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Malgré les hommages au collègue décédé, pas d’avancée pour protéger les chauffeurs de la STIB

Les demandes de vitres en plexi isolant le poste de conduite des chauffeurs de la STIB n’ont pas été suivies. C’est ce qu’on apprend suite à une réunion du CPPT. Celle-ci avait répercuté les demandes des collègues du chauffeur décédé du coronavirus lors de leur hommage au dépôt Delta.

Plus d’une cinquantaine de chauffeurs de la STIB ont respecté une minute de silence ce mercredi à 14h00, au dépôt Delta, en hommage à leur collègue de 55 ans testé positif au COVID-19, qui est décédé dans la nuit de dimanche à lundi à son domicile. S’en sont suivies des demandes de renforcement des mesures de sécurité dans les bus. Sans succès pour l’instant.

Une gerbe de fleurs a été déposée à côté de la photo du conducteur. Un recueil de condoléances a été mis à disposition des membres du personnel. Les chauffeurs étaient rassemblés dès 13h30. Ils ont marqué une minute de silence à 14h00 pile. Celle-ci a été suivie d’une salve d’applaudissements.

Du plexi, des nettoyages

Malgré les hommages au collègue décédé, pas d’avancée pour protéger les chauffeurs de la STIB
Un hommage au collègue décédé. BELGAONTHESPOT
Ce rassemblement était d’abord un hommage à leur collègue et l’expression de leur soutien à sa famille. Cependant, son décès a entraîné une levée de revendications en matière de sécurité sanitaire. Si le lien entre ce décès et le coronavirus n’a pas encore été établi avec certitude, la STIB a déclaré examiner la possibilité d’organiser «dans les plus brefs délais» une campagne de dépistage interne pour rassurer ses collaborateurs. Le collectif des chauffeurs espère obtenir des mesures de prévention supplémentaires lors de la réunion du Comité pour la prévention et la protection au travail (CPPT) prévue jeudi.

On veut qu’il y ait des nettoyages à chaque terminus pour que les bus et trams soient désinfectés en cours de journée.

«On demande l’installation d’un plexiglas ou d’une bâche pour isoler hermétiquement le poste de conduite, comme cela a été fait pour nos collègues de la TEC et de De Lijn», détaille Oliver Rittweger, membre du CPPT. «C’est une demande que l’on formule depuis des semaines et la STIB s’y refuse. Depuis le 11 mai, les bus et trams ne sont plus désinfectés sur le réseau et c’est aussi pour cela que plus de 1.000 conducteurs ont exercé leur droit de retrait pendant six jours du 11 au 16 mai. Il y a aussi ici un risque pour les voyageurs. On veut qu’il y ait des nettoyages à chaque terminus pour que les bus et trams soient désinfectés en cours de journée. (...) On ne comprend pas non plus pourquoi dans les grands magasins il faut respecter 1,5 mètre de distance alors que les bus, trams et métros peuvent être pleins à craquer.»

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Pas d’avancée

Mais ces mesures de protection demandées n’ont pas eu les suites espérées au Comité pour la prévention et la protection au travail (CPPT) de ce jeudi 29 mai, a déploré dans la soirée un membre dudit CPPT.

An Van Hamme, porte-parole de la STIB, avance qu’il n’y avait pas d’avancées à attendre à cette réunion mensuelle du CPPT et renvoie pour les mesures de protection des chauffeurs au protocole d’accord qui a été signé et dont le suivi a été confié à des groupes de travail. Cette dernière négociation faisait suite au droit de retrait invoqué par de nombreux conducteurs de la STIB début mai.

De plus en plus de voyageurs

La STIB, la SNCB et De Lijn constatent une augmentation stable du taux d’occupation des transports publics. Une trentaine de guichets de gare ont désormais rouvert, indique par ailleurs mercredi la SNCB.

Les bus de la société de transports publics De Lijn affichent un taux d’occupation des véhicules de 25 à 30%, contre 12% au début de la période de confinement, rapporte la porte-parole de la compagnie flamande. Ces chiffres étant bien inférieurs au taux d’occupation précédant la crise du coronavirus, la société de transports dispose d’une capacité suffisante pour accompagner la réouverture partielle des écoles, semble-t-il.

Environ 5% des places étaient occupées dans les trains lors de la période de confinement. Ce chiffre a entre-temps grimpé à 9%, selon le porte-parole de la SNCB. Si la société des chemins de fer comptait encore 90.000 navetteurs par jour ouvrable au début du confinement, ce chiffre a, lui aussi, grimpé à 181.000. Cela ne représente pourtant que 20% du nombre habituel de navetteurs transportés un jour ouvrable par la SNCB.

La SNCB ayant également rouvert une trentaine de guichets, la compagnie dispose actuellement d’une centaine de gares où les guichets sont ouverts selon l’horaire normal. Trente guichets restent néanmoins fermés dans des plus petites gares. La société a également rouvert la plupart des entrées des grandes gares afin de permettre aux navetteurs de correctement respecter les mesures de distanciation sociale.

La STIB a vu le nombre de ses passagers passer de 22 à 28% dans les rames de métro, et à 30% dans le réseau de surface. Les trams et bus de la compagnie fonctionnent à 85% et le métro à 90% de l’offre habituelle. La STIB attend une décision finale quant aux écoles, afin d’éventuellement étendre ses services.

Les trois sociétés de transports indiquent que «la quasi-totalité» des passagers respectent l’obligation du port de masque buccal.