JARDIN

Attirer les papillons dans son jardin

Attirer les papillons dans son jardin

Le papillon, précieux pollinisateur et allié de biodiversité, a tout pour séduire les curieux de nature. kikimor – stock.adobe.com

Sans forcément sortir de chez soi, l’émerveillement face à Mère Nature s’opère dans un jardin, une cour, une ruelle fleurie, sur un balcon… Citrons, Paons-du-jour, Belle-dame et autres Petites tortues: dès le printemps, les papillons s’invitent chez nous, en douceur et en discrétion.

Pour leur réserver bon accueil et en profiter au mieux, Patrick Lighezzolo, spécialiste des papillons au sein de l’association Natagora, nous livre quelques conseils: aménagement, astuces, outils d’aide…

1Un terrain attractif

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Gunnar Assmy – stock.adobe.com
Délicat, coloré, poétique et même ludique… le papillon a tout pour séduire les curieux de nature. Il est surtout un précieux pollinisateur, allié de la biodiversité, à défaut de ne pas toujours être celui du jardinier quand il est encore une chenille. Pour cette raison, on lui réserve un environnement des plus accueillants.

«Si on souhaite observer toute la transformation d’une chenille en papillon, l’important est d’attirer les parents cherchant à pondre leurs œufs. Les adultes cherchent actuellement les plantes nourricières de leurs chenilles. Ce sont des plantes indigènes, sauvages que l’on sème en toute simplicité, qui ne s’achètent pas forcément en jardinerie: bleuet, sauge, bourrache, marguerite, etc. L’origan est particulièrement attirant. Optez pour différentes sortes.»

Sans oublier des espèces comme les chardons, les orties. Si le jardin le permet, on préserve une zone d’herbe et de fleurs fauchée seulement une ou deux fois l’année. On veille à dégager les herbes coupées pour appauvrir le sol. Car moins celui-ci est riche, plus la diversité de fleurs sera importante.

2L’arbre à papillons: un faux amis

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Emmegi_Mig – stock.adobe.com
Parmi les plantes séduisant ces petits volatiles, l’arbre à papillons saute à l’esprit. Mais cette plante serait loin de contribuer à leur sauvegarde. Au contraire. Selon l’éco-pédagogue, le Buddleia de David représenterait une menace pour certaines espèces. «Le nectar de ses fleurs contiendrait une substance dopante, pauvre en nutriments et agissant comme une drogue, explique Patrick Lighezzolo. Attirés en force, les papillons pourraient finir par s’épuiser.»

Par ailleurs, l’arbuste a intégré la liste des plantes invasives. «Il se reproduit à vive allure et prend la place d’autres plantes indigènes utiles. Nous recommandons donc de les couper et, si possible, d’arrêter de les vendre en jardinerie. Pour l’instant, il est toujours possible d’en trouver en magasin, alors que la plante est répertoriée comme invasive, au même titre que la berce du Caucase, ou la renouée du Japon.»

3Observation in situ

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Environ 80 espèces de papillons de jour et 2 000 de nuit virevoltent dès le retour des beaux jours, en Belgique. Un spectacle bucolique, à saisir au bon moment. «Dès que la météo permet de sortir en bikini, le papillon pointe aussi ses ailes. Soleil et chaleur sont les deux conditions pour les voir.» Pour le naturaliste, c’est bel et bien dans leur milieu naturel qu’ils s’apprécient, avec émerveillement, par les petits et les grands. Quant à l’observation de nuit, elle est, sans surprise, plus compliquée, «mais elle révèle des papillons aux formes et couleurs bien plus diversifiées, comme du rose bonbon».

Pour s’assurer d’être aux premières loges de la métamorphose de la nymphe, certains n’hésitent pas à commander en ligne des chenilles, à installer en vivarium. «Mais cette activité n’est pas sans risque, prévient-il. La réussite dépendra d’une bonne hygrométrie, température, luminosité, alimentation et d’autres facteurs précis. Et le risque principal réside dans l’importation d’espèces invasives, de parasites et de maladies, un risque augmenté si l’élevage expéditeur se trouve dans une autre région que la nôtre. Cette démarche, en plus d’être mercantile, nous éloigne de l’émerveillement d’être en pleine nature, de la compréhension de l’équilibre de l’écosystème.»

4Recensement de printemps

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Si l’observation ne peut actuellement être encadrée par des guides nature, l’activité peut rester pédagogique avec les outils de reconnaissance proposés par l’ASBL Natagora. Cette année, la campagne Devine qui papillonne au jardin? prend de l’avance. Profitant du confinement, l’association entame déjà l’opération de comptage qui se tient habituellement en été pour recenser les papillons du printemps.

«C’est l’occasion de découvrir d’autres espèces qu’on ne rencontre pas forcément en été. On peut dès à présent observer une quinzaine d’espèces de jour. Nous savons que les jardins les plus peuplés peuvent atteindre près de 500 espèces de papillons recensés.» A contrario, si un particulier observe très peu, voire pas d’espèces, le relevé est quand même attendu. L’absence de papillon est une information intéressante pour l’association.

papillons.natagora.be