TOURNAI

Le Tournai d’avant: l’histoire de l’hôpital

Il était le plus vaste, longtemps le plus florissant, longtemps un exemple de générosité, de solidarité envers ceux que frappe la vie: ancré au cœur de la cité, l’hôpital ou Hôtellerie Notre-Dame nous a laissé documents et vestiges en illustrations de la charité de jadis.

La réponse est nette, rien ne permet de lui donner une date de fondation. Les historiens avancent le IXe siècle, précisant tous «qu’antérieurement, il y avait là un refuge pour les voyageurs et les pèlerins».

Bozière, sans citer ses sources, écrit cependant: «Il est certain que le Chapitre cathédral suivait la règle de Saint-Chrodegang, adoptée en 816 leur prescrivant d’avoir en leur cloître, des écoles et un lieu pour soigner les malades et héberger les pauvres voyageurs».

Cet hôtel-Dieu disparut avec le pillage des Normands (880).

Le renouveau vient, en 1112, des chanoines Marcel et Gédulphe qui, restaurent l’hôpital par des donations très importantes, revenus d’autels, de terres, de moulins, de taxes; le pape Innocent III le prend sous sa protection par une bulle du 17 mai 1139. Un exemple qui suscitera un bel élan de générosité.

Deux sites successifs

Un plan du XIIIe siècle est explicite: la maison couvre l’espace compris entre le Monchiel ou cimetière des chanoines (place Janson) les rues du Vieux Wez (r.ue de l’Hôpital Notre-Dame), du nouveau Wez (rue de la Lanterne) et de la contrerie (à ce jour passage sous l’hôtel).

Une superbe cave médiévale, sous l’Office de Tourisme, en est vestige bien que tronquée d’une partie de sa deuxième travée passée sous la résidence cathédrale. Elle est du XIIe Avant, rien de concret quant aux bâtisses antérieures.

Quand ce refuge s’installe-t-il plus bas dans la rue éponyme? Assez tôt car en 1276, les Consaux décident «qu’en cas de curage du fleuve devant l’hôpital, ce sera aux frais du Chapitre».

1892: la fin

Héritière des biens liés à la religion, le Commission des Hospices Civils s’organise en vertu de la loi du 6 septembre 1797, de grands changements en découlent.

L’historien A. Soil décrit, avant la destruction de diverses structures en fin XIXe et sa suppression en tant qu’hôpital les constructions s’élevant depuis l’Escaut, soit salle des malades, institut ophtalmologique, maternité, pharmacie, bureaux.

Il ne tarit pas d’éloges sur la salle des malades (XIIe ou XIIIe) avec pignon sur rue, longue de 49 m, large de 14 et haute de 12,50. Sur le plan architectural, deux nefs de six travées aux arcades ogivales séparées par une épine de piliers: voilà qui ressemble aux celliers de l’abbaye Saint-Martin ou à la cave de l’Office de tourisme.

Cette salle était réservée aux 52 lits pour hommes – les femmes de l’autre côté du site avec 24 lits – sur deux rangs, séparés par 65 cm et n’y étaient admis que si l’on habite la ville. Refusés aussi, ceux atteints de la peste, du choléra et autres maladies épidémiques, ce qui donna lieu à de sévères confrontations entre Ville et Bureau de Bienfaisance mais cela est une autre histoire.

Le sous-sol était occupé par d’autres salles et c’est sans doute d’elles que viennent les colonnes à chapiteaux encore visibles dans certaines caves du quai voisin.

La pioche des démolisseurs en eut raison, la ville, qui venait de construire boulevard Lalaing (1889) ne conservant que les deux bâtiments parallèles soit un de 1758 rue de l’Hôpital Notre-Dame et celui reconstruit après la guerre rue de la Lanterne.

L’Hôpital Notre-Dame devint Hôpital Civil, Mais il ne convenait plus à une médecine plus moderne On ne finit pas de construire, après celui de Beyart (1889), un autre en 1969 et un suivant actuellement.