POLITIQUE

Plan de relance Merkel-Macron: Paul Magnette appelle la Belgique à «fermement soutenir ce premier pas»

Plan de relance Merkel-Macron: Paul Magnette appelle la Belgique à «fermement soutenir ce premier pas»

Paul Magnette qualifie de «signal fort» le ralliement de l’Allemagne à l’idée d’emprunter en commun. EdA - Jacques Duchateau

Le président du PS a appelé ce mardi la Belgique à «fermement soutenir» la proposition de plan de relance présentée par les dirigeants de l’Allemagne et de la France, y voyant une «première étape importante» même si encore insuffisante.

«C’est potentiellement une étape importante. Cinq cents milliards d’euros, cela représente trois ans du budget européen», a indiqué Paul Magnette.

Il qualifie de «signal fort» le ralliement de l’Allemagne à l’idée d’emprunter en commun. «C’est d’autant plus indiqué que les taux d’intérêt sont très bas». Un tel mécanisme mériterait de ne pas se limiter à un «one-shot» mais devenir structurel, plaide-t-il.

Le socialiste insiste aussi sur la nécessité que les versements aux États et Régions les plus touchés se fassent par le biais de dotations et non de prêts remboursables, ce que réclament pourtant déjà les quatre «frugaux» (Autriche, Pays-Bas, Danemark et Suède). La N-VA a demandé que la Belgique s’aligne sur ce quatuor. «Historiquement, il n’est jamais arrivé que la Belgique ne soutienne pas le couple franco-allemand», note Paul Magnette.

 

La N-VA veut que la Belgique suive Merkel et Macron

L’Autriche, le Danemark, les Pays-Bas et la Suède veulent que les aides accordées par l’UE aux pays dans le cadre du futur plan de relance européen prennent la forme de prêts, et non d’aides directes comme l’a préconisé le président français en présentant une proposition avec la chancelière allemande.

«Notre position reste inchangée. Nous sommes prêts à aider les pays les plus touchés avec des prêts», a tweeté le chancelier autrichien Sebastian Kurz lundi soir, après un contact avec les Premiers ministres des trois autres pays qualifiés de «frugaux» dans le débat budgétaire européen.

Un peu plus tôt, ses services avaient publié une déclaration dans laquelle l’Autriche affirmait qu’elle continuerait «à faire preuve de solidarité et à soutenir les pays qui ont été les plus touchés par la crise du coronavirus» mais écartait toute idée de «subventions».

«Il ne peut y avoir de pleine solidarité sans responsabilité»

Autriche, Danemark, Pays-Bas et Suède ont toujours résisté à l’idée d’utiliser des instruments de dette communs pour lever des fonds de sauvetage. «Nous attendons que le CFP (cadre financier pluriannuel) actualisé reflète les nouvelles priorités plutôt que de relever le plafond», a déclaré M. Kurz, en référence au budget à long terme de l’Union européenne.

Président de la commission du Budget du Parlement européen, l’ancien ministre belge des Finances Johan Van Overtveldt (N-VA) est sur la même longueur d’onde. «On ne peut pas nier qu’il faut une solidarité, mais il ne peut y avoir de pleine solidarité sans responsabilité», a-t-il plaidé mardi dans «De Ochtend» (Radio 1).

Il considère que la proposition Merkel-Macron va en réalité moins loin que ce qu’on lui fait dire. Le texte commun parle de «dépenses budgétaires» et, selon le nationaliste flamand, ce pourrait très bien être des prêts.

 

Il établit aussi un lien avec la décision récente de la Cour constitutionnelle allemande. Dans un arrêt retentissant il y a 10 jours, la Cour de Karlsruhe a sommé la Banque centrale européenne (BCE) de justifier ses rachats de dette publique, et refusé de se plier à la décision de la Cour de justice de l’UE qui validait ce programme, la critiquant âprement.

«Si la BCE devait ne plus pouvoir racheter de la dette, il faut alors que l’UE emprunte elle-même. Cela a mis une pression politique sur Angela Merkel», analyse-t-il.

Pour pouvoir rembourser l’emprunt européen, le PS confirme sa volonté de doper les ressources propres de l’UE (taxe sur les transactions financières, taxe numérique Gafa, contribution carbone aux frontières extérieures, harmonisation de l’impôt des sociétés, lutte contre la fraude fiscale, etc.) Le Parlement européen a adopté la semaine dernière une résolution en ce sens, soutenue par cinq des six plus grandes formations politiques européennes.