HAUTS PAYS

Mesures trop strictes: les communes frontalières persistent

Mesures trop strictes: les communes frontalières persistent

Illustration. Photo News

Rappelées à l’ordre par le gouverneur de la province, les communes frontalières des Hauts Pays n’entendent pas revenir sur l’obligation du port du masque dans les commerces et espaces confinés.

Le ministre de l’Intérieur Peter de Crem juge que certains bourgmestres prennent des mesures trop strictes dans le cadre de la lutte contre la propagation du coronavirus, notamment dans le Hainaut. Certains obligent notamment le port du masque dans les magasins alors qu’un bourgmestre ne peut que «le conseiller fortement», rappelle le gouverneur de la province du Hainaut Tommy Leclerq.

Ce dernier s’est vu rappeler par le ministre dans un courrier daté du 15 mai qu’il était chargé de contrôler si les administrations locales respectaient rigoureusement les décisions prises par le Conseil national de sécurité élargi.

 

 

Le Gouverneur a donc pris la plume à son tour pour mettre en garde les bourgmestres jugés trop stricts par le ministère de l’Intérieur. Ce courrier leur a été adressé le 18 mai et leur donne jusqu’au 22 mai pour retirer les ordonnances non conformes. Parmi les bourgmestres visés par ce courrier, il y a ceux de quatre communes des Hauts Pays que sont Dour, Hensies, Honnelles et Quiévrain.

L’autonomie communale, c’est sacré

Réunis ce matin, ceux-ci ont décidé de concert de ne pas accéder à la demande, mettant en avant la sacro-sainte autonomie communale.

«La loi donne clairement aux bourgmestres le pouvoir de prendre des mesures complémentaires lorsque les circonstances particulières le requièrent. L’UVCW l’a encore rappelé dans un avis très récent», affirment les quatre bourgmestres de concert.

Ceux-ci considèrent que «l’autonomie communale nous permet de prendre des décisions pour s’adapter aux spécificités de notre territoire dès lors qu’il s’agit de la sécurité de nos concitoyens. Nul ne saurait nous enlever cette prérogative.»

 

Si une autorité veut nous empêcher de protéger au mieux notre population il est toujours possible d’aller en recours

 

Carlo Di Antonio (Dour), Éric Thiébaut (Hensies), Matthieu Lemiez (Honnelles) et Véronique Damée (Quiévrain) n’ont pas l’intention de retirer les ordonnances prises, «qui restent donc pleinement d’application. Si une autorité veut nous empêcher de protéger au mieux notre population il est toujours possible d’aller en recours contre nos ordonnances mais nous notons avec satisfaction que ce n’est actuellement pas le cas.»

Selon eux, les mesures plus sévères se justifient parce que leurs communes ont été dans l’épicentre de l’épidémie et qu’elles se situent en zone frontalière, et que le déconfinement en France ramènera un flux de personnes supplémentaires engendrant «une situation particulière qu’il nous revient de gérer avec la plus extrême prudence.»

Les quatre bourgmestres frontaliers proposent au gouverneur d’organiser une prochaine réunion de concertation pour étayer leurs arguments.