WALLONIE PICARDE

Eh bien, finalement, on ne peut pas encore aller rendre visite à ses proches en France

Eh bien, finalement, on ne peut pas encore aller rendre visite à ses proches en France

Samedi, entre Templeuve (B) et Toufflers (F), les frontaliers n’avaient pas l’air traumatisés par le «couac» belge: les voitures allaient en venaient dans les deux sens. Mais attention quand même: ça reste interdit sans attestation de déplacement dérogatoire. ÉdA

Pieter De Crem avait annoncé vendredi l’ouverture ce samedi de la frontière belge pour les visites familiales dans les pays limitrophes. Il n’a pas tenu compte du fait que du côté français ça reste fermé jusqu’au 15 juin…

La démarche n’est pas habituelle. Ce samedi soir, sur sa page personnelle, le Gouverneur du Hainaut, Tommy Leclercq, a diffusé un «avis à la population» au sujet de l’arrêté pris par le ministre de la Sécurité et de l’Intérieur, paru au Moniteur Belge ce samedi, stipulant que les visites au-delà des frontières du pays étaient possibles dès ce samedi pour rendre visite à des proches ou faire ses courses.

Pieter De Crem (CD&V) avait annoncé vendredi la bonne nouvelle. Pour rappel, il n’était plus possible de rendre visite à un membre de sa famille de l’autre côté de la frontière depuis le 20 mars 2020. Beaucoup de frontaliers, des Péruwelziens, des Rumois, des Cominois, des Mouscronnois, des Estaimpuisiens ou encore des Tournaisiens, ont profité de l’occasion qui leur était offerte. Sauf que, voici ce que disait le Gouverneur samedi soir en s’adressant aux Hennuyers: «Je recommande, après quelques contacts officiels pris avec nos amis français, que ces déplacements relèvent uniquement des cas de forces majeures, donc qui peuvent se justifier auprès des policiers français qui poursuivent leurs contrôles». Seuls les déplacements essentiels restent donc autorisés en France jusqu’au 15 juin, moment choisi par la République française pour lever ses restrictions.

Pour dire les choses tout simplement, la Belgique a autorisé la sortie de son territoire mais n’a pas tenu compte du fait que la France ne permet toujours pas son accès sans la fameuse attestation de déplacement dérogatoire.

Des policiers français apparemment compréhensifs

Samedi matin, des citoyens belges étaient fort étonnés de s’entendre dire par des policiers français qu’ils devaient rentrer chez eux s’ils n’étaient pas en possession d’une dérogation spéciale comme exigé depuis le début du confinement. En principe, en cas d’infraction, les policiers français peuvent aller jusqu’à infliger une amende de 135€. Et en cas de récidive, la garde à vue est possible. À notre connaissance, la police française a fait preuve ce samedi de compréhension à l’égard des contrevenants bien malgré eux. Nous n’avons pas eu vent de cas où des personnes auraient reçu une amende. Mais attention: ça ne va peut-être pas durer…

Les zones de police de la région, notamment celles du Tournaisis et de Mouscron, avaient elles-mêmes annoncé en milieu de journée sur leurs pages Facebook que les déplacements pour faire ses courses et visiter sa famille étaient autorisés. À Mouscron, des agents des services communaux avaient reçu la mission de procéder à l’enlèvement des blocs de béton installés aux différents points d’entrée de la ville. «Conformément aux directives ministérielles prises ce jour, notre zone de police ne procédera plus aux contrôles aux différents postes frontière de l’entité», dit-on à Mouscron. Même son de cloche à Tournai qui, en sentant le vent tourner, a précisé ceci: «Attention: Il faut également veiller à respecter les réglementations et directives nationales respectives du pays dans lequel vous devez vous rendre (les raisons permettant de se déplacer sont notamment fortement limitées sur le territoire français)».

«Oui, il y a eu un couac»

Dès samedi matin, aux Pays-Bas et en France, certains maires de communes frontalières s’étaient montrés surpris par la décision belge visiblement prise sans concertation avec les autorités nationales françaises.

La situation s’est normalisée entre la Belgique et les Pays-Bas en cours de journée ce samedi. Il est également désormais possible de rejoindre l’Allemagne et le Grand-Duché de Luxembourg pour rendre visite à sa famille ou effectuer des achats. Mais toujours pas en France.

Le ministre de l’Intérieur, Pieter De Crem (CD&V), et le ministre des Affaires étrangères, Philippe Goffin (MR), ont reconnu samedi après-midi qu’il y avait eu un «couac».