HUY

Rue Neuve: la Ville de Huy rachète le terrain pour faire ce qu’elle veut

Enfin une solution pour le «trou» de la rue Neuve: la Ville va racheter le foncier. Un achat plutôt qu’une expropriation, ce qui va enfin accélérer le dossier.

Voilà une bonne nouvelle. Le trou de la rue Neuve, à Huy, n’en sera bientôt plus un. Une solution vient enfin de se dégager après plusieurs mois de négociations mais aussi quasi cinq ans après que les immeubles se sont effondrés. Un long dossier mais une conclusion qui enchante la Ville. Clairement, le bourgmestre Christophe Collignon l’avait dit à plusieurs reprises: il ne voulait pas passer par l’expropriation, procédure incertaine et plus lente qui n’aurait fait que retarder l’issue de ce dossier.

«L’option privilégiée, c’était de s’entendre avec un promoteur mais cela coinçait», explique Christophe Collignon. Il aurait aimé un accord entre les différents propriétaires et les avait enjoints à s’entendre. Cela ne s’est pas fait. La Ville a alors pris les devants et leur a proposé le racheter le foncier. Ce que les cinq propriétaires ont finalement accepté. La Ville de Huy, sans avoir la maîtrise foncière du sol, ne pouvait rien faire. Là, elle va l’avoir. «On a fait les choses plus dans la discrétion, explique le bourgmestre. Cela a permis d’être plus efficace. On a pris langue avec chaque propriétaire pour avoir leur aval.» Et les cinq propriétaires ont marqué leur accord pour vendre à la Ville les terrains. Le montant? 790.000€ via un arrangement à l’amiable. L’objectif du collège a toujours été de mettre un terme à une situation qui, depuis cinq ans, dévalue le quartier. Et ici, c’est la Ville qui disposera, dès que les actes seront signés, de l’entièreté de cette zone de 1280m2 qui comprend aussi le bâtiment anciennement occupé par l’enseigne Zeeman (lui toujours debout). Ce qui lui permettra d’envisager la reconstruction. Dans l’optique de cette conclusion amiable, la Régie communale avait déjà reçu une enveloppe budgétaire. Cette enveloppe lui permettra de mener à bien l’opération.

Quelle reconstruction? Une chose est claire: la Ville veut un projet qui intègre du commerce au rez-de-chaussée et des logements à l’étage. Il n’y a cependant pas encore de projet clairement établi. «On sait juste plus ou moins ce qu’on veut faire: commerce et appartements. Mais avec quel opérateur?» Soit il s’agira d’un opérateur public ou alors un opérateur privé, «on mettra les choses en concurrence pour le réaliser».

A quand une nouvelle construction pour oublier l’effondrement de ces immeubles? «Je n’ai pas envie de me lancer dans des délais car on en est au début de la procédure.» Une fois que l’opérateur sera choisi, «ce sera à lui de nous dire dans quel délai il peut concevoir ce qu’on aura prévu. Mais clairement là, ça s’accélère.»

Et si les Hutois donnaient leur avis sur l’aménagement?

Dès le départ, les écolos hutois ont défendu l’expropriation ou le rachat par la Ville de Huy alors que le bourgmestre tentait la conciliation avec les propriétaires. Et là, aujourd’hui, ils sont satisfaits. «C’est une excellente nouvelle... même si cela arrive tard, explique Rodrigue Demeuse. On l’avait proposé à la Ville en juillet 2017. On a perdu près de trois ans depuis.»

Oublions le passé... mais participons à l’avenir: c’est en gros le message des Verts aujourd’hui. Le devenir de la rue Neuve mais aussi de tout le quartier doit être débattu avec les Hutois. «Le collège a visiblement une idée de ce qu’il veut y faire. Ouvrons le champ des possibles via un concours d’architectes et un débat avec les citoyens.» Cela ne risque-t-il pas de retarder encore un peu plus l’aménagement de cet emplacement? Il y a moyen, selon l’écolo hutois, d’organiser cela rapidement. En y intégrant, même, tout l’avenir de la rive gauche jusqu’à la rue Axhelière. Sera-t-il entendu?

Un effondrement il y a bientôt cinq ans

Le trou est bouché à la vue des passants par une palissade depuis près de trois ans. Mais il n’empêche que l’effondrement est encore dans toutes les mémoires hutoises. Le 18 septembre 2015, l’immeuble abritant le magasin Mobistar s’effondrait. La raison? Des problèmes structurels de stabilité. Les bâtiments voisins – une boucherie halal et un café-restaurant -, fragilisés, étaient démolis. Ceux qui y étaient accolés étaient étançonnés. Le magasin Zeeman, à la stabilité fragilisée, était fermé. Il est toujours debout mais n’a jamais rouvert. Il a lui aussi été racheté par la Ville.