EMPLOI

Brussels Airlines: la société propose RCC et plan cafétéria, les syndicats une réduction du temps de travail

Brussels Airlines: la société propose RCC et plan cafétéria, les syndicats une réduction du temps de travail

Les discussions ont commencé lundi chez Brussels Airlines sur la lourde restructuration que la compagnie aérienne veut mettre en œuvre. BELGA

Les discussions ont commencé lundi chez Brussels Airlines sur la lourde restructuration que la compagnie aérienne veut mettre en œuvre. Selon les syndicats, le régime de chômage avec complément d’entreprise (RCC – l’ancienne prépension) et un plan cafétéria au lieu de salaires nets figurent parmi les pistes d’un projet de convention collective de travail (CCT) qu’ils ont reçu. Les représentants des travailleurs proposent, de leur côté, une réduction du temps de travail.

La direction de Brussels Airlines a annoncé la semaine dernière son intention de supprimer jusqu’à 1.000 emplois et de faire contribuer à l’effort le personnel restant afin de permettre à la compagnie de survivre à la crise du coronavirus.

La procédure Renault d’application lors de licenciements collectifs a débuté lundi avec la phase 1, dite de consultation et d’information, lors de laquelle les syndicats peuvent poser leurs questions. Plus de 100 ont été rassemblées.

Les discussions promettent de ne pas être simples. Les représentants du personnel estiment en effet les propositions sur la table «inacceptables». En outre, la compagnie aérienne doit encore aboutir à un accord pour une aide d’Etat, tout comme sa maison-mère Lufthansa avec le gouvernement allemand. Carsten Spohr, le patron du groupe aéronautique, était d’ailleurs à Bruxelles vendredi pour aborder cette épineuse question avec la Première ministre Sophie Wilmès et le ministre des Finances Alexander De Croo mais aucun accord n’a pu être dégagé pour l’instant.

Filip Lemberechts, secrétaire permanent du syndicat libéral CGSLB/ACLVB, espère que la clarté sera faite dans les prochains jours sur cette aide d’Etat. L’absence d’accord «pèse sur les négociations», a-t-il déploré lundi matin, avant le début des négociations avec la direction.

«Nous devons d’abord avoir de la clarté sur l’avenir immédiat de l’entreprise. Autrement, cela n’a aucun sens de parler du reste», abonde son homologue de la CNE Didier Lebbe.

Le timing des négociations est une autre épine dans le pied des syndicats. «On attend de nous que nous signions un chèque en blanc d’ici la fin mai mais c’est impossible», prévient Anita Van Hoof, du syndicat socialiste Setca/BBTK.

Et pourtant, il semble que le personnel de la compagnie aérienne soit prêt à faire un effort. Plusieurs représentants syndicaux ont ainsi proposé une réduction du temps de travail lundi matin. Leur raisonnement est le suivant: si le personnel travaille temporairement moins d’heures, plus de personnes pourront rester à bord. Filip Lemberechts exprime l’espoir d’éviter de la sorte «plusieurs centaines» de licenciements.

«La volonté d’aider à sauver l’entreprise est là, mais pas de la manière drastique qui est pour le moment sur la table», complète Paul Buekenhout, secrétaire permanent du syndicat chrétien flamand ACV. Il se dit en effet en particulier dérangé par la piste prévue dans le projet de CCT de la direction qui convertirait les salaires nets des salariés en un «plan cafétéria», où les travailleurs choisiraient parmi d’autres avantages. Mais aucune sécurité sociale ne serait versée dans ce cadre, avertit-il.

Globalement, les syndicats ne voient pas d’un bon oeil la volonté de Brussels Airlines de revoir les salaires et les conditions de travail. «Le personnel de cabine devrait faire un effort de 30 à 25% sur son salaire brut», dénonce notamment Paul Buekenhout.

La prépension, aujourd’hui appelée régime de chômage avec complément d’entreprise, pourrait également être accessible à partir de 59 ans pour une partie du personnel d’après le projet de CCT, relèvent les syndicats. Cependant, le complément est trop faible aux yeux des syndicats et la perte de revenus serait dès lors trop élevée. En outre, la ministre de l’Emploi doit approuver l’application du système.