CORONAVIRUS

Coronavirus | «Qu’attendez-vous pour exiger de la STIB qu’elle nous accorde enfin ces mesures de prévention pour préserver notre santé?»

Coronavirus | «Qu’attendez-vous pour exiger de la STIB qu’elle nous accorde enfin ces mesures de prévention pour préserver notre santé?»

La direction et les représentants syndicaux s’étaient accordés, ce jeudi après-midi, sur des dispositions complémentaires dans le contexte de la gestion de l’impact de la pandémie de Covid-19 au quotidien sur le réseau de transport en commun de la capitale, mais... Photo News

Covid-19: dans une lettre ouverte qui revendique plus de 500 signataires, les chauffeurs de bus et de trams de la STIB demandent à rencontrer les responsables politiques. Les tensions sont palpables alors que le «droit de retrait» des chauffeurs cristalise les crispations.

Les chauffeurs de bus et de trams de la STIB qui mènent des actions depuis le début de la semaine interpellent vendredi la ministre bruxelloise de la Mobilité Elke Van den Brandt (Groen) et son ministre-président Rudi Vervoort (PS) au sujet des mesures de prévention appliquées dans un contexte de pandémie au sein de leur entreprise. Dans une lettre ouverte qui revendique plus de 500 signataires, ils demandent à rencontrer les responsables politiques.

«Qu’attendez-vous pour exiger de la STIB qu’elle nous accorde enfin ces mesures de prévention pour préserver notre santé, celle de notre famille et celle des voyageurs?», interpellent les chauffeurs dans une lettre relayée par Oliver Rittweger de Moor, membre du conseil d’entreprise et du CPPT (comité pour la prévention et la protection au travail) de la STIB.

 

Nous ne voulons pas conduire un bus ou un tram plein à craquer

 

«Nous ne voulons pas conduire un bus ou un tram plein à craquer, sans la moindre distanciation sociale, ce qui pourrait nous contaminer ou contaminer les voyageurs», stipulent les signataires. Ils notent encore «trop de voyageurs sans masque, et pas assez de contrôles sur le réseau pour faire respecter cette obligation, ainsi que la distanciation sociale». Ils demandent en outre une «paroi hermétique en plexiglas dès que possible».

Oliver Rittweger de Moor indique en outre qu’une délégation des chauffeurs et conducteurs souhaite rencontrer la ministre et le ministre-président au plus vite.

Ce vendredi matin, le réseau de bus était à nouveau perturbé (voir ci-dessous), en dépit d’un projet d’accord entre la direction et les syndicats de la société de transport public dégagé la veille.

La direction et les représentants syndicaux s’étaient accordés, ce jeudi après-midi, sur des dispositions complémentaires dans le contexte de la gestion de l’impact de la pandémie de Covid-19 au quotidien sur le réseau de transport en commun de la capitale. Mais aucune des parties n’avait signé le texte. L’accord ne devait être concrétisé qu’en cas de reprise du travail, selon la direction.

 

Vervoort: «Des avancées substantielles»

Le ministre-président bruxellois Rudi Vervoort entend donner la priorité à la concertation sociale dans le contexte de la paralysie partielle du réseau de la STIB maintenue, essentiellement sur le réseau bus, par un certain nombre de chauffeurs, a-t-il fait savoir vendredi.

Vervoort ne souhaite pas s’exprimer sur ce dossier en marge de la concertation avec les organisation syndicales. Le ministre-président bruxellois a par ailleurs invité l’ensemble des travailleurs à bien lire le protocole d’accord qui contient, selon son cabinet, des «avancées substantielles» sous le forme de mesures basées sur l’avis des experts dans la gestion de la pandémie de covid-19.

 

Le cdH ne veut pas de discussion parallèle

Le cdH, qui siège dans l’opposition au parlement bruxellois, a appelé vendredi le gouvernement bruxellois à ne pas entrer dans une discussion parallèle avec les chauffeurs signataires de la lettre envoyée au gouvernement. Ce serait, selon lui, «un précédent dangereux qui fragiliserait durablement l’entreprise publique».

«Les organes de concertation existent, ils doivent être utilisés. Sans chantage et dans le respect mutuel», a souligné le député Christophe De Beukelaer, vice-président de la commission Mobilité de l’assemblée bruxelloise. Celui-ci a ouvertement demandé à Rudi Vervoort de soutenir clairement la direction dans ses «décisions sensées prises en accord avec les syndicats».

«La nouvelle escalade de ce vendredi dans la tension sociale à la STIB inquiète profondément le cdH» pour qui le transport public est un outil indispensable du déconfinement, a souligné le député humaniste indiquant que des étudiants doivent aller à l’école et des travailleurs au travail «dans un climat particulier et exceptionnel pour tout le monde». A ses yeux, les chauffeurs doivent être «un partenaire solide des Bruxellois et des navetteurs dans ce déconfinement et non les prendre en otage».

«La direction de la STIB a démontré sa très grande capacité de concertation»

Selon De Beukelaer, un premier accord équilibré avait déjà été trouvé entre la direction et les syndicats le 30 avril et «n’a pas été respecté par des chauffeurs qui sont en arrêt de travail et invoquent leur droit de retrait».

Le cdH dénonce depuis le début cette attitude où la concertation de l’entreprise est piétinée. «Malgré cela, la direction de la STIB a démontré sa très grande capacité de concertation en acceptant d’encore renforcer certaines mesures jeudi, alors même que les chauffeurs n’avaient toujours pas repris le service. Mais ce matin, les chauffeurs semblent ne vouloir rien entendre et refusent aussi ce second accord. Si les craintes sont compréhensibles et que toutes les mesures doivent être monitorées et améliorées quand cela s’avère nécessaire, cela ne peut se faire dans le cadre d’arrêts de travail unilatéraux», a insisté le député.

Celui-ci s’est dit inquiet de l’impact sur le futur de la rupture totale entre les syndicats et leur base. Il s’est en outre dit «outré de voir le PTB instrumentaliser depuis le début cette situation tendue, dans un contexte d’élections sociales imminentes... Je demande maintenant au ministre-président de sortir de son silence et d’exprimer clairement le soutien plein et entier du gouvernement à la direction de la STIB qui prend, depuis le début de cette crise, des décisions sensées, en accord avec les syndicats».

 

Un tiers des bus, 80% des trams: le taux varie d’un dépôt à l’autre

Le réseau de la STIB était toujours perturbé vendredi matin à la suite de l’action non couverte par les syndicats menée par un certain nombre de conducteurs et chauffeurs.

Au lendemain d’un engagement mutuel de la direction et des syndicats autour d’un projet d’accord non signé, conditionné, de commun accord à une reprise du travail, la reprise de service présentait un tableau à géométrie variable selon les modes de transport.

Comme les jours précédents, le métro circulait normalement. La reprise s’affichait à un taux de 77% sur le réseau tram et de 35% sur le réseau bus.

Selon des chiffres obtenus auprès de la direction, le taux varie fortement aussi en fonction des dépôts. Sur le réseau bus, il était de 50% dans ceux de Haren, de la Petite Ile et du Marly. Il n’était que de 15% dans ceux de Jacques Brel et de Delta.

On a appris par ailleurs, à bonne source, que la ministre bruxelloise de la Mobilité Elke Van den Brandt (Groen) s’est entretenue vendredi matin avec le directeur général de la société Brieuc de Meeùs et le directeur de cabinet du ministre-président bruxellois Rudi Vervoort. On ignorait en fin de matinée si elle était terminée et quel a été le contenu des échanges.