FRANCE

Roméo (14 ans), petit génie de l’impression 3D et ange gardien des soignants

Dans la chambre de Roméo Estezet, les imprimantes 3D s’activent pour fabriquer des visières de protection aux professionnels qui en manquent. A 14 ans, cet adolescent parisien a lancé cette production bénévole au début du confinement et prévoit d’intensifier son activité.

«Le matin je me lève, première chose, je branche toutes les imprimantes, ensuite je lance les PC, après je regarde un peu les cours pour l’école, l’après-midi je cherche des optimisations ou je fais des réparations s’il y a eu des pannes», détaille à l’AFP l’adolescent parisien.

En tout 1.500 visières de protection sont sorties de l’étroite chambre de Roméo, soit 80 visières par jour

Dès le début du confinement, le jeune homme s’est plongé dans des tutoriels dénichés sur internet avec l’idée de fabriquer un objet dont il pressentait autant l’utilité que la pénurie: des visières en plastique, ce dispositif qui protège le visage des postillons et des gouttelettes.

En quelques jours, l’ado lance un prototype, récupère des imprimantes dans son collège et chez un copain de classe parti de Paris et lance la production.

Les premiers modèles sont livrés, sous les applaudissements, aux soignants d’un hôpital de son quartier du XIIIe arrondissement, l’hôpital privé des Peupliers, qui traite des malades du Covid, y compris en réanimation.

«La boulangère à fond»

«On est au max là, et pourtant on a rangé cette semaine, on a tout installé sur des étagères et rangé les bobines dans sa chambre», soupire sa mère, Julie Sapede.

La petite chambre de l’ado, passionné de 3D depuis ses 10 ans, a un mur entier dédié, du sol au plafond à cette production bénévole. Son modèle de serre-tête sur lequel se clippe une feuille de plexiglas, est imprimé à partir d’une bobine de fibre d’amidon, une matière première entièrement recyclable.

Les quatre membres de la famille ont été mis à contribution: son petit frère empaquette, sa mère prépare les expéditions, son beau-père aide pour les livraisons.

«La boulangère était à fond, elle nous a dit que des clients lui en demandaient, donc on en a fait un point de livraison», explique Roméo Estezet.

La famille finance le projet grâce à une cagnotte en ligne.

Pour le déconfinement, en attendant une hypothétique reprise des cours, Roméo prévoit d’intensifier son activité. Il a promis des visières aux écoles du quartier, à des employés d’un laboratoire d’analyse médicale et à un institut pour sourds et muets, à qui les masques posent des problèmes pour lire sur les lèvres.

«Mon rêve c’est de montrer à d’autres jeunes l’utilité et surtout la facilité de cette technologie qui met la production d’objet à portée de tous», en particulier en temps de crise, insiste l’adolescent.