concerté (ZAC) à Fairon, mais cela prend du temps. Filot est encore épargné car il n’a pas la rivière, mais les trois villages de la vallée sont concernés. Cela a des conséquences sur le nombre de naissance. Petite éclaircie, un opérateur privé devrait développer un projet immobilier sur l’ancien camping Euromiel.

Les chiffres en maternelle à Hamoir sont tels qu’il n’y avait pas d’espoir ne fut-ce même que d’aller chercher un sursis?

Ils sont implacables. C’est incontournable pour la maternelle. C’est fini. L’école de Hamoir était en perdition depuis plusieurs années en maternelle. Elle n’est plus viable.

Pourquoi ne pas avoir continué avec les classes primaires?

Parce que le primaire allait suivre après la maternelle. Après avoir rencontré les parents concernés, on espère une redistribution des élèves vers les trois autres écoles communales. Au lieu de vivoter dans nos écoles, on vise ainsi à garantir 2 à 2,5 temps pleins par implantation. On aura un encadrement optimal. On a essayé de faire cela dans les règles en présentant le projet aux enseignants et aux parents. On ne les laisse pas tomber. En agissant de la sorte, on laisse le choix entre deux réseaux, le choix entre trois écoles grâce au transport public et, avec l’école libre à Hamoir, on maintient une école par village.

Faudra-t-il envisager des travaux dans les trois écoles pour absorber ces nouveaux élèves?

Non. Toutes les implantations sont à niveau. Elles ont déjà une belle dynamique avec des bâtiments en ordre.