BELGIQUE

Un chaton venu du Pérou émeut la Flandre

Un chaton venu du Pérou émeut la Flandre

Pixabay

Au début du mois d’avril, une étudiante belge a ramené un chaton du Pérou. C’est interdit. Les autorités veulent euthanasier (tuer) le chaton car il pourrait être contaminé par la rage et transmettre la maladie.

L’histoire émeut toute la Flandre. Entre ceux qui sont «pour» et ceux qui sont «contre», la bataille fait rage! Cette histoire, c’est celle d’une étudiante anversoise (Anvers, en Flandre) et d’un chaton péruvien.

Au début du mois d’avril, Selena Ali, 22 ans, revient d’un stage au Pérou (Amérique du Sud). Là-bas, elle a trouvé et adopté un chaton abandonné qu’elle a prénommé Lee. C’est avec Lee dans ses valises qu’elle a donc rejoint la Belgique par avion. Le hic: elle, la police finit par débarquer. Les policiers sont à la recherche du jeune chat: il est interdit d’aterrir sur le sol belge avec un animal non vacciné contre la rage (une maladie mortelle pour l’homme comme pour l’animal, qui n’est plus apparue en Belgique depuis 2001).

Hors-la-loi

Pourtant, la jeune femme a bel et bien fait vacciner son chat… Mais, il y a moins de trois mois. Or, les conditions sont très claires en Belgique. Si l’on veut ramener un animal d’un pays, hors de l’Europe, il faut un certificat sanitaire (papier qui prouve la bonne santé) écrit par le vétérinaire du pays d’origine et l’animal doit avoir été vacciné trois mois avant le retour. Ce qui n’était pas le cas.

La police a alors débarqué au domicile de Selena, à la recherche du chaton. Sur ordre de l’Afsca (Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire) qui soupçonne que l’animal soit porteur de la rage et veut le faire euthanasier (tuer). Même si la jeune femme assure avoir reçu une autorisation de l’ambassade de Belgique au Pérou, l’AFSCA ne veut rien entendre.

Beaucoup d’émotions

Sur les réseaux sociaux, l’étudiante anversoise a partagé sa détresse et de nombreuses personnes lui ont apporté leur soutien. Le ministre flamand du Bien-être animal, Ben Weyts, a contacté le ministre Denis Ducarme, qui est responsable de l’Afsca pour tenter de les faire changer d’avis. Il a expliqué que l’euthanasie était la dernière option, qu’on pouvait faire autrement, en plaçant le chat en quarantaine par exemple, le temps de s’assurer qu’il n’est pas malade. C’est aussi ce que souhaite Selena. Selon Ben Weyts, c’est la propriétaire qui doit être punie et non le chaton.

Mais cela n’a pas suffi à convaincre l’Afsca qui a obligé Selena à remettre Lee à la justice pour euthanasie. Selon l’agence, il y a un risque de contamination important et il n’est pas question de mettre en danger le pays et la santé de ses citoyens. L’affaire sera jugée au tribunal d’Anvers le 29 mai. En attendant, l’AFSCA réclame aussi 5 000 euros à la jeune femme pour toute heure passée avec le chat!

Cette décision a ému. Beaucoup de personnes ont exprimé leur mécontentement. Jusqu’à dépasser les limites. Un porte-parole de l’AFSCA a porté plainte car il avait été menacé. On ne connaît pas encore les suites de l’histoire…

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