CORONAVIRUS

Coronavirus: la Ville de Bruxelles propose d’élargir les terrasses pour respecter la distanciation sociale

Coronavirus: la Ville de Bruxelles propose d’élargir les terrasses pour respecter la distanciation sociale

La Ville propose d’étendre les terrasses pour respecter les distances sociales et donner de l’air aux horecas. BELGA

La Ville de Bruxelles propose à ses horecas d’élargir leurs terrasses en vue du déconfinement. L’objectif est double: respecter la distanciation sociale et booster l’économie. Par ailleurs, la Ville et Beci plaident pour un plan de relance qui ne plombera pas davantage la dette des restaurateurs.

Et si le déconfinement permettait... d’étendre les terrasses? C’est la nouvelle suggestion à laquelle réfléchit très sérieusement la Ville de Bruxelles. De quoi faire d’une pierre deux coups: respecter la nouvelle norme sanitaire de distanciation sociale et relancer le tourisme et l’économie afférente dans la capitale.

C’est ainsi que la Ville lance un appel à intérêt vers les horecas en vue de l’extension de leurs terrasses. Un formulaire en la matière a ainsi été diffusé à certains établissements par le cabinet des Affaires économique de l’échevin Fabian Maingain (DéFI) qui souhaite soutenir la reprise de «ce secteur durement impacté». Ce formulaire est disponible en ligne en vue du 8 juin, la date espérée de réouverture. La Ville ajoute que «cette extension se fera au cas par cas selon la localisation du restaurant et de l’espace disponible».

«Ouvrir les rues»

Maingain ajoute que «la zone de rencontre à 20km/h récemment mise en place dans le Pentagone est une opportunité potentielle pour permettre ces extensions de terrasse». Le Bourgmestre Philippe Close (PS) ajoute que cette possibilité d’étendre les espaces extérieurs est disponible «dans tous les quartiers». L’échevin de la Mobilité Bart Dhondt (Groen) assure pour sa part que «Pour relancer son horeca, la Ville de Bruxelles veut ouvrir ses rues pour accueillir les clients».

En cas de décision favorable du Collège, un marquage au sol sera réalisé par la cellule Horeca de la Ville. Les demandes déposées avant le 26 mai pourront faire l’objet d’un marquage avant le 8 juin, date présumée de réouverture des restaurants mais qui reste fonction des décisions du CNS.

 

Close: «La situation est extrêmement grave»

La Ville de Bruxelles et l’organisation patronale Beci plaident par ailleurs ce 20 mai pour un plan de relance «réalisable et bien pensé» en faveur de l’horeca dans la capitale, secteur grand pourvoyeur d’emplois terrassé par la crise du coronavirus.

La ville de Bruxelles compte à elle seule sur son territoire 2.937 exploitations horeca, pour un total de 8.639 emplois déclarés et un chiffre d’affaires de 633 millions d’euros (544 millions de valeur ajoutée), rappelle-t-on.

«La situation est extrêmement grave», souligne le bourgmestre de Bruxelles, Philippe Close. «Des milliers de travailleurs et donc de familles sont menacés d’une grande précarité. Des centaines d’entreprises risquent de faire faillite. Le secteur de l’hôtellerie et de la restauration, ainsi que les secteurs de l’événementiel et du tourisme méritent le plus rapidement possible un Plan Relance de l’industrie hôtelière et restauratrice bruxelloise réalisable et bien pensé.»

 

Les touristes ne feront pas la queue devant leurs portes cet été! Des prêts de 2 à 6% ne feront qu’augmenter leur endettement

 

Finance&invest.brussels a été chargé par le gouvernement bruxellois de soutenir les demandes de crédit de l’ensemble du secteur de l’hôtellerie et de la restauration de plus de 50 équivalents temps plein, ainsi que de leurs fournisseurs touchés par la crise provoquée par le coronavirus. L’objectif est d’aider les entreprises de restauration en manque de capital par des prêts à taux d’intérêt réduit, sans demande de garantie. Une initiative saluée par Beci, qui exprime en revanche des doutes sur les taux d’intérêt de 2 à 6% maximum et plaide plutôt pour un taux zéro. «Les hôtels, restaurants et cafés n’ont aucun avantage à contracter des prêts qui les obligeront à présenter, à court terme, des chiffres d’affaires irréalisables. N’oublions pas que les touristes ne feront pas la queue devant leurs portes cet été! Des prêts de 2 à 6% ne feront qu’augmenter leur endettement», estime le CEO de Beci, Olivier Willocx.

La Ville de Bruxelles et Beci demandent enfin aux gouvernements «de ne pas ignorer la réalité de terrain». «Un certain nombre de travailleurs de l’horeca n’apparaissent pas dans les chiffres; ils sont aujourd’hui les plus fragilisés. Il faut un plan de relance conçu avec le courage nécessaire pour lutter contre le travail au noir, tout en aidant durablement les hôteliers, restaurateurs et cafetiers», concluent-ils.